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Jacek Saryusz-Wolski : "Notre lutte pour la liberté nous donne le droit de nous sentir européens"

Actualité 29.10.2009

Jacek Saryusz-Wolski est député européen depuis 2004. Avant d'entrer au Parlement européen, il a tenu plusieurs positions dans le gouvernement polonais, dont celle de Ministre des affaires européennes. A ce poste, il fut l'un des artisans de l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne en 2004. Pour Touteleurope.fr, il explique pourquoi la chute du Rideau de fer ne peut pas être limitée au 9 novembre 1989, et revient sur les événements qui, en Europe de l'Est, ont engendré la chute du Mur de Berlin.

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"Tout ne s'est pas passé le 9 novembre 1989 !"

4 juin

Pour la Pologne, la date qui compte le plus en 1989 n'est pas le 9 novembre, mais le 4 juin, date des "premières élections semi-libres", rappelle Jacek Saryusz-Wolski. Ces élections ont permis de créer le premier gouvernement non communiste, avec la victoire du syndicat Solidarnosc, en Europe centrale et orientale. Ce jour est celui "où la liberté a éclaté en Pologne". 

Lorsqu'il évoque la chute du Rideau de Fer, qui a été déterminante dans l'histoire de la Pologne, Jacek Saryusz-Wolski explique qu'il "ne s'agit pas d'un événement isolé mais d'un long processus".

 

L'eurodéputé polonais considère en effet que, vu de l'Est, le 9 novembre n'a pas été le seul événement important de cette année 1989 : "ce n'est pas seulement le Mur de Berlin qui est tombé, mais, en quelque sorte, le mur de Yalta !".

Et l'ancien ministre des Affaires européennes remonte à 1953, et l'insurrection ouvrière dans les rues de Berlin-Est, pour évoquer le début de la fin de l'hégémonie soviétique.

 

Une contestation qui s'est ensuite étendue à l'ensemble de l'Europe de l'Est, et notamment "dans les rues de Budapest en 1956, dans les rues de Prague en 1968, dans les chantiers navals de Gdansk en 1970, à Radom en Pologne en en 1966, et puis en 1980 avec les événements de Gdansk, à nouveau, en Pologne et toute une vague [de manifestations], le Printemps des Nations, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Allemagne de l'Est ...", explique Jacek Saryusz-Wolski.

Durant toutes ses années s'est déroulé "un processus d'auto-libération du centre du continent" européen. Jacek Saryusz-Wolski considère que, vingt ans après, l'heure du bilan a sonné. Et l'eurodéputé n'est pas entièrement satisfait : "il y a encore des choses à faire !"

"Les Polonais se sentent plus Européens que les Européens de l'Ouest !"

Jacek Saryusz-Wolski a été l'un des artisans de l'adhésion de la Pologne, son pays, à l'Union européenne, en 2004. Cinq ans après, et 20 après la chute du Rideau de fer, il considère que "tout pays qui se considère comme européen, comme la Biélorussie, l'Ukraine, la Géorgie, l'Arménie ont le droit, d'après le traité de Rome, d'aspirer à l'adhésion".

 

Et l'eurodéputé de rappeler que les Etats membres doivent, sous la condition que ces pays remplissent les conditions d'adhésion et que l'Union peut les intégrer, les aider à adhérer. Il souhaite en effet que l'intégration européenne soit poursuivie "vers l'Europe orientale pour que l'Europe puisse être complète".

 

Pour ce qui est de son pays, Etat membre de l'Union européenne, Jacek Saryusz-Wolski rappelle que "les Polonais n'ont jamais cessé de se considérer européens ! Parfois ils soutiennent même plus les valeurs européennes que leurs concitoyens de l'Europe de l'Est qui vivent dans le luxe de la paix et de la prospérité".

 

Pour ce représentant de la Pologne, "c'est cette lutte qui nous donne le droit de se sentir à cent pour cent, sinon plus, européens, parce que nous avons vécu le déficit des valeurs de la liberté, nous nous sommes battus, et certains d'entre nous ont payé le prix fort, celui de la vie".

 

"Pour nous l'Europe c'est la liberté, et le droit de terminer nous-mêmes notre destin européen", conclut Jacek Saryusz-Wolski.

 

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Dossier spécial "20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin"