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Grèce : à l'approche d'une grève générale, les députés européens critiquent la troïka

Actualité 06.11.2013

C'est la quatrième de l'année. Perturbation des transports publics, fermeture des écoles, liaisons maritimes non assurées, la Grèce est à nouveau paralysée par un mouvement social de 24 heures. A l'appel du syndicat grec du secteur public, Adedy, et de la centrale du privé GSEE, de nombreux Grecs devraient afficher leur colère face aux nouvelles politiques d'austérité. La "troïka" UE-BCE-FMI, à Athènes depuis lundi, a notamment demandé à la Grèce des mesures d'économies d'environ 2 milliards d'euros pour 2014. Réunis mardi à Bruxelles, les députés européens ont largement critiqué la gestion de la crise par la "troïka".

Grève en Grèce (a) Parlement européen

Une nouvelle grève de 24 heures dans un climat de violences

Après l’assassinat de deux membres du parti néonazi Aube dorée le 1er novembre dernier, les Grecs craignent une nouvelle spirale de violence, et ce alors que le pays tente de s'extraire de la récession.

Mise sur pied à l'occasion du "sauvetage" de la Grèce en mai 2010, la "troïka" travaille aujourd'hui avec les gouvernements de trois autres États membres de la zone euro : le Portugal, l'Irlande et Chypre.
Depuis 2010, plusieurs tranches d'aide de l'UE ont été débloquées pour la Grèce, dont la plus récente en juillet 2013.

Depuis lundi, la fameuse "troïka" (Commission européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne) est de nouveau sur place pour poursuivre son audit, débuté en septembre, des comptes et réformes en cours, et s'assurer du respect du plan de restructuration qui prévoirait 25 000 mutations et 4 000 licenciements d'ici la fin de l'année. Cette visite, si elle s'avère positive, permettrait au gouvernement grec d'obtenir ainsi le déblocage d'une nouvelle tranche de prêts d'un milliard d'euros.

Mais ce plan d'austérité draconien a bien du mal à être accepté par le pays. Depuis mercredi matin, enseignants, médecins, employés municipaux, conducteurs de bus et de train font partie de ceux qui participent au mouvement. Les liaisons maritimes entre la Grèce continentale et les îles sont fortement perturbées, certaines écoles sont également fermées. Le site touristique le plus visité du pays, l'Acropole, devait également fermer plus tôt mercredi.

Le travail de la troïka dans le collimateur des eurodéputés

Lors de la réunion de la commission économique et monétaire du Parlement européen mardi, les députés européens ont interpellé les hauts responsables de la Banque centrale européenne et de la Commission européenne sur les méthodes de travail de la "troïka".

Le Directeur général adjoint de la Commission, Servaas Deroose, et le chef de la division pays de l'Union, Klaus Masuch, ont ainsi été interrogés sur les effets des réformes dans les "pays en crise" et sur le fonctionnement interne de la troïka. Ils ont largement été critiqués sur le manque de transparence de leurs travaux. Les eurodéputés demandent notamment que le mode de prise de décision de la "troïka"  leur soit détaillé. Ils ont également critiqué les prévisions économiques sur lesquelles reposent les programmes de réformes économiques exigés de la Grèce, de Chypre, de l'Irlande et du Portugal.

"Il est vrai que nos prévisions n'ont pas été parfaites, mais les circonstances rendaient les prédictions extrêmement difficiles", a expliqué M. Deroose. M. Masuch a quant à lui attribué l'écart entre les prévisions et les résultats à l'effondrement de la confiance et à l'incapacité à mettre rapidement en pratique les réformes économiques.

Les députés attendent à présent une approbation officielle de la mise en place d'une enquête sur le fonctionnement de la troïka par le Parlement européen. Cette enquête sera menée par Othmar Karas (PPE, AT) et Liem Hoang Ngoc (S&D, FR). L'enquête devrait aboutir à un rapport vers la fin du mandat législatif du Parlement.