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Jean-Christophe Rufin : "Pas une immigration choisie, mais une immigration concertée"

Actualité 08.07.2008

Rencontre avec Jean-Christophe Rufin, Ambassadeur de France au Sénégal et membre de l'Académie française. L'auteur de "Rouge-Brésil" est interrogé par Touteleurope.fr sur le projet de Pacte européen pour l’immigration. Il expose également sa vision d’une aide au développement efficace.

Le Pacte européen pour l’immigration vu d’Afrique

Les pays africains n’ont pas attendu le Pacte pour l’immigration pour se mettre d’accord sur le sujet. Ils souhaitent une "immigration concertée, c'est-à-dire dans laquelle on offre la possibilité d’une immigration économique", affirme l’Ambassadeur de la France au Sénégal. Celui-ci assure que le "pacte européen n’est finalement que la formalisation de cette politique au niveau européen", la logique est donc la même que celle déjà appliquée entre pays africains.

Ce pacte, s'il n'échappe pas à certaines critiques, est pour lui "assez modéré". Jean-Christophe Rufin rappelle ainsi qu’il existe des pays européens "beaucoup plus radicaux sur l’immigration et notamment sur l’immigration africaine et qui seraient partisans de textes beaucoup plus durs". Il s'agit donc d'un véritable "compromis" permettant de sauvegarder les intérêts des Européens comme des migrants africains.

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"L’aide au développement, ça n’est pas seulement un acte comptable, il ne suffit pas de faire un chèque"

La volonté du diplomate français est de mettre en place une aide au développement efficace. L'aide qui basée sur les réductions de dette est pratiquement arrivée à son terme. Aujourd'hui, "il faut trouver de nouveaux moyens" d'aide au développement.

La solution efficace par excellence est "l’aide budgétaire, c'est-à-dire des aides plus massives, qui viennent rééquilibrer les budget des pays en voie de développement". Mais des contrôles doivent être mis en place pour qu'on sache quelle utilisation en est faite. Comme le rappelle l’Ambassadeur, "on ne peut pas faire un chèque en blanc et donner à des pays ou à des gouvernements qui vont en faire n’importe quoi".

Jean-Christophe Rufin est enfin optimiste quant à l’avenir des aides au développement : "je reste persuadé [que] beaucoup de pays européens sont prêts à aller bien au-delà de ce qu’ils font déjà maintenant", affirme t-il.

 

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