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Gay Pride de Belgrade : la victoire de la liberté ?

Actualité 12.10.2010

Dimanche 10 octobre avait lieu à Belgrade la première Marche des Fiertés, ou Gay Pride, organisée depuis 2001. A l'époque, cette manifestation qui prône la liberté et l'égalité pour toutes les orientations sexuelles et identités de genre avait été le théâtre de violents affrontements entre manifestants et groupes d'extrême-droite. Cette seconde édition n'y a pas échappé, faisant plus de 100 blessés dans les rangs des forces de l'ordre. Mais pour beaucoup, le fait qu'elle ait eu lieu, et les condamnations futures des auteurs des violences, sont autant de signe d'un nouveau souffle de liberté en Serbie.

De violents affrontements dans les rues de Belgrade

L'événement n'est malheureusement pas sans précédent. Depuis 2001, date de la dernière Gay Pride organisée en Serbie, qui avait été le lieu de violents affrontements, le gouvernement serbe n'avait jamais osé l'autoriser de nouveau.

Dimanche 10 octobre,14 associations LGBT (Lesbiennes, Gays, bisexuels et transsexuels), soit plus de 1500 personnes, ont pu défiler dans un périmètre restreint grâce à un déploiement exceptionnel de forces de sécurité : 5000 policiers, en tenue anti-émeute, avec casques et boucliers.

Mais cet important dispositif n'aura pas suffi à décourager les hooligans et autres groupuscules d'extrême-droite bien décidés à perturber la manifestation pacifiste. Ne pouvant atteindre directement les manifestants, protégés par le périmètre de sécurité, ils ont directement attaqué les policiers, faisant environ 120 blessés, principalement dans les rangs des forces de l'ordre.

Ils s’en sont également pris à plusieurs antennes de la télévision d’État, ainsi qu’au siège du Parti démocrate pro-occidental. La police a finalement réussi à rétablir le calme, mais ce sont plusieurs millions de dommages qui ont été causés dans la capitale serbe.

 

La Gay Pride : un pas de plus vers l'Union européenne

Malgré les affrontements, il paraît positif que cette manifestation ait pu avoir lieu, alors même qu'elle avait été annulée l'année dernière suite aux menaces de ces groupes d'extrême-droite.

Le président serbe Boris Tadić a d'ailleurs fermement condamné ces violences. Environ 190 hooligans ont été arrêtés et les sanctions devraient être sévères.

La société civile, et notamment les associations de défense des droits de l'homme, avait noté les efforts du gouvernement serbe qui, à travers la voix de son président mais également de son ministre des Droits humains et des minorités, Svetozar Čiplić, avait apporté son soutien à la Gay Pride.

Mais ce sont surtout les yeux européens qui étaient tournés vers la Serbie. Plusieurs responsables européens avaient insisté sur le fait que la façon dont se tiendrait la Gay Pride illustrerait le degré de maturité de la démocratie du pays. Cette Marche des Fiertés était donc un test majeur pour le gouvernement serbe, qui s’est lancé dans des réformes pro-occidentales et pour la protection des droits humains, dans l’objectif d’intégrer prochainement l’Union européenne.

S'il reste inquiétant que de tels affrontement puissent avoir lieu, les efforts du gouvernement pour maintenir la manifestation, protéger les participants, et condamner fermement les événements ne seront pas passés inaperçus.