Derniers articles publiés

Fact-checking : le programme européen de Benoît Hamon analysé par la presse française

Actualité 30.03.2017

A l'approche du premier tour de l'élection présidentielle française, qui se tiendra le 23 avril, les propositions des différents candidats s'accumulent. S'agissant des questions européennes, pour y voir plus clair, Toute l'Europe recense l'ensemble du fact-checking réalisé par la presse française.

 

Ici, Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste.

Benoît Hamon

Election présidentielle 2017 : quelle place pour l'Europe ?

Défense et Sécurité

     La déclaration : "Il n'est plus possible que cet effort de guerre qui est fait par les seuls Français soient imputés directement dans le calcul des déficits", le 2 janvier 2017 sur Europe1

  • "Vision erronée", pour Les Echos (le 3 janvier 2017). "Si l'effort français en matière de Défense est indéniable – il représente 1,7 % du PIB national – cela ne fait pas de l'Hexagone le seul soldat vaillant en Europe. Plusieurs pays de la zone euro y consacrent une part plus importante de leur budget", comme la Grèce, l'Estonie ou Chypre.

     La mesure : "Nos moyens de renseignement seront progressivement mutualisés avec la mise en place de task forces multilatérales pour aboutir à une agence de renseignement européenne" (Contexte)

  • "Impossible à appliquer", selon Contexte (le 17 mars 2017). "Pour le moment, aucun pays ne demande ou ne souhaite la création d’un service européen du renseignement. Tous les projets en cours à Bruxelles vont plutôt dans le sens d’une meilleure coordination des moyens et d’une meilleure circulation de l’information via des bases de données communes".

     La déclaration : "La France est le seul pays européen à assurer la dissuasion nucléaire"

  • Pour le moment faux selon Le Figaro. "Le Royaume-Uni dispose également de la dissuasion nucléaire, depuis 1952. Il est vrai que la France sera le seul pays membre de l’Union européenne à posséder la bombe atomique quand le divorce entre Londres et Bruxelles aura définitivement été acté". 

Consultez également notre recensement des fact-checkings concernant :

- François Fillon
- Marine Le Pen
- Emmanuel Macron
- Jean-Luc Mélenchon

Economie

     La mesure : "Mise en commun des dettes publiques des Etats de la zone euro qui dépassent les 60% du PIB" (Le Monde)

  • Difficile à mettre en place, selon Le Monde (le 9 mars 2017). Car il s'agit d'autant de sujets qui ne font pas l’unanimité au sein des pays de la zone euro. François Hollande avait lui aussi plaidé pour un budget de la zone euro et un parlement spécifique".

Emploi et Social

     La déclaration : "En matière de burn-out, nous sommes les derniers. Parce que nous sommes dans le déni, que partout ailleurs on reconnaît l’existence de ces pathologies psychiques liées au travail, elles sont reconnues comme maladies professionnelles. Mais pas en France", le 8 janvier 2017 sur France Inter

  • Faux, selon Libération (le 11 janvier 2017). "En réalité, rares sont les pays à avoir statué définitivement sur le burn-out. Parmi nos voisins européens, nombreux sont ceux pour qui le débat est toujours en cours".
  • Faux, selon Arte (le 17 janvier 2017). "Même s’il est dans son droit d’insister sur cet énorme problème de santé, la France ne se différencie pas de la plupart des autres pays sur la question, et il est donc complètement faux de dire qu’elle est en retard".

     La déclaration : "Aujourd'hui, les jeunes de 18-25 ans ne sont pas éligibles aux minimas sociaux. Alors qu'ils le sont dans beaucoup d'autres pays européens" (Franceinfo)

  • "Plutôt faux", pour Franceinfo (le 16 février 2017). "Il n'y a effectivement pas d'aide généralisée et universelle pour les jeunes Français. Sauf que la moitié des 5,5 millions de 18-24 ans ont malgré tout touché un minimum social pour l'année 2014".

     La déclaration : "Je proposerai un processus de convergence sociale qui débutera par un salaire minimum par pays" (Contexte)

  • "Difficile à appliquer", selon Contexte (le 17 mars 2017). "L’idée n’est pas nouvelle et a déjà été proposée de nombreuses fois, mais aucune règle européenne ne peut obliger un pays à adopter un salaire minimum, tout dépend de la bonne volonté de chacun".

