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France – Allemagne, l'autre match

Actualité 08.07.2016

Malgré la supériorité technique de l'équipe allemande, celle-ci s'est inclinée 2-0 face aux Bleus lors de la demi-finale de l'Euro 2016... mais sur d'autres terrains, l'Allemagne maintient une certaine avance. Economie, démographie, immigration ou encore éducation... tour d'horizon du match France-Allemagne dans 11 "compartiments du jeu".

France - Allemagne : l'autre match

Croissance : victoire de l'Allemagne

Première économie européenne, l'Allemagne a enregistré une croissance de 1,7% du PIB en 2015, contre 1,3% pour la France (chiffre provisoire Eurostat).
Avec un PIB de 2 488 milliards de dollars (environ 2 250 milliards d'euros), la France est la 6e puissance économique mondiale et la 3e en Europe, derrière le Royaume-Uni et l'Allemagne (3 421 milliards de dollars, environ 3 090 milliards d'euros).

Dette et déficit publics : nette victoire de l'Allemagne

Instauré par le traité de Maastricht, le Pacte de stabilité et de croissance fixe les limites de dette et de déficit publics pour les pays de la zone euro, respectivement 60% et 3% du PIB.

Sans conteste, l'Allemagne remporte haut la main la bataille de la dette et du déficit publics… Pour la 3e année consécutive, le ministre des Finances Wolfgang Schaüble a présenté hier un projet de budget totalement équilibré. Un "Schwarz Null" ("zéro noir", i.e un déficit de 0%) qui fait la fierté et le succès du Parti conservateur allemand à un an des élections fédérales. En 2015, le pays a même pu dégager un excédent de 0,7% du PIB, tandis que la France ramenait avec peine son déficit à 3,5% du PIB.

Concernant la dette publique, le gouvernement allemand se donne pour objectif de repasser sous les 60% de PIB en 2017. En 2015, celle-ci atteignait 71,2% du PIB… contre 95,8% pour la France et 85,2% pour l'ensemble de l'Union européenne (chiffres Eurostat).

Taux de chômage : nette victoire de l'Allemagne

Là encore, l'Allemagne est la grande gagnante du match. En mai 2016, elle affiche un taux de chômage de 4,2%, bien en-dessous de la moyenne de l'Union européenne (8,6%) et de la zone euro (10,1%). La France, elle, est redescendue il y a peu sous la barre des 10% avec un taux de 9,9% en avril et mai 2016 (chiffres Eurostat).

Commerce : nette victoire de l'Allemagne

Grande puissance exportatrice, l'Allemagne a dégagé un excédent commercial record en 2015 avec près de 1 200 milliards d'euros d'exportations, dont 700 milliards vers les autres pays de l'Union européenne. L'excédent (la différence entre les exportations et les importations) a ainsi atteint 250 milliards d'euros. La même année, la France réduisait son déficit commercial à environ 50 milliards d'euros.

Cote de popularité des dirigeants : victoire de l'Allemagne

Quelle opinion ont les citoyens français et allemands de leurs dirigeants ? Là aussi, l'écart entre François Hollande et Angela Merkel est non négligeable…
D'après un récent sondage Ifop-Fiducial, le président français a vu sa cote de popularité remonter de deux points pour atteindre 18%. Et à la question souhaitez-vous sa réélection l’an prochain, 86% répondent non.

Du côté allemand, la cote de popularité de l'alliance conservatrice CDU-CSU, dirigée par la chancelière, était tombée en janvier 2016 à son plus bas depuis juillet 2002, en raison de l'opposition à sa politique migratoire libérale. Un record qui a atteint malgré tout 34% d'opinions favorables, bien au-dessus de la popularité de François Hollande.

Défense : avantage France

Dans ses chiffres clés de la Défense, le ministère français notait qu'en 2014, le budget allemand de la défense (32,4 milliards d'euros) dépassait, pour la 2e année consécutive, celui de la France (31,4 milliards d'euros). La Bundeswehr serait-elle en train de détrôner l'armée française ?

