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G20 : Nicolas Sarkozy détaille le programme de sa présidence

Actualité 24.01.2011

C'est lors de sa 3e conférence de presse lundi 24 janvier 2011 que Nicolas Sarkozy a détaillé le programme de la présidence française du G20. Un programme ambitieux qui, comme plusieurs journalistes l'ont souligné, devra faire ses preuves auprès des citoyens.

Après avoir rappelé que 5 réunions ministérielles se tiendraient tout au long de l'année (affaires étrangères à Deauville, intérieur contre le trafic de drogue et la cocaïne en particulier, finances , travail et l'emploi, et enfin agriculture, sans oublier plusieurs colloques et séminaires dont un en Chine sur la réforme du système monétaire international), Nicolas Sarkozy a détaillé les grandes priorités de la présidence française du G8 et du G20, inaugurée en novembre dernier pour un an.

 

"Dire qu'il existe aujourd'hui un système monétaire international est une grave erreur. Il n'y en a plus depuis 1971" : Nicolas Sarkozy, lors de la conférence de presse du 24 janvier sur la présidence française du G20.

Réformer le système monétaire international : le président a souligné que la volatilité des monnaies s'était gravement accentuée au cours des 20 dernières années. Ainsi, "la construction d’un Système monétaire international (SMI) plus stable et plus robuste passe aussi par la réduction des déséquilibres et la coordination accrue des politiques économiques au sein du Cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée du G20". Tout en affirmant que le dollar était et resterait "la devise prépondérante", le président prédit que de nouvelles monnaies internationales de référence ne pourront que voir le jour, le nouveau monde étant "marqué par un extraordinaire changement dans la configuration des forces". Enfin, "Dire qu'il existe aujourd'hui un système monétaire international est une grave erreur. Il n'y en a plus depuis 1971", a-t-il jugé.

Renforcer la régulation financière : outre la mise en œuvre des règles décidées auparavant par le G20 pour renforcer le contrôle du secteur financier, la présidence s’emploiera à renforcer cette régulation sur les marchés de matières premières. A cet effet, la France sera le moteur d'une réflexion sur les indicateurs qui permettent de mesurer les déséquilibres, ainsi que sur l'instauration d'un "code de conduite en matière de gestion de flux de capitaux".

Lutter contre la volatilité des prix des matières premières : trouver des solutions collectives pour réduire la volatilité excessive des prix des matières premières, notamment énergétiques et agricoles (les ministres de l’Agriculture se réuniront en juin), est une priorité de la France. Celles-ci passent par des règles communes sur les marchés dérivés des matières premières, un renforcement de notre dispositif de sécurité alimentaire (stocks), un développement de l'offre agricole pour être en mesure de nourrir l'ensemble de la population mondiale, enfin une réflexion sur les services d'assurances au service des pays les plus pauvres. "Ce n'est vraiment pas le moment de démanteler la politique agricole commune", a par ailleurs lancé le président.

 

Nous souhaitons "un socle de protection sociale universelle"

Soutenir l'emploi et renforcer la dimension sociale de la mondialisation : Nicolas Sarkozy s'est dit favorable à la réflexion sur un socle de protection sociale universelle qui tienne compte des différents modèles sociaux, socle fondé sur les huit conventions fondamentales de l'Organisation internationale du travail (OIT), que tous les pays du G20 devraient ratifier, a ajouté M. Sarkozy.

"Nous avons promis 100 milliards de dollars par an aux pays en voie de développement. C'est une promesse"

Mettre en place des financements innovants pour le développement : "la France est favorable à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières, qui serait le meilleur financement innovant possible", a jugé le président, selon lequel il est possible de faire la distinction entre une transaction spéculative (faite d'allers-et-retours) et une transaction économique (effectuée une fois pour toutes). "Certains pays comme l'Allemagne et le Japon ont été assez avenants sur cette taxe", a-t-il souligné. Le financement de la lutte contre le changement climatique dans ces pays fait partie de cette priorité accordée au développement : "Nous avons promis 100 milliards de dollars par an aux pays en voie de développement. C'est une promesse", a rappelé Nicolas Sarkozy en faisant référence à la proposition par le FMI d'un "Fonds vert", dont les modalités de financement et de fonctionnement restent à être définies. Par ailleurs, le président a réaffirmé son soutien à la création d'une organisation mondiale de l'environnement.

Encadrer les bonus financiers, à l'image de la banque américaine Morgan Stanley qui a versé des bonus à ses employés seulement après un délai déterminé, ou encore continuer à lutter contre les paradis fiscaux.

Réfléchir sur Internet : un forum sur l'internet avec les principaux opérateurs des pays du G8 devrait se tenir à la veille du sommet de Deauville.


En savoir plus

Dossier de presse [PDF] - Présidence française du G8-G20

Site officiel de la présidence française du G8-G20