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Janez Potocnik : "Le projet ITER est un projet scientifique international majeur, pour lequel se réunissent des experts issus du monde entier"

Actualité 14.12.2006


Janez Potocnik, commissaire européen en charge de la Recherche et de la Science, présente les objectifs et enjeux du programme international ITER.

 

En quoi consiste le projet ITER? Pourquoi l’Union européenne y participe-t-elle ?

Le projet ITER est un projet scientifique international majeur, pour lequel se réunissent des experts issus du monde entier pour vérifier la possibilité de produire de l'énergie en utilisant  la fusion. Il y a sept partenaires internationaux à ce projet : l'Union européenne, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, la Russie, la Corée de Sud et l'Inde. La fusion est le processus au cœur des étoiles et du soleil par lequel les atomes d'hydrogène sont chauffés à 100 milliards de degrés, puis fusionnent, émettant ainsi d'énormes quantités d'énergie. Il est dans notre intérêt de participer à ce projet, étant donné que nous avons des années d’expérience dans la recherche sur la fusion ainsi que de nombreux scientifiques spécialisés dans ce domaine.  Mais avant tout, il est important pour notre avenir de faire partie intégrante d'un projet qui peut mener à une nouvelle et abondante source d’énergie sans carbone.


Quelle place et quel rôle l’UE  tient-elle dans ce projet? Pourquoi avoir choisi le site français de Cadarache pour accueillir le projet ITER?

L'Union européenne accueille le projet et est le plus grand contributeur. ITER sera situé à Cadarache, dans le sud de la France. Cadarache est un très bon choix parmi les autres très bonnes candidatures proposées, en Europe, et dans les autres pays partenaires. Il y a plusieurs raisons expliquant ce choix, en particulier le leadership scientifique et technologique de l'Europe dans ce domaine. Cadarache bénéficie d'une grande expérience dans la construction d'installations expérimentales pour la fusion, et dans le développement des technologies nécessaires.  Il y a eu un fort engagement pour soutenir le projet au niveau national, régional et local, et nous croyons que la Provence est un lieu géographique qui attirera les meilleurs scientifiques et ingénieurs, qui seront indispensables pour la réussite du projet.


La signature de l’accord international ITER le 21 novembre 2006 marque-t-elle une étape importante dans la réalisation de ce projet?

Il est certain que la signature était une étape importante, parce que c'était le signal que les sept partenaires - qui représentent ensemble plus de la moitié de la population mondiale -  sont prêts à travailler ensemble pour relever un des défis les plus importants qui nous soit lancé : l'énergie. Mais le plus important, c'est ce que nous faisons actuellement : la construction du projet, qui va durer 10 ans, et puis la recherche en elle-même.


ITER vise à développer et à contrôler la fusion nucléaire. Quelles sont les garanties en matière de sécurité?

Etant donné que la réaction de fusion nucléaire n'a lieu qu'à des températures très élevées, il y a peu de préoccupations en matière de sécurité. En effet, ces températures son tellement difficiles à maintenir qu'au moindre problème, la réaction de fusion s'éteindrait d'elle-même.  La fusion ne nécessite que de petites quantités de carburant de base, et celui-ci n'étant pas radioactif, il n'y aura aucune mesure particulière à prendre concernant le transport vers et en provenance du site.  Comme la paroi du réacteur et un de ses carburants intermédiaires sont légèrement radioactifs, de strictes mesures de sécurité seront bien sûr mises en place, mais il n'y aura qu'un risque minime d'accident car dans les 2 cas,  la radioactivité se dégrade très rapidement.

Propos recueillis le 14/12/06