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Jean Quatremer parrain de Touteleurope.eu nouvelle version

Actualité 18.09.2013

Je suis très fier que "Toute l'Europe" m'ait demandé de parrainer son nouveau site. Car il s'agit d'une reconnaissance du travail d'information sur l'Europe que j'essaye de fournir depuis plus de vingt ans (ce qui ne me rajeunit pas...). En acceptant cette proposition, je veux, en retour, lui donner un coup de main, aussi modeste soit-il (je n'ai pas les moyens d’être sponsor). En dépit de moyens très, trop, limités au regard de ses ambitions de départ, sa petite équipe joue un rôle irremplaçable dans la fourniture d'une information neutre sur la construction communautaire. À quelques mois d'une élection européenne qui s'annonce périlleuse, notamment en France, où les populistes eurosceptiques de tout poil pourraient bien l'emporter, ce travail est plus que jamais nécessaire.

Jean Quatremer sur le plateau de l'émission 28 minutes sur Arte

Car la campagne va se jouer sur le terrain des faits : le populisme et le nationalisme (qui sont souvent les deux faces d’une même médaille) prospèrent sur les mensonges, les affabulations, la recherche de boucs émissaires. Or l’Europe est une cible de choix : depuis trop longtemps les gouvernements nationalisent les succès européens et communautarisent les échecs et les impuissances nationaux. En période de crise, la tentation est encore plus forte de faire porter la responsabilité sur l’autre, c’est-à-dire sur l’étranger, ici l’Europe ou la mondialisation. Et personne n’est là pour défendre le projet européen, les dirigeants de l’Union étant encore trop dépendants des États membres. Ce jeu est d’autant plus pervers que l’on incrimine à dessein "l’Europe", c’est-à-dire le projet lui-même, et non les majorités politiques qui la dirigent et qui sont souvent les mêmes que dans les Etats membres. Il ne viendrait pourtant à l’idée de personne d’imputer la politique de François Hollande ou d’Angela Merkel à la "France" ou "l’Allemagne" en tant qu’entité naturellement malfaisante.

D’où l’importance d’une information aussi complète que possible sur la construction communautaire pour rétablir la vérité, celle-ci n’étant pas toujours au crédit des institutions communautaires, pour que les citoyens puissent juger en connaissance de cause. Les médias audiovisuels, qui restent encore les plus influents, mais pour combien de temps ?, ont largement jeté l’éponge, sauf exception : l’Europe, c’est trop compliqué et ça ennuie la "ménagère de moins de 50 ans". Il revient donc à la presse écrite et à internet de pallier ce défaut d’information. "Toute l’Europe", comme d’autres sites, a cette ambition et doit donc être encouragé. Il s’agit d’une mission de service public au sens le plus noble du terme.