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Jens Böhrnsen, président par intérim en Allemagne

Actualité 01.06.2010

Jens Börhnsen est président du Bundesrat (la Chambre Haute du Parlement) en Allemagne. Ce membre du SPD (gauche) devient président de la République suite à la démission surprise du président en exercice, Horst Köller, le 31 mai 2010. Il devient donc chef de l'Etat par intérim jusqu'à l'élection d'un nouveau président par l'Assemblée fédérale. Celle-ci doit avoir lieu avant le 30 juin 2010.

Jens Böhrnsen est le Ministre-Président du Land de Brême, ainsi que maire de cette ville-région. Il est l'actuel président du Bundesrat depuis novembre 2009 et à ce titre prend la présidence fédérale vacante pour assurer la continuité du pouvoir.

Il est considéré comme un homme politique qui n'aime pas la lumière. Ce juriste de formation a mené avec discrétion une carrière politique à Brême. Jens Böhrnsen, 60 ans, est un adepte du consensus, à tel point qu'il entendait de très bonnes relations avec le président démissionnaire, Horst Köller qui était dans le camp opposé.

Son père, ouvrier sur les chantiers navals, a été persécuté par les Nazis du fait de son appartenance au Parti Communiste. Un exemple moral qui s'était investi dans le conseil municipal de sa ville par la suite. Pour Jens Böhrnsen, le SPD doit être le "Schutzmacht der kleinen Leute", le "protecteur des petites gens". Un engagement qui s'est notamment traduit par la recherche de la réduction des écarts sociaux entre riches et pauvres de Brême. 

Pourquoi Horst Köhler a-t-il démissionné ?

Personnalité politique populaire, le président allemand Horst Köhler a annoncé, le 31 mai, qu'il démissionnait "avec effet immédiat". Cette décision a surpris par sa soudaineté. Il avait été réélu en 2009 sans problème après un premier mandat de cinq ans.

Sa démission répond aux polémiques nées suite à une interview où il faisait le lien entre l'intervention militaire en Afghanistan des troupes allemandes et la défense des intérêts économiques de son pays.

La question militaire est toujours un sujet très sensible en Allemagne. Malgré un retour de la fierté d'être allemand (on se souvient de la fête pour le pays que représentait la Coupe du Monde 2006), l'opinion publique est toujours mal à l'aise avec la présence de son armée au-delà de ses frontières. L'opération menée en Afghanistan est de plus en plus mal vue en Allemagne, surtout que la sortie de ce conflit contre les Talibans n'est pas prévue pour tout de suite.

Aujourd'hui, quelques heures après sa démission, des noms circulent déjà pour remplacer Horst Köhler. Le futur président sera de toute façon issue de la majorité "noire-jaune" (conservateurs-libéraux). Les Verts et le SPD ont déjà appelé à une candidature qui transcendent les partis "face à la situation grave que traverse le pays". Les noms circulant concernent notamment l'ancien ministre-président de Bavière, Edmund Stoiber (CSU) et Peer Steinbrück (CDU) qui vient de perdre la région du Rhénanie du Nord - Westphalie.

Quel est le rôle du président fédéral ?

Le président fédéral allemand joue surtout un rôle symbolique. En réalité, c'est la Chancelière (le premier ministre allemand) qui mène les destinées du pays. Le président signe les traités mais possède essentiellement un rôle honorifique et de représentation.

Pour devenir président de la République, l'article 54 de la Loi fondamentale de 1949 précise qu'il doit avoir 40 ans et être Allemand. Il est élu par l’Assemblée fédérale (Bundesversammlung), un collège électoral formé dans ce seul but avec les membres du Bundestag et du Bundesrat.

Horst Köhler avait démontré que le président fédéral pouvait jouer un rôle politique majeur à l'occasion de la ratification du Traité de Lisbonne dans son pays. Il avait temporisé quant à l'apposition de sa signature pour la ratification car malgré le vote des deux assemblées allemandes, un recours avait été déposé devant la Cour fédérale, basée à Karlsruhe. C'est seulement après avis positif de cette cour qu'il avait signé.