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Jean-Luc Bennahmias : La question est "qui a une chance de gagner la Coupe du Monde en dehors des équipes européennes ?"

Actualité 10.06.2010

A l'occasion de la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud, le député européen Jean-Luc Bennahmias (ADLE) revient pour Touteleurope.fr sur les grands enjeux du football dans l'Union européenne.

Touteleurope.fr : Pensez-vous qu'une équipe européenne puisse gagner la Coupe du Monde?

Jean-Luc Bennahmias : La question est "qui a une chance de gagner la Coupe du Monde en dehors des équipes européennes ?" Je ne vois que L'Argentine et le Brésil. Je ne dis pas que toutes les équipes européennes peuvent gagner. J'aime beaucoup les Suisses, mais... ce serait une grosse surprise.

La différence se fait pour des raisons de formation, de santé, d'entrainement et de capacité à former une équipe coordonnée. Et puis il y a des raisons financières évidentes.

Touteleurope.fr : Vous avez une préférence ? La France ?

Jean-Luc Bennahmias : Non... Je regarde ça avec beaucoup d'attention, mais je ne mets pas la France parmi les favoris. En tout cas pas au regard de ce qu'ils ont montré jusqu'à présent. Après, s'ils y arrivent, tant mieux et j'en serai extrêmement content. En revanche, refaire le coup de 98 me semble difficile.


Les favoris, ce sont le Brésil, l'Allemagne et l'Italie, comme d'habitude, mais également l'Espagne qui a une très bonne équipe. La France vient après. L'Argentine, je la mets de côté en raison de son entraineur Maradona.

Touteleurope.fr : Le traité de Lisbonne reconnait-il vraiment le sport ?

Jean-Luc Bennahmias : La question du sport commence à être prise en compte au niveau de l'Union européenne, mais cela se passe plus au niveau du Conseil de l'Europe. Le football européen concerne 52 pays, ce ne sont donc pas les 27 de l'UE qui vont décider pour la Russie, la Turquie, l'Ukraine, la Géorgie, Israel...


Les compétitions européennes existaient avant l'Union européenne. Cela me paraît important qu'il y ait un cadrage entre les 27, le Conseil de l'Europe et les ligues sportives. Platini à l'UEFA est président de plus de pays qu’Herman Van Rompuy !

Au-delà des grandes phrases au Parlement européen, nous devons trouver des directives sur la façon de maîtriser les masses financières en jeu et éviter le blanchiment, de cadrer mieux les agents... Il faut souligner qu’il n’y a pas de réelle commission ‘sport’, ce secteur étant inséré dans la commission Culture et Education.

Touteleurope.fr : Justement, on y a parlé récemment du principe de "Fair-play" financier. Ce principe permettra-t-il de rééquilibrer les chances entre gros et petits clubs ?

Jean-Luc Bennahmias : C'est ce qu'on appelle le salary cap. Mais qui est dupe de l'argent (sale) qui circule dans un certain nombre de clubs ? Moins en France ou en Allemagne car y existent des directions de contrôle des comptes (NDLR: la DNCG en France). Donc le fair-play financier, qu'est-ce que ça veut dire ?

On ne peut pas réglementer en Union européenne alors que les Russes peuvent faire ce qu'ils veulent de leur côté. On n’y arrivera pas tant qu'on n’aura pas de fiscalité commune européenne. Mais là, ça ne touche plus seulement le sport.

Touteleurope.fr : Le traité de Lisbonne va-t-il aider à avoir une vraie politique européenne du sport ?

Jean-Luc Bennahmias : Le traité de Lisbonne a surtout apporté une multitude de présidents. Mais les citoyens aujourd’hui n’y  comprennent plus rien. Je pense que cela viendra sans doute de propositions du Parlement européen. Il faut qu'avec ces propositions, les fédérations et les ligues professionnelles (et c'est ce que l’on fait avec l'UEFA) comprennent qu'il y a possibilité d'accointance. Encore faudra-t-il que les chefs d'Etats et de gouvernements fassent œuvre utile.

Touteleurope.fr : Vous avez présenté un "Rapport du Parlement européen pour avis sur l'avenir du football professionnel en Europe" en 2007. Quelles étaient les grandes lignes de ce rapport ?

Jean-Luc Bennahmias : Les grandes lignes de ce rapport sont la régulation, la redistribution, le fair-play, la lutte contre le racisme, la lutte contre la violence. De manière assez pragmatique, on a justement fait très attention à ne pas être porteur de propositions utopistes. Le but était de définir les relations à entretenir avec les fédérations sportives et les ligues professionnelles.

Au départ, nous nous sommes concentrés uniquement sur le foot, mais on avons élargi par la suite à tout sport professionnel, comme le rugby ou le basket-ball, sans oublier le sport féminin. On a réussi à le faire voter sur tout... sauf sur la transparence financière qui était passée dans toutes les  commissions, sauf en plénière.

Touteleurope.fr : Aurons-nous un jour une commission Sport au Parlement européen ? Cela intéresse-t-il suffisamment de monde ?

Jean-Luc Bennahmias : Oui, ça s'est clair. De toute façon, ce n'est pas très grave, puisque nous nous connaissons bien au Parlement européen, quelques soient les nationalités ou les formations politiques. Nous essayons tout de même de mettre l'extrême-droite de côté, ce qui n'est pas si simple. On a évité d'avoir un intergroupe sport parce que c'était trop compliqué à organiser.

Touteleurope.fr : Comment réagissez-vous à l'attribution de l'organisation de l'Euro 2016 à la France ?

Jean-Luc Bennahmias : Je suis content et je trouve ça très bien. Il ne faut pas non plus en faire des tonnes, ce n'est pas non plus le summum. On voit bien les problèmes actuels en Ukraine et en Pologne pour accueillir l'Euro 2012, qu'il faut des pays avec des capacités financières importantes.

Si la Turquie l'avait eu, j'aurais également été très content, je n'ai rien de contre, loin de là. Pareil pour l'Italie.

Il était bon qu'à un moment donné la France arrive à obtenir l'organisation d'une grande compétition internationale puisqu'il s'avère qu'on ne veut pas nous "donner" les Jeux Olympiques, sauf ceux d'hiver (que j'aime beaucoup par ailleurs, j'ai adoré regarder ceux de Vancouver).


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