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Fact-checking : le programme européen de François Fillon analysé par la presse française

Actualité 30.03.2017

A l'approche du premier tour de l'élection présidentielle française, qui se tiendra le 23 avril, les propositions des différents candidats s'accumulent. S'agissant des questions européennes, pour y voir plus clair, Toute l'Europe recense l'ensemble du fact-checking réalisé par la presse française.

 

Ici, François Fillon, candidat des Républicains.

François Fillon

Election présidentielle 2017 : quelle place pour l'Europe ?

Défense & Sécurité

     La mesure : Constituer une "alliance européenne de défense", le 23 janvier 2017 lors d'un déplacement à Berlin

  • "Clair, concret, possible et immédiatement réalisable" selon Challenges. "Militairement, économiquement et technologiquement, les Européens ne s'en porteraient que mieux et n'en inspireraient que plus de respect à MM. Trump et Poutine".

Economie

     La déclaration : "Nous sommes le pays le plus endetté de tous les grands pays développés", le 20 mars 2017 lors du débat de TF1

  • "Faux" selon Le Monde. "Alors que la dette publique française est d’un ordre de grandeur équivalent au produit intérieur brut (PIB) – soit 97,5% de celui-ci au troisième trimestre 2016 selon l’Insee –, cela n’en fait pas le pays le plus endetté du monde. Par exemple, les Etats-Unis (108% du PIB) et le Japon (250%) le sont beaucoup plus".
  • "Exagéré" pour L'Obs. "La dette française représente 97,6% du PIB, d’après le chiffre de l'Insee pour le troisième trimestre 2016. La France fait un tout petit peu mieux que l’Espagne, qui affiche un taux de 99,26% fin 2016, mais est encore très loin de l’Italie ou du Portugal, où la dette dépassait en 2016 les 130%, selon les données d'Eurostat".

Consultez également notre recensement des fact-checkings concernant :

- Benoît Hamon
- Marine Le Pen
- Emmanuel Macron
- Jean-Luc Mélenchon

Emploi & Social

     La déclaration : "La France est aujourd'hui le pays où le volume d'heures travaillées par rapport aux grandes économies mondiales est le plus bas". Notamment par rapport à "l'Allemagne, à la Hollande, au Danemark, à la Suède, à la Finlande, à la Grande-Bretagne...", le 20 mars 2017 lors du débat de TF1

  • Plutôt faux, pour Libération. "Ce qui est vrai, c’est que le temps de travail des salariés à temps plein est plus bas en France que dans les autres pays européens". Mais si on intègre "aussi les salariés à temps partiel", la durée "annuelle moyenne de travail est supérieure en France concernant le travail à temps partiel, qu’elle ne l’est en Allemagne aux Pays Bas, au Danemark, au Royaume-Uni". Au total, si on prend en compte le "volume global d'heures travaillées", la France (1 521 heures) se retrouve certes devancée par le Royaume-Uni (1 624 heures), mais proche de l’Allemagne (1 580 heures) et de la Finlande, et surtout devant trois autres des pays que cite François Fillon : la Suède, le Danemark et les Pays-Bas".
  • "Contestable", pour Le Monde (le 21 mars 2017). Car "toutes catégories confondues (c’est-à-dire en intégrant les temps partiels et les indépendants), les Français arrivent cette fois en 10e position (sur 28) du classement européen". De plus, en termes de productivité, la France se classait en 5e position européenne en 2014, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni par exemple".

     La déclaration : "Il est difficile d'égaliser le coût du travail en Europe"

  • Plutôt vrai selon Le Figaro. "Le coût horaire moyen de la main-d’œuvre a été estimé à 25,03 euros en 2015 dans l’Union européenne et à 29,50 euros dans la zone euro, selon les dernières données d’Eurostat de décembre 2016. Mais cette moyenne ne rend pas compte des différences significatives entre les États membres de l’UE, le coût horaire moyen de la main-d’œuvre variant entre 4,08 euros et 41,31 euros. La France se situe au-dessus de la moyenne (35,10 euros), derrière le Danemark (41,30 euros), la Belgique (39,10 euros), la Suède (37,40 euros) et le Luxembourg (36,20 euros), mais devant l’Italie (28,10 euros), l’Allemagne (32,20 euros) ou le Royaume-Uni (25,70 euros)".

     La Déclaration : "Taux de chômage en Allemagne : 3,9%. Taux de chômage en France : 10%."

  • Des chiffres exacts, pour France info : Il s'agit des chiffres d'Eurostat pour février. Mais, précisé le média, "l'Allemagne compte environ 22,5 % de travailleurs à bas salaires, contre 8,8 % en France en 2014. Pratiquement le plein emploi en Allemagne, mais au prix fort, celui de la précarité et des bas salaires."

Fiscalité

     La mesure : "Mettre en place un calendrier visant, en l’espace d’une dizaine d’années, à rapprocher la fiscalité sur les entreprises au sein des 19 Etats membres de la zone euro" - Programme électoral

  • "Ambitieux" selon Contexte. "Pour le moment, il n’existe pas de projet pour harmoniser la fiscalité sur les entreprises. Chaque Etat reste libre de fixer le taux qu’il souhaite. Les travaux portent uniquement sur "l’assiette", c’est-à-dire la mise en place de définitions communes sur ce que recoupe l’impôt sur les sociétés, pour éviter que les multinationales utilisent les failles d’un pays à l’autre. Le dossier avance péniblement depuis 2013".

