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Irlande : dialogue ouvert sur les conséquences du "non" au traité de Lisbonne

Actualité 22.07.2008

Le Président de la République, Nicolas Sarkozy, s'est rendu lundi 21 juillet en Irlande, en sa qualité de Président en exercice du Conseil européen afin de rencontrer un certain nombre de décideurs politiques, parmi lesquels Brian Cowen, le Premier ministre irlandais, mais également des représentants de la société civile. L'occasion, plus d'un mois après le rejet du traité de Lisbonne par le peuple irlandais, d'essayer de mieux comprendre les raisons du "non", et d'envisager les solutions à présent offertes à l'Union européenne pour sortir de l'impasse institutionnelle.

Le chef d'Etat français et le Premier ministre irlandais ont profité de cette rencontre pour aborder le problème du traité de Lisbonne, mais également pour évoquer la situation au Soudan et au Tchad.


Comprendre les raisons du "non" irlandais

La visite officielle du chef d'Etat français en Irlande répondait à sa volonté, affichée dès l'ouverture de la Présidence française de l'Union européenne, le 1er juillet dernier, de profiter de ces six mois pour trouver une solution suite à la victoire du non" lors du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, le 13 juin dernier.

23 Etats membres sur 27 ont actuellement ratifié le traité de Lisbonne. La Hongrie est le premier Etat membre à avoir procédé à cette ratification. L'Irlande est pour l'instant le seul à l'avoir rejeté.

Voir le comparatif sur l'état des ratifications.


Ainsi, dans un entretien accordé le 19 juillet au quotidien irlandais "Irish Times", Nicolas Sarkozy explique qu'il a souhaité aller en Irlande "pour écouter et pour comprendre".

Lors de sa rencontre avec le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, le Chef d'Etat français a rappelé qu'il respectait le choix démocratique du peuple irlandais.

Il a cependant confirmé qu'il se félicitait que le processus de ratification du traité de Lisbonne se poursuive. En effet, dans son entretien avec l'Irish Times, Nicolas Sarkozy a rappelé qu'il fallait "aussi respecter le choix démocratique des 23 Etats qui ont décidé de ratifié le traité" et qu'en tant que "président du Conseil européen, [il lui appartenait] de trouver une solution qui réconcilie l’ensemble de la famille européenne".

Le Taoiseach s'est de son côté félicité de la venue de M. Sarkozy à Dublin, et a affirmé que le gouvernement irlandais se donnait actuellement pour objectif de mieux comprendre les raisons du "non" irlandais, afin de pouvoir trouver une solution. Il a de plus précisé que des consultations approfondies devaient avoir lieu, aussi bien sur le plan interne qu’avec les partenaires de l’Union européenne, en préparation du Conseil européen d’octobre.

Les questions de politique internationale

La rencontre entre le président en exercice du Conseil européen et le Premier ministre irlandais a également permis d'aborder les questions de politique internationale.

Avec 14 Etats membres présents sur le terrain (France, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovénie et Suède) et environ 3700 hommes, EUFOR Tchad/RCA est l'opération la plus multinationale jamais envoyée en Afrique. La France est le plus gros contributeur avec 2000 soldats. Environ 450 Irlandais y participent.

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Ils ont  ainsi affirmé de concert que l’Union européenne devait continuer à apporter aux citoyens européens des résultats concrets dans des domaines essentiels dont beaucoup constituent des priorités de la Présidence française.

Ils ont notamment évoqué le problème de la crise alimentaire et la flambée des prix du pétrole, mais également la politique agricole commune, les  négociations en cours à l’OMC ou encore la nécessité pour l'Union européenne de jouer un rôle majeur sur les questions du changement climatique ou de la sécurité énergétique.

Nicolas Sarkozy et Brian Cowen ont enfin abordé la situation au Soudan et au Tchad et évoqué le rôle essentiel joué par la mission EUFOR au Tchad et en République centrafricaine.

Cette mission est placée sous le commandement opérationnel du général irlandais Pat Nash. La France et l’Irlande sont les deux États qui contribuent le plus, et la coopération franco-irlandaise jour un rôle primordiale dans la réussite de cette mission. Le chef d'Etat français et le Taoiseach ont d'ailleurs profité de leur entrevue pour évoquer d'autres questions internationales, comme l'inquiétude croissante de la communauté internationale face à l'Iran et son programme nucléaire.



Sources

Communiqué à la suite de la visite en Irlande de M. le Président de la République - 21/07/08 - Présidence de la République
Entretien de M. le Président de la République au quotidien "Irish Times" à l'occasion de sa visite en Irlande
- 19/07/08 - Présidence de la République


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