Derniers articles publiés

Jean-Christophe Bureau : "La PAC devance les règles de l'OMC"

Actualité 12.04.2010

Jean-Christophe Bureau est professeur à AgroParisTech et chercheur à l'Institut national de la recherche agroalimentaire (INRA). Interrogé à l'occasion du débat "A qui profite la Politique agricole Commune ?" organisé par Touteleurope.fr, il nous livre son point de vue sur les défis budgétaire, alimentaire et environnemental de la PAC, les relations entre la PAC et l'OMC ou encore la réforme nécessaire du système d'aides aux agriculteurs.

Voir la vidéo (05'48)

 

 

 

Les défis de la PAC

La Politique agricole commune suscite actuellement d'intenses négociations entre Etats membres, en vue de sa réforme pour l'après-2013. Celle-ci devra prendre en compte, selon le professeur et chercheur Jean-Christophe Bureau trois défis :

  • Le défi budgétaire : beaucoup de pays membres souhaitent réduire le budget de la PAC… et aucun ne souhaite l'accroître, au vu de la crise budgétaire actuelle et des autres dépenses jugées prioritaires (notamment la recherche) ;
  • La sécurité alimentaire : bien que l'enjeu ait été plus important par le passé, l'Europe reste dépendante de certaines importations, notamment les protéines ;
  • La protection de l'environnement : il y a une dégradation très forte de l'environnement en Europe, or l'agriculture et la PAC peuvent jouer un rôle important en ce sens. Et l'agriculture est en train d'être réorientée, en plus de sa vocation traditionnelle pour l'alimentation, vers la production de "biens publics" tels l'environnement, la biodiversité, le développement rural...

 

 

PAC vs OMC : de l'histoire ancienne

Selon M. Bureau, la PAC ne pose plus véritablement de problèmes de distorsion de concurrence au niveau international. L'agriculture européenne s'est adaptée aux règles de l'OMC, elle a même devancé les futures règles bien que les réformes aient été opérées principalement pour des raisons internes.

Concernant la dénonciation de la PAC par les pays du Sud, celle-ci appartient désormais au passé : les subventions à l'exportation qui inondaient ces pays dans les années 1980 n'ont plus cours.

Mais la PAC ne sera pas, souligne Jean-Christophe Bureau, totalement libéralisée. Cependant, certains secteurs comme la viande vont s'ouvrir aux importations, ce qui peut avoir des impacts particulièrement négatifs.


Relégitimer les aides directes

Les aides actuelles sont plutôt inégales, notamment parce qu'elle sont fondées sur des références historiques. Ce système doit donc être remis à plat.

Cependant, la publication en ligne des aides de la PAC, qui avait déclenché une polémique, a mal été interprétée. Si certaines aides comme les 2 millions d'euros au prince de Liechtenstein doivent être évidemment rediscutées, celles qui vont aux banques alimentaires ou aux grandes entreprises sucrières en compensation de subventions à l'exportation sont moins contestables.

Bien que la publication de ces chiffres soit parfaitement légitime dans une démocratie, sa réception a été différente en fonction des pays : on a plutôt traîné des pieds en Allemagne, alors que dans le nord de l'Europe ça n'a pas posé de problème particulier.

 

 

En savoir plus :

 

A qui profite la Politique agricole commune ? Le débat en ligne - Touteleurope.fr

 

La politique agricole commune (PAC) - Touteleurope.fr

Institut national de la recherche agronomique (INRA)

AgroParisTech

Jean-Christophe BUREAU : La politique agricole commune, éditions La Découverte