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Jean-Luc Mélenchon : "Il y a en Europe une 'extrême-droitisation' de la droite comme réponse à la crise"

Actualité 16.02.2012

La campagne présidentielle bat son plein du côté du candidat du parti du Front de gauche. Boosté par les derniers sondages d’opinion, Jean-Luc Mélenchon est apparu confiant devant les journalistes de la presse étrangère réunis mardi 14 février à Paris. Soutenant la veille "ses amis grecs" devant l’Ambassade hellénique, le député européen est revenu longuement sur la situation économique de la Grèce et sur le mécanisme européen de stabilité financière qui sera présenté le 21 février prochain devant l’Assemblée nationale.

Le modèle allemand pointé du doigt

Rappelant son soutien à la Grèce et à ses amis grecs avec les lesquels il a manifesté en début de semaine devant le parlement grec, Jean-Luc Mélenchon a largement critiqué la politique d’Angela Merkel et le traité visant à créer le Pacte européen de stabilité financière, qui s’inspire selon lui du modèle outre-Rhin.

"Le système européen s’est trouvé mis au pied du mur et c’est la puissance économique dominante dirigé par les conservateurs allemands qui a donné le ton et les méthodes avec lesquelles les problèmes seraient réglés. La politique allemande repose sur une vision de l’état actuel de l’Allemagne : loin d’être le modèle que l’on nous vante, son économie approche de l'heure de vérité", a lancé le député européen. "Elle remporte des succès sur le marché international en dépit du cours exagéré de l’euro parce que les marchandises allemandes occultent un secteur bien particulier du marché mondial dans lesquels la concurrence est très faible pour l’instant", a-t-il expliqué. Et d’ajouter que "la démographie allemande conduit le pays à un déclin de sa population, les comptes sociaux vont se dégrader".

Né en 1951, Jean-Luc Mélenchon est candidat aux élections présidentielles de 2012 pour le Front de gauche. Il est également député européen (Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique).

Le député européen a également exprimé ses inquiétudes sur la situation politique en Hongrie. "Dorénavant les fascistes se rendent en uniforme au Parlement hongrois", s’est insurgé M. Mélenchon en revenant sur l’accueil chaleureux au Premier ministre Viktor Orban par le président du PPE Josef Daul le 17 janvier dernier à Strasbourg. Pour Jean-Luc Mélenchon, "il y a en Europe (...) une 'extrême-droitisation' de la droite comme réponse au problème posé".

Un mécanisme européen de stabilité financière "inégal"

Signé le 2 février, le texte visant à créer le mécanisme européen de stabilité financière (et non le Pacte européen de stabilité, qui sera signé par 25 Etats le 1er mars et soumis à ratification du Parlement français dans plusieurs mois) fera l'objet d'un vote de l’Assemblée nationale le 21 février prochain. "Ce qui va être voté (...) est un extrêmement inégal, car deux pays seulement disposent d’un droit de véto pour s’opposer à l’attribution des aides qui pourraient être demandées", a averti le candidat à l’élection présidentielle.

Le traité visant à créer le Mécanisme européen de stabilité (MES) a été signé le 2 février par les ambassadeurs des pays de la zone euro à Bruxelles. Le traité instituant le MES doit être ratifié par les États membres de la zone euro. Il devrait entrer en vigueur en juillet 2012, soit un an plus tôt qu'initialement prévu. L'accès aux prêts du MES sera conditionné à la ratification du Pacte budgétaire européen.

M. Mélenchon a fait part de ses "plus vives inquiétudes sur ce vote". "Mes camarades ont demandé un vote solennel avec scrutin public, qui a été refusé. Nous avons également demandé à tous les députés du Front de gauche d’être présents et nous appelons les citoyens à s’adresser à leurs députés pour qu’ils siègent et que l’on voie au moment du vote à main levée qui est pour la souveraineté populaire et qui est pour la troïka". Le candidat a annoncé qu’un rassemblement du front de gauche aurait lieu pour contester ce traité.

Jean-Luc Mélenchon s'est également adressé au candidat François Hollande, l'appelant à être clair sur ses intentions concernant le Pacte de stabilité. "La lumière doit être faite c'est son devoir d'être clair", a-t-il lancé, ajoutant qu'il attendait de "voir si les 115 députés qui ont voté contre le précédent traité européen" auront le même avis sur le Pacte de stabilité.

 


En savoir plus :

 

Traité instituant le MES (texte intégral, pdf) - Conseil de l'UE