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Evelyne Gebhardt : "Nous voulons l'Europe des citoyens, pas celle des marchés"

Actualité 20.05.2009

A l'approche des élections européennes, Touteleurope.fr a interrogé Evelyne Gebhardt, eurodéputée allemande, sur le bilan de la législature 2004-2009 et les enjeux des prochaines élections. Sur la question de la perte de confiance des citoyens dans les institutions, Mme Gebhardt propose un remède simple. "Il faut parler d'Europe !"

L'Eurodéputée - membre du Parti socialiste européen et du SPD, les socio-démocrates en Allemagne - souhaite une politisation accrue des débats au sein du Parlement européen et fait confiance au couple franco-allemand pour continuer à donner des impulsions à l'Union européenne.

 

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Quel est le texte emblématique voté par le Parlement lors de la législature 2004-2009 ?

Vous ne serez pas étonnés que je dise la directive "Services". Nous sommes arrivés à faire quelque chose de très important dans ce domaine là. D'abord faire en sorte que les prestataires de service soient dans la possibilité de proposer leurs services dans toute l'Union européenne mais en même temps à ce que les droits sociaux dans les Etats membres doivent être respectés.


Comment remédier à la crise de légitimité qui semble affecter le Parlement européen ?

 

Nous devons parler de l'Europe tout simplement et de ce que nous faisons. Et bien montrer aux citoyens et aux citoyennes que l'avenir de notre région, c'est l'Europe. Dans la crise financière que nous avons, aujourd'hui, par exemple, les Etats-nations ne peuvent plus régler les problèmes tout seul. Nous devons donner des réponses européennes à la globalisation que nous avons. C'est pas la peine de discuter est-ce que nous la voulons (ndlr : la globalisation) ou est-ce que nous ne la voulons pas, nous l'avons. Donc nous devons donner des réponses communes, sociales, à cette globalisation.


Ne faut-il pas introduire plus de clivages politiques au sein du Parlement européen ?

C'est une chose que nous devons faire dans la prochaine législature, c'est très clair. Nous devons arrêter, ce qui s'est fait assez souvent ces derniers temps,  de finir la législation en première lecture parce que cela empêche la transparence des prises de décision et cela empêche les partis politiques de montrer qu'il y a des points de vue différents sur la politique dans l'Union européenne. Donc nous allons devoir y travailler très clairement pour que les citoyens voient où sont les clivages, ou sont les différences de position. Pour qu'il sache que, le 7 juin au moment de voter, ils décident aussi de quelle politique nous allons avoir à l'avenir. Est-ce que nous avons une politique de libre marché que moi je ne veux pas ou est-ce que nous avons une politique sociale avancée ? C'est à cela que je voudrais travailler par exemple.


Le PSE a-t-il un candidat pour le poste de président de la Commission européenne ?

Nous n'avons pas de candidat pour la Commission européenne parce que, malheureusement, nous avons encore le traité de Maastricht. C'est  au Conseil de proposer quelqu'un. Malheureusement, nous savons déjà que le Conseil va proposer M. Barroso et personne d'autre. C'est pour cette raison que nous avons dit en tant que socio-démocrates très clairement : "notre vote pour M. Barroso n'est pas encore acquis et de loin. Parce qu'il faut d'abord qu'il nous fasse une grosse promesse d'un pacte social pour l'Europe. S il ne le fait pas, il n'aura pas notre voix dans la prochaine législature.


Le couple franco-allemand est-il toujours un moteur pour l'Union européenne ?

Oui, je pense que c'est toujours valable parce que ce sont deux pays qui ont des structures, des traditions très différentes, et si ces deux pays arrivent à se mettre d'accord sur une position alors cela peut créer un engrenage européen qui est très profitable. Et à cela, il faudra travailler parce que malheureusement, en ce moment, ça ne marche pas très bien. Je pense que cela est dû au fait que Mme. Merkel et M. Sarkozy ne s'entendent pas très bien malheureusement. Je pense qu'ils doivent faire tous les deux un effort là-dessus.


Quelle thématique domine la campagne des Européennes en Allemagne ?

La grande thématique, c'est l'Europe sociale. C'est le point d'orgue de notre prise de position. Nous avons dit très clairement que le 7 juin, nous allons avoir une décision vraiment très décisive des électeurs à savoir quel genre d'Europe nous allons avoir à l'avenir. Est-ce que c'est l'Europe des citoyens ou l'Europe des marchés ? Et nous, nous voulons l'Europe des citoyens.


En savoir plus :

Dossier spécial "Européennes 2009" - Touteleurope.fr
Entretien exclusfi avec José Manuel Barroso - Touteleurope.fr