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Jimmy Jamar : "Le réseau Eures offre cette année pour la première fois 1,4 million d'offres d'emploi en ligne"

Actualité 28.09.2007

Chef d'unité à la Direction générale Emploi et affaires sociales, Jimmy Jamar présente les Journées européennes de l'emploi. Cette année, cet événement se déroule dans près de 250 villes européennes. Il présente le rôle du portail Eures et dresse un bilan de l'Année européenne de la mobilité des travailleurs.

 


Les Journées européennes de l'emploi ont eu lieu du 24 au 29 septembre 2007. En quoi consiste cet événement ?


L'opération des Journées européennes de l'emploi est une initiative qui a été développée, pour la première fois, dans le cadre de l'Année européenne de la mobilité en 2006.

Après s'être aperçu que chaque pays organisait de manière très régulière des bourses de l'emploi, la Commission européenne a fait le pari d'organiser partout en Europe, à la même période de l'année, le même type de manifestation. L'objectif étant de réfléchir sur la mobilité dans l'UE et surtout d'offrir une occasion d'avoir du recrutement direct partout en Europe.

Lors des Journées européennes de 2006, la Commission voulait qu'un événement au moins ait lieu dans chaque pays, donc à peu près dans 30 villes participantes. Au final, 230 villes et environ 250 000 participants ont assisté à ces Journées européennes de l'emploi. Ces résultats nous ont encouragé à renouveler cette expérience chaque année. Elles ont été intégrées dans un plan d'action sur la mobilité qui sera adopté à la fin de l'année 2007, qui fait suite à l'Année européenne de la mobilité des travailleurs.

Cette année, nous avons à peu près 250 villes qui participent et plus de 500 événements. Certains pays ont préparé des manifestations uniques et d'autres, comme la France, ont choisi d'organiser un événement dans chaque région. Nous avons laissé entière liberté quant au type de manifestation. Il s'agit donc de journées portes ouvertes de recrutement, de salon de l'emploi mais également de manifestations culturelles.

Les Journées européennes de l'emploi sont l'occasion d'expliquer aux citoyens européens ce que c'est que la mobilité, quels sont ses avantages et d'expliquer ce qu'est le portail Eures.


Qu'est-ce que le portail EURES ?

Le portail Eures est un exemple de bonne pratique sur ce qu'on peut faire au niveau européen dans le domaine de la recherche d'emploi et dans le domaine de la mobilité.

C'est une initiative qui a été développée au début des années 90 mais elle a pris une vraie ampleur à partir de l'an 2000. Nous avons alors cherché à développer un outil commun avec 30 services publics de l'emploi au niveau européen pour permettre à chaque citoyen d'accéder dans sa propre langue à toutes les offres d'emploi qui sont publiées par les services publics de l'emploi de chaque pays.

Le portail Eures est un outil complètement unique qui est disponible dans 25 langues. Nous avons récemment ajouté le bulgare, le roumain mais aussi le gaellic, l'islandais et le norvégien.

Il existe également une rubrique importante sur les conditions de vie et de travail dans ces pays qui est mise à jour de manière très régulière.

Ce réseau unique offre cette année pour la première fois 1,4 million d'offres d'emploi en ligne. Nous sommes passé de 1 million d'emploi à 1,4 million en septembre 2007. Il s'agit d'une véritable 'success-story'.

Par ailleurs, l'information a besoin de relais et il existe également un réseau de 800 conseillers qui sont répartis dans toutes les villes et toutes les régions de l'Europe. Ces conseillers ont pour mission d'assister les travailleurs mobiles et de répondre à toutes les questions qu'ils peuvent se poser avec leur famille. Ces questions sur la mobilité peuvent concerner le logement, l'accès aux soins de santé, l'accès du marché de l'emploi aux conjoints, les écoles, la scolarité.


2006 a été l'Année européenne des travailleurs. En quoi cela a-t-il consisté ? Quel bilan en avez-vous tiré ?

L''Année européenne' est une initiative créée par la Commission européenne il y a une vingtaine d'années et vise à développer un cadre de réflexion.

La Commission européenne a conçu cette 'Année européenne des travailleurs' en constatant un double paradoxe :

  • Le travail en Europe est devenu très mobile mais les

    travailleurs ne sont pas mobiles. Moins de 2 % des Européens vivent et

    travaillent dans un autre Etat membre (les travailleurs saisonniers et

    les travailleurs transfrontaliers ne sont pris en compte dans ces

    statistiques).

  • Il a 16 millions de chômeurs en Europe

    et 3 millions d'offres d'emploi qui demeurent non pourvues parce qu'il

    n'y a pas de culture de la mobilité.


L'Année européenne de la mobilité des travailleurs a permis de réflechir et de trouver les raisons qui expliquent ces paradoxes. La Commission européenne s'est aperçue que les flux de la mobilité étaient en train de changer. Aujourd'hui, la mobilité concerne davantage les jeunes travailleurs qui partent pour des périodes de plus en plus courtes et c'est ce que nous souhaitons. Nous voulons leur donner la chance de partir mais qu'ils reviennent après. Cette expérience leur permet d'acquérir de nouvelles compétences, d'être plus forts sur le marché du travail, de connaître une autre langue, une autre culture et un nouvel environnement de travail.

Dans le même temps, la Commission européenne s'est aperçue que les obstacles à la mobilité étaient beaucoup plus diversifiés qu'elle ne le pensait. La Commission s'est beaucoup attachée aux obstacles juridiques et administratifs, le fait qu'il y ait des disparités dans les systèmes de sécurité sociale, de pensions, de fiscalité etc, mais aussi aux autres disparités, telle que l'absence de reconnaissance de certaines qualifications et de diplômes.

Il y existe également des obstacles à la mobilité en raison du coût du logement, de la maîtrise de la langue du pays d'accueil, de l'accès au marché du travail pour les conjoints.

La question du retour est également un frein psychologique très important à la mobilité. Les travailleurs s'interrogent sur les conditions dans lesquelles ils vont revenir dans leur pays d'accueil.

C'est pourquoi, il faut intégrer les mécanismes qui facilitent la réintégration professionnelle des travailleurs qui sont partis et travailler à la valorisation, notamment au niveau des entreprises, des périodes de mobilité, notamment dans le cadre de promotions tout au long d'une carrière.

Pour favoriser la mobilité, la Commission européenne va développer un plan d'action ambitieux sur la mobilité des travailleurs qui sera lancé en novembre 2007. Ce plan d'action va recouvrir toute une série d'actions très concrètes y compris sur la sensibilisation des citoyens à leurs droits et aux avantages qu'ils peuvent retirer d'une expérience de la mobilité dans un autre pays.



 Propos recueillis le 28/09/2007