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Jerzy Buzek, porte-parole du "miracle européen"

Actualité 04.02.2010

Pour sa première visite officielle en France cette semaine, l’agenda du Président du Parlement européen, Jerzy Buzek, était chargé. Paris était l'une des étapes d'une tournée des capitales européennes qui vise à le faire connaître du grand public.


Sa prise de fonction en juillet dernier ayant été éclipsée par les débats autour de la nomination des autres « figures » de l'Europe, H. Van Rompuy et C. Ashton, la visite du président du PE est une tentative délibérée de rallier à sa cause la presse nationale et de gagner un soutien dans les rangs des parlementaires nationaux. Outre des réunions avec le Président français, le Premier ministre, les Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi que des députés, M. Buzek, a trouvé le temps de participer à un débat avec les élèves d'une école parisienne.

 

Ancien dirigeant du mouvement Solidarnosc et ex-Premier ministre de Pologne, les talents politiques du président Buzek et son charisme ont déjà fait leurs preuves. Ingénieur chimiste et enseignant de profession, il était de toute évidence à l'aise face à un public de lycéens. Ceux-ci avaient préparé une exposition sur leur récente visite à Auschwitz. S'exprimant aux côtés de Pierre Lellouche et de Simone Veil, M. Buzek a indiqué que la Déclaration Schuman constituait le meilleur hommage possible aux victimes de l'Holocauste. Désignant cet épisode comme « la plus grave violation des droits de l'homme de l'Histoire », il a précisé que l’UE avait été fondée en réaction à la tragédie de la guerre et reposait sur la réconciliation avec l'Allemagne.

Jerzy buzek, est eurodéputé depuis 2004. Il fut notamment professeur de science technique puis membre de l'Académie polonaise des sciences et représentant de la Pologne auprès de l'Agence Internationale de l'Energie pour  le programme consacré à l'effet de serre. Depuis 1980, il est membre du syndicat "Solidarnosc" ("Solidarité"). Retrouver sa biographie complète ici. 



S’exprimant dans sa langue maternelle, le polonais, M. Buzek, s’est montré un ardent défenseur de l'Union européenne. En dépit de la difficile transition de la Pologne d'un régime communiste vers une économie de marché et l'adhésion à l’Union européenne, il a souligné le soutien toujours solide du peuple polonais à l’égard de l'Union. Il a qualifié les changements dont il avait été témoin dans sa propre existence de miracle - un miracle rendu possible par l’adhésion à l’Union européenne.


Sans tabous, les lycéens l‘ont questionné sur l'adhésion de la Turquie à l'UE et sur l'identité européenne. M. Buzek a indiqué sans détour que la Turquie n'avait jusqu'à présent pas rempli les critères de Copenhague pour l'adhésion et que tant que ces critères rigoureux n’étaient pas respectés, il ne saurait être question d'une adhésion. Quant à la question de l'identité européenne, il est d’avis qu’elle n’est pas contradictoire avec une identité nationale qui s’est forgée au fil de nombreuses décennies. En parallèle, il a rappelé que nous partagions plus de 1 000 ans d'histoire européenne. À ses yeux, il n'y a pas lieu d'abandonner notre attachement à notre patrimoine national : « Nous sommes une communauté avec des perceptions différentes du monde, avec des histoires différentes, mais nous partageons un socle commun de valeurs en matière de liberté, de solidarité, de démocratie et de défense des droits de l'homme ».


Interrogé sur ses rapports avec les trois autres figures de l'UE, H. Van Rompuy, J. L. Zapatero et J. M. Barroso, M. Buzek a répondu que tout était une question de personnes. De bonnes règles n’impliquent pas nécessairement une coopération harmonieuse entre les dirigeants. Selon lui, les dirigeants de l'UE devraient créer une culture de la coopération qui primerait sur toutes les règles.


Les nouveaux pouvoirs du Parlement rendent celui-ci plus puissant que jamais. S’il en fallait une preuve supplémentaire, la France a décidé cette semaine de faire passer les députés européens de la 23ème à la 13ème position dans l’ordre protocolaire, immédiatement après les sénateurs et avant l’autorité judiciaire. Cela revêt sans doute peu d’importance pour le citoyen, mais d’un point de vue symbolique, c’est la marque de la montée en puissance politique du Parlement européen. Les réformes de Lisbonne ancrent fermement le Parlement au centre de la scène européenne : tel était le message politique essentiel de la visite de M. Buzek à Paris.

 

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Interview de M. Jerzy Buzek, Président du parlement européen