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"Flottille de la liberté" : l’UE demande une "enquête complète" sur le raid israélien

Actualité 31.05.2010

L'assaut du commando israélien contre la "flottille de la liberté", qui a coûté la vie à au moins 10 militants pro-palestiniens, a suscité de vives réactions en Europe. Si la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a demandé à Israël "une enquête complète sur les circonstances" de ce raid, l'Espagne, qui préside le Conseil de l'UE, a qualifié cet assaut "d'inacceptable".

Le dérapage d'un "acte de provocation"

Une flottille de huit bateaux transportant du matériel humanitaire et plusieurs centaines de militants pro-palestiniens vers Gaza a été prise d’assaut lundi 31 mai par un commando de l’armée israélienne. Bilan : au moins 10 morts (19 selon la télévision israélienne) et plusieurs dizaines de blessés chez les passagers.

 

La semaine dernière, Israël avait averti à plusieurs reprises qu'elle empêcherait, si nécessaire par la force, les navires arriver à la bande de Gaza. Le territoire est en effet soumis à un strict blocus depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas en juin 2007.

 

Contrairement à ce que plusieurs journaux semblent indiquer, la flottille ne transportait aucun "député européen" membre du Parlement européen, mais plus certainement une quinzaine de parlementaires de plusieurs pays européens, dont la Grèce, Chypre, la Turquie, la Suède, la Norvège…L'appareillage dimanche de la "flottille de la liberté", organisée par le mouvement Free Gaza et plusieurs associations européennes dont l’Association France Palestine solidarité (AFPS), et sur laquelle ont embarqué plusieurs personnalités européennes (députés, artistes, ainsi que le prix Nobel de la Paix 1976 Mairead Corrigan Maguire), était considérée par le gouvernement israélien comme "un acte de provocation visant à causer une confrontation avec l'armée israélienne à des fins de propagande". Des doutes quant au réel contenu de la cargaison (des maisons préfabriquées, des fauteuils roulants électriques et de l'équipement médical, selon les organisateurs) ont été également énoncés.

Lundi matin, les membres du commando de la marine israélienne, dont l’objectif aurait été de détourner les bateaux en route vers Gaza, auraient ainsi ouvert le feu après avoir été attaqués à coups de hache et de couteaux par certains des passagers.

 

"Levez le siège maintenant"

Les réactions européennes ont été variées. Si le haut-représentant de l’UE Catherine Ashton a demandé "une enquête complète sur les circonstances" de ce raid et une "ouverture immédiate, prolongée et inconditionnelle" de la bande de Gaza aux échanges d'aide humanitaire, de biens et de personnes", l'Espagne, qui assure jusqu'en juillet la présidence tournante du Conseil, a qualifié l'intervention israélienne d' "inacceptable" et convoqué l'ambassadeur d'Israël. En France, le président Nicolas Sarkozy a condamné "l'usage disproportionné de la force" et convoqué à son tour l'ambassadeur. Le Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, Pierre Lellouche, a également condamné "l’opération militaire israélienne disproportionnée contre la flottille humanitaire destinée à Gaza, et a déploré la perte de vies humaines".

Une réunion extraordinaire des ambassadeurs des 27 pays de l'Union européenne aura lieu lundi après-midi à Bruxelles pour examiner les suites à donner à cette affaire.

 

De son côté, la Turquie, concernée en premier lieu (une grande partie des militants, dont ceux qui ont été tués, sont turcs), a menacé le pays de "conséquences irréparables sur nos relations bilatérales" et également convoqué l'ambassadeur israélien. Plusieurs milliers de Turcs manifestent ce lundi à Istanbul suite à la mort d'au moins 10 militants turcs.

 

Les membres de la délégation et signataires de l'appel "levez le siège maintenant" : Eva JOLY, Michèle STRIFFLER, Ivailo KALFIN, Lajos BOKROS, Véronique DE KEYSER, Marielle DE SARNEZ, Göran FÄRM, Nicole KIIL-NIELSEN, Ivo VAJGL.Par ailleurs, une délégation conjointe composée de neuf députés du Parlement européen avait auparavant, vendredi 28 mai, appelé Israël à "lever le siège" sur Gaza, "afin de donner libre accès à l'aide humanitaire, de permettre la reconstruction et d'offrir une nouvelle chance à l'activité économique légale et un espoir à la population". "L'UE doit lancer, sans délai, une action politique afin que le siège de Gaza soit levé et que la reconstruction des infrastructures de base puisse commencer", ont-ils continué.

 

La délégation a quitté Gaza après avoir participé à une mission d'enquête organisée par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), afin d’évaluer la situation humanitaire à Gaza et les résultats de l’assistance financière de l’UE.

A l'heure où les appels européens en faveur d'une pacification de la politique israélienne semblent se multiplier (le 3 mai dernier, un "Appel à la raison" signé par plusieurs intellectuels, artistes et hommes politiques, a également été présenté devant le Parlement européen), l'intervention israélienne de ce lundi 31 mai, considérée par beaucoup comme une dangereuse bavure, laissera certainement des traces dans les relations israélo-européennes.

 

 

En savoir plus :


"Levez le siège maintenant" demandent les députés en visite à Gaza - Parlement européen

Pétition "Appel à la raison" - European jewish call for reason