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Geneviève Fraisse : "J'aimerais savoir qui ne s'intéresse pas à l'Europe"

Actualité 14.05.2009

Historienne de la pensée féministe et philosophe, Geneviève Fraisse a été députée au Parlement européen de 1999 à 2004, au sein de la Gauche unitaire européenne. Interrogée par Touteleurope.fr, elle revient sur les élections européennes, l'intérêt des citoyens pour l'Europe et la question de l'identité.

 

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Existe-t-il une identité européenne ?

Précisément, cette question ne m'intéresse pas. Il n'y a pas d'âme de l'Europe, il n'y a pas d'identité européenne, il n'y a pas d'idée de l'Europe, il y a plutôt ce que j'appelle l'Europe des idées, l'Europe des identités.

Et puis je pense que la thématique de l'identité est devenue extrêmement dominante en ce moment, et pas seulement au niveau de l'Europe, mais en général, dans tous les domaines des sciences humaines, et je suis extrêmement réticente à cette question de l'identité. Je ne suis pas sûre que ce soit la bonne question.


Comment intéresser les citoyens à l'Europe ?

Je pense que "intéresser les citoyens à l'Union européenne" n'existe pas. Il y a une expression que je déteste particulièrement, c'est celle de "déficit démocratique" des institutions communautaires. Je ne sais pas ce que ça veut dire le déficit démocratique. Le désir politique naît effectivement d'une réflexion sur ce qui peut faire accord et ce qui fait désaccord, et il n'y a que par là que les Européens peuvent s'intéresser à l'Europe.

Mais là je ne sais pas qui ne s'intéresse pas à l'Europe. Pourquoi serait-ce le citoyen qui ne s'intéresse pas à l'Europe ? C'est peut-être les partis politiques qui ne s'intéressent pas à l'Europe, c'est peut-être les journalistes… J'aimerais savoir qui ne s'intéresse pas à l'Europe. C'est une question à laquelle je ne sais pas répondre.


Pourquoi irez-vous/n'irez-vous pas voter aux élections européennes ?


Je suis une chercheuse au CNRS qui, pendant sept ans a été d'abord déléguée interministérielle puis députée européenne. La question de l'Europe est rentrée dans ma vie comme une expérience à la fois fabuleuse et sortant de l'ordinaire. Ce que j'y ai trouvé n'est peut-être pas très différent de ce que j'y trouvais comme étudiante en philosophie il y a longtemps. C'est quelque chose qui pour le coup moi, m'intéresse : je n'ai pas de déficit du côté de mon intérêt européen.