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Froid sibérien sur le sommet UE-Russie

Actualité 22.05.2009

Les températures estivales qui gagnent l'Europe ne semblent pas avoir réchauffé les relations entre l'Union européenne et la Russie. Réunis pendant deux jours à Khabarovsk, à 8 000 kilomètres de Moscou, les représentants de l'UE et le Président russe ont connu un sommet difficile. Au programme, la situation en Géorgie mais surtout l'énergie, sujet sensible dans les négociations entre les deux partenaires. Et quand on sait qu'elles ont lieu dans la région de Sibérie produisant le plus de pétrole ...

L'énergie au coeur des tensions russo-européennes

Partenariat oriental

Dmitri Medvedev s'est inquiété du partenariat oriental européen avec l’Arménie, le Bélarus, l’Azerbaïdjan, la république de Moldavie, la Géorgie et l’Ukraine. Et ce même si Javier Solana a invité Moscou à participer à cette structure.“Pour certains pays, ce Partenariat oriental est perçu comme une alliance contre la Russie” a indiqué le président russe.
Les deux jours consacrés aux discussions entre l'Europe et la Russie n'auront réussi qu'à mettre en exergue les divergences flagrantes qui opposent les deux géants.

Arrivés en force en Sibérie orientale, Vaclav Klaus, président en exercice du Conseil de l'UE, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et Javier Solana, haut-représentant pour la PESC se sont heurtés à un Dmitri Medvedev campant sur ses positions.

Principal point d'achoppement : l'énergie. Le président de la Fédération de Russie refuse toujours en effet de signer la Charte sur la sécurité énergétique, qui date de 1991, et qui est notamment sensée optimiser la production, la distribution et le transport de l‘énergie.

Or, la sécurité énergétique est l'une des priorités de l'Union européenne. Les dirigeants européens souhaitent en effet que ne se reproduise pas le conflit russo-ukrainien de l'hiver dernier qui avait privé plusieurs Etats membres de gaz pendant de nombreuses semaines.

La Russie semble pourtant faire preuve de mauvaise volonté en refusant toujours de signer l'accord avec l'Ukraine qui pourrait éviter que ce type d'événements ne se reproduisent. Au contraire, la position de Dmitri Medvedev est apparue comme une mise en garde de l'UE contre une nouvelle guerre du gaz avec l'Ukraine.

Le délicat problème de la Géorgie

Pacte de sécurité

Moscou espère un soutien de l'Union européenne pour son projet de nouveau pacte de sécurité en Europe, a souligné Vassili Likhatchev, ancien représentant de la Russie auprès de l'UE. Dmitri Medvedev a proposé ce nouveau pacte en juin 2008 afin de remplacer les structures existantes, jugeant que "l'atlantisme comme seul principe historique" était "révolu".
Autre dossier abordé durant ce sommet : la Géorgie. En effet, la courte guerre qui a opposé la Russie à la Géorgie en août 2008 avait été l'un des événements les plus marquants de la présidence française de l'Union européenne.

A l'époque, la Russie avait consenti à l'envoi d'observateurs européens sur le terrain. Or, alors que plusieurs mois se sont déjà écoulés depuis le règlement du conflit, force est de constater que l'accès de ces observateurs aux deux provinces indépendantistes reconnues par Moscou reste limité, voire inexistant.

En effet, les Européens souhaitent que leurs observateurs en Géorgie aient accès à l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. De son côté, la Russie rétorque qu'il s'agit désormais de deux Etats indépendants.

Moscou ne cache pas par ailleurs son agacement face au soutien du président géorgien Mikheïl Saakachvili par les Européens. "Les manifestations de l'opposition ont montré à quel point (les Géorgiens) ne supportent plus sa politique", a lancé avant le sommet le conseiller diplomatique du Kremlin Sergueï Prikhodko.

 

 

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