Sans conteste, après plusieurs décennies d'inhibition dans le domaine de la sécurité et de la défense, l'Allemagne augmente ses moyens et ses effectifs militaires. Mais comme l'explique le magazine Challenges, les chiffres ne doivent pas être surévalués. La France consacre toujours une partie de son PIB plus importante à la défense (1,7% contre 1,3% pour l'Allemagne), elle finance plus d'investissements et moins de dépenses de fonctionnement que chez son voisin, son armée reste plus nombreuse, elle dispose d'une meilleure capacité de projection (qui se vérifie par le nombre bien plus important d'opérations extérieures) et est bien sûr dotée d'une capacité de dissuasion nucléaire dont ne dispose pas l'Allemagne.

Démographie : avantage France

A l'heure actuelle, la population de l'Allemagne est égale à 82,2 millions d'habitants, contre 66,7 millions pour la France. Ces deux pays sont les deux plus peuplés de l'Union européenne. Néanmoins, cet écart assez important est appelé à se réduire rapidement au cours des prochaines, puis même à s'inverser. En effet, le taux de fécondité en Allemagne ne s'élève qu'à 1,47 enfant par femme, tandis que celui de la France équivaut à 2,01 enfants par femme.

Par conséquent, les populations des deux pays devraient se rejoindre à l'horizon 2050, estime Eurostat. D'ici à 2060, on devrait même compter 71 millions d'Allemands contre 75,6 millions de Français.

Asile : l'Allemagne largement devant

En 2015, 476 510 demandes d'asile ont été déposées en Allemagne, un pays qui a au total accueilli plus d'un million de réfugiés sur son territoire. 140 910 de ces demandes ont été acceptées par les autorités du pays, soit un taux de 29,6% de réponses positives.

En France, sur la même période, 75 750 demandes d'asile ont été déposées et 20 630 ont été acceptées, soit un taux de 27,2% de réponses positives. En volume, l'Allemagne a donc accordé l'asile à près de 7 fois plus de personnes que la France (Eurostat).

Tourisme : nette victoire de la France

En 2014, la France a été le pays qui a accueilli le plus de visiteurs étrangers dans le monde, avec 83,3 millions de touristes, devançant largement les Etats-Unis ou encore l'Espagne.

La même année, l'Allemagne a quant à elle accueilli 33 millions de touristes sur son territoire, se classant au 7e rang mondial.

Influence européenne : l'Allemagne largement devant

Si la Commission et le Conseil européens ne sont pas présidés par des Allemands ou des Français et que leur composition est équitable entre tous les Etats membres, le Parlement européen permet, lui, de comparer l'influence respective des pays en fonction du nombre de postes importants occupés par nationalité.

En la matière, l'Allemagne devance très largement la France. Tout d'abord, le président du Parlement est allemand – Martin Schulz – et 3 autres ressortissants de ce pays sont à la tête d'un groupe politique, contre seulement 1 Française (Marine Le Pen). En outre, 5 commissions parlementaires sont actuellement présidées par des Allemands, contre 3 à la France. Enfin, autre indicateur : la liste établie par le média bruxellois Politico des 40 eurodéputés les plus influents. Parmi ces derniers figurent 15 Allemands, pour seulement 3 Français.

Education : avantage Allemagne

En matière d'éducation, les performances réalisées par l'Allemagne et la France sont comparables, quoique légèrement à l'avantage des Allemands. Au sein du classement PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) établi par l'OCDE, l'Allemagne se situe à la 16e place, avec un score de 514 points. Le pays devance la France, 25e du classement avec 495 points.

Par ailleurs, Eurostat indique également que 86,8% des Allemands âgés de 25 à 64 ans en 2015 avaient achevé leurs études secondaires avec succès. Une proportion descendant à 77,5% pour les Français. En revanche, chez les 30-34 ans, en 2015, 45,1% de la population avait achevé des études supérieures (université, établissement d'enseignement technique supérieur…) en France, contre 32,3% en Allemagne.