Environnement

     La mesure : Mettre en œuvre un "plan d'investissement de 1 000 milliards d'euros centré sur la transition écologique à destination prioritaire des zones de l’Europe les plus défavorisées" (France Culture)

  • "Impossible sans un nouveau traité", estime France Culture (le 30 janvier 2017). D'autant que cela suggèrerait de "violenter les Allemands pour faire passer cette idée".

Fiscalité

     La déclaration : "Je lutterai contre l'optimisation fiscale en mettant en place une taxe sur les multinationales. Elle accompagnera une refonte du budget de l’Union et de la fiscalité pour sortir de la concurrence et de l’injustice fiscale, mais aussi pour retrouver des marges de manœuvre budgétaires" (Contexte)

  • "Difficile à appliquer", pour Contexte (le 17 mars 2017). "L’UE n’ayant pas de compétences fiscales, elle ne peut créer un impôt s’appliquant dans tous les Etats membres. Elle peut en revanche proposer une harmonisation fiscale, qui doit être adoptée à l’unanimité au Conseil".



Pour découvrir l'ensemble de notre couverture des enjeux européens de l'élection présidentielle française, consultez également notre dossier spécial

Immigration & Schengen

     La déclaration : " La réalité c'est quoi ? S’il y a 200 000 entrées légales d’immigrés en France par an, il y en a plus de 150 000 qui repartent. Nous avons aujourd’hui un solde migratoire qui doit être entre 50 000 et 70 000 personnes", le 20 mars 2017 lors du débat sur TF1

  • "Intox", selon Libération (le 21 mars 2017). "Ce qui est vrai, c’est que le solde migratoire global de la France est de +67 000. On retrouve cette statistique dans le tout frais bilan démographique 2016 de l’Insee en janvier. Mais cette donnée ne nous informe en rien de l’apport de l’immigration. En effet, ce solde migratoire (…), agrège les mouvements des immigrés et ceux des personnes nées en France". Or en 2013 (dernières données disponibles), le solde des nés en France est de -120 000", et "le solde migratoire des immigrés est de +140 000".

Réforme des traités

     La mesure : "Fédéraliser la zone euro et instaurer son contrôle par une assemblée parlementaire composée exclusivement de parlementaires nationaux " (Libération)

  • "Peu de chance d'aboutir", selon Libération (le 9 mars 2017). "Une modification des traités européens pour permettre à la zone euro d’accentuer son intégration a peu de chance d’aboutir, puisqu’il faut que les Vingt-Sept donnent leur approbation unanime. Autrement dit, les dix-neuf pays de la monnaie unique pourraient être bloqués par leurs huit partenaires qui n’ont pas adopté l’euro".
  • Fera "grincer des dents chez les europhiles", selon EurActiv (le 10 mars 2017). Car elle "délégitimise la crédibilité durement acquise du Parlement européen, principal organe démocratique de l’Union européenne actuelle".

     La mesure : Contourner "l'unanimité avec un traité ad hoc conclu entre les seuls membres de la zone euro. Ce traité entrera en vigueur dès qu’il aura été ratifié par la moitié des Etats représentant 70 % de la population de la zone euro, mais seulement entre les Etats qui l’auront ratifié" (Libération)

  • "Bouleverserait le fonctionnement actuel de la zone euro", selon Libération (le 9 mars 2017). "Si l’idée de passer par un traité propre à la zone euro paraît bonne, son articulation avec l’Union actuelle est pour le moins problématique, puisqu’une bonne partie de ses compétences impacte directement la zone euro et inversement. (…). Au fond, on a l’impression que Benoit Hamon n’a pas osé aller jusqu’au bout de son idée : faire de la zone euro un vrai noyau dur et renvoyer les non membres de la zone euro au seul marché unique, ce qui implique la formalisation institutionnelle de deux Europe, l’une puissance, l’autre espace".

Société

     La déclaration : "La voie que je propose s'inspire de ce qui s'est fait au Colorado comme au Portugal. Elle est de légaliser la distribution du cannabis", le 15 janvier 2017 sur BFMTV

  • "Faux pour le Portugal", "vrai pour le Colorado", pour Franceinfo (le 16 janvier 2017). "Depuis 2001, la détention et l'usage de cannabis n'est plus considéré comme une infraction pénale au Portugal. Mais il reste officiellement interdit puisqu'il s'agit d'une infraction administrative. Il est donc dépénalisé et pas légalisé". Tandis qu'au Colorado, il est vrai que "la production, le commerce, la possession et la consommation récréative du cannabis sont légales depuis un référendum populaire en 2012".