Immigration & Schengen

     La mesure : "Les étrangers doivent respecter des devoirs avant de réclamer des droits. Ils devront attendre 2 ans avant toute prestation sociale", le 15 février au cours d'un discours à Compiègne

  • Risquerait de "rencontrer de nombreux obstacles" selon BFM Business. "Une mesure adoptée en Allemagne, (...), mais qui ne concerne que les étrangers qui cherchent manifestement pas à travailler". En France, une telle mesure pourrait contrevenir au "droit à la santé" et au "principe d'égalité".

     La déclaration : "Les demandeurs d'asile dont la demande apparaîtra manifestement infondée ou qui sont originaires de pays réputés sûrs seront placés en rétention administrative pendant l'examen de leur demande, de manière que leur éloignement soit garanti en cas de rejet de leur demande", le 11 janvier 2017 lors d'un discours à Nice

  • "Juridiquement très infaisable" pour Libération. Sauf à "réformer la loi et à détransposer plusieurs directives européennes". Juridiquement, "le demandeur d'asile a le droit de résider sur le territoire".
  • "Fausse bonne idée" pour L'Opinion. Car la proposition "pose des difficultés juridiques et pratiques". Il faudrait "modifier la loi" alors que celle-ci "transpose des directives européennes". Il faudrait "créer près de 100 000 place de rétention administrative, contre 2 000 actuellement", et "renforcer les moyens de l'OFPRA".
  • "Illégal et irréaliste" selon L'Humanité. "Le droit européen proscrit tout caractère automatique au maintien en rétention".



Pour découvrir l'ensemble de notre couverture des enjeux européens de l'élection présidentielle française, consultez également notre dossier spécial

     La déclaration : "Je propose que chaque année, le Parlement vote un nombre maximum de personnes qu'on pourra accueillir sur le territoire. C'est ce qui se pratique au Canada. Avec les quotas, la question du regroupement familial ne se pose plus" (Europe 1)

  • Ne règlerait "pas vraiment" la question de l'immigration familiale pour Europe 1. S'il est "vrai" qu'au Canada les "quotas sont particulièrement sélectifs" (300 000 personnes pour l'année 2017, dont 40 000 réfugiés maximum), "la Convention européenne des droits de l'homme garantit le droit au rapprochement des conjoints", tandis qu'au nom de la Convention de Genève, on ne peut refouler les demandeurs d'asile en attente d'une décision. C'est un "droit inaliénable" reconnu par le Conseil constitutionnel.

     La déclaration : "Une partie [des demandeurs d’asile] fuient la guerre en Syrie mais l’immense majorité de ces hommes et femmes fuient la pauvreté et viennent de toutes les régions du monde", le 20 mars 2017 lors du débat de TF1

  • "Faux" selon Le Monde. "En 2015, selon les chiffres d’Eurostat (organisme de statistiques européen), plus de la moitié des demandeurs d’asile venaient de pays en guerre tels la Syrie (29,9 %), l’Afghanistan (14,2 %) et l’Irak (9,7 %)".
  • "Faux" selon Libération. "Mais les données d’Eurostat contredisent clairement François Fillon. En 2015, 29% des demandes d’asile de primo-arrivants provenaient de Syriens. Les Afghans représentaient 14% du total et les Irakiens 10%. Plus de la moitié des demandeurs d’asile en Europe venaient donc de pays en guerre".

Institutions

     La mesure : "Structurer et donner une visibilité au pilotage de la zone euro, en créant un véritable gouvernement économique de la zone euro, d’abord au niveau des ministres des Finances" - Programme électoral

  • "Seulement 20 ans de retard" selon Contexte. Cela "existe déjà et s'appelle l'Eurogroupe. Il a été mis en place au même moment que la création de l’euro (1998) et se réunit tous les mois à Bruxelles ou dans la capitale du pays en charge de la présidence tournante de l’UE. En période de crise, c’est au sein de l’Eurogroupe que sont discutés et négociés les plans de sauvetage, conférant à formation un énorme pouvoir politique. En période plus calme, la coordination budgétaire ou le respect des déficits sont des sujets très régulièrement abordés".

Turquie

     La mesure : "Arrêter d’entretenir l’illusion d’une perspective d’une entrée de la Turquie dans l’Union européenne" - Programme électoral

  • "Difficile à appliquer" pour Contexte. "Le Parlement européen a demandé le gel des négociations d’adhésion (lancées en 2005), le 24 novembre 2016, en raison des dérives autoritaires du président turc Recep Tayyip Erdoğan. Ce dernier a vivement réagi, en menaçant de ne plus respecter l’accord de mars 2016 sur les réfugiés. Ankara s’est engagé à enrayer le flux à destination de l’Europe. Si François Fillon affronte la Turquie, le risque de voir éclore une nouvelle crise migratoire existe".