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Européennes : ces "super-scrutins" qui auront lieu chez nos voisins

Actualité 22.05.2019 Marianne Lazarovici

Du 23 au 26 mai, des dizaines de millions d'Européens vont élire leurs eurodéputés. Mais dans sept Etats membres de l'Union européenne, ils s'apprêtent également à choisir leurs maires, leurs conseillers régionaux voire leur président et à s'exprimer par référendum. Toute l'Europe revient sur les enjeux de ces "super-scrutins". 

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Irlande : élections législatives, locales et référendum sur le divorce

Jeudi 23 mai sera une journée chargée pour les électeurs irlandais. En plus de choisir 13 eurodéputés (dont seuls 11 siégeront avant la finalisation du Brexit), ils s'exprimeront par référendum sur la réforme constitutionnelle relative à l'assouplissement des règles du divorce, qui nécessite aujourd'hui une période de séparation de quatre ans. En outre, seront élus pas moins de 949 conseillers siégeant dans 31 instances locales (conseils municipaux ou de comtés) pour un mandat de cinq ans.

Pour le scrutin européen comme local, deux partis de centre-droit sont largement en tête des sondages et se disputent la première place : le Fianna Fáil, affilié à l'ADLE (libéraux) au Parlement européen et le Fine Gail, membre du PPE (conservateurs). Crédités d'environ 7 % des voix, les Verts ont également été remarqués pour leur récente percée dans les intentions de vote.

Belgique : élections législatives et régionales

Dans l'un des rares Etats européens où le vote est obligatoire, les citoyens belges se rendront le 26 mai aux urnes pour choisir à la fois leurs 21 eurodéputés, les 150 députés de la Chambre des représentants (87 pour la partie néerlandophone et 63 pour la partie francophone du pays), et une partie du Sénat. Les Bruxellois éliront aussi leurs 89 représentants du parlement régional.

Ce scrutin revêt une importance particulière puisqu'il s'agira, théoriquement, de la dernière consultation avant quatre ans et déterminera la future coalition gouvernementale, toujours difficile à constituer dans ce Royaume aux divisions régionales très marquées. En Wallonie, c'est le Parti socialiste (PS) qui est annoncé vainqueur. A Bruxelles également, la gauche caracole en tête avec une victoire prévue des écologistes, suivis du PS. En Flandre, région néerlandophone, la droite nationaliste domine avec la Nouvelle alliance flamande (NV-A), aujourd'hui premier parti de la Chambre, mais les Verts y font également une percée. Ces derniers pourraient ainsi se retrouver au centre du jeu pour former une coalition, même si les résultats du scrutin demeurent encore incertains. 

Italie : élections municipales et régionales

Le 26 mai, en sus des 76 députés européens, 17 millions d'électeurs italiens choisiront les maires et conseillers municipaux de 3 865 communes. Tandis que dans le Piémont auront également lieu des élections régionales. Les deux élections les plus récentes dans la région des Abruzzes et en Sardaigne ont permis de dessiner une tendance nette : le recul du Mouvement 5 Etoiles et la forte progression de la Ligue. Un phénomène qui devrait, selon les sondages, se renforcer lors des prochains scrutins. Même si, dans le Piémont, le Parti démocrate, de centre-gauche, devrait pouvoir difficilement se maintenir à la présidence de la région, face à la coalition de droite qui réunit notamment la Ligue et Forza Italia.

Allemagne : élections municipales

Toujours le 26 mai, les Allemands éliront 96 eurodéputés. Mais à l'instar de leurs voisins italiens, ils se rendront également aux urnes pour les élections municipales dans 10 des 16 Länder (régions) qui composent la république fédérale. Dans ce pays où le sentiment d'appartenance à l'Europe est très marqué, le fait de tenir plusieurs scrutins le même jour permet d'augmenter le taux de participation. Dans la plupart des régions comme le Bade-Wurtemberg, la Poméranie, la Sarre, la Saxe, la Saxe-Anhalt, la Rhénanie, et à Brême, la CDU (droite conservatrice) devrait arriver en tête.

Lituanie : second tour de l'élection présidentielle

Outre l'élection de leurs 11 eurodéputés, les citoyens lituaniens se rendront également aux urnes, le 26 mai, pour le second tour de leur élection présidentielle. Celui-ci oppose la conservatrice Ingrida Šimonytė, ancienne ministre des Finances, et Gitanas Nausėda, économiste indépendante et novice en politique. Malgré les pouvoirs limités du président lituanien en matière de politique intérieure, la question de la justice sociale demeure l'un des thèmes majeurs de l'élection. Notons l'élimination des candidats vert et des social-démocrate au premier tour alors que ces deux partis devraient bien figurer lors du scrutin européen, d'après les sondages. En ce qui concerne le second tour, les observateurs estiment que Gitanas Nauséda devrait l'emporter.

Roumanie : référendum sur la justice

Organisé à la demande du président roumain, le référendum du 26 mai portera sur la réforme controversée de la justice voulue par le gouvernement social-démocrate, par ailleurs eurosceptique. Touchée par des scandales de corruption, la gauche propose dans sa nouvelle législation de corriger les "abus" des magistrats, ce que la droite europhile du président Klaus Iohannis considère comme une "attaque contre le système judiciaire". Le 26 mai prochain, les citoyens roumains se prononceront donc pour ou contre l'amnistie de personnes condamnées pour corruption, ainsi que sur la possibilité pour le gouvernement de mettre en œuvre des ordonnances d'urgence pour réformer la justice. Pour les commentateurs, l'issue du référendum sera éminemment politique et marquera le désaveu du président ou bien celui du gouvernement.

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Espagne : élections municipales

Moins d'un mois après les élections générales, les Espagnols sont rappelés aux urnes dimanche 26 mai pour les élections municipales et européennes. Jalonnée de rendez-vous électoraux, l'année 2019 est donc importante dans la vie politique espagnole. Le Parti socialiste (PSOE) est donné en tête, suivi de près par le Parti populaire (PP). Ciudadanos, parti de droite libérale et soutien de Manuel Valls qui brigue la mairie de Barcelone, est pour le moment annoncé troisième dans le pays. Dans la capitale catalane, l'ancien Premier ministre français est pour l'heure distancé par les indépendantistes dans les intentions de vote, tandis qu'à Madrid la victoire devrait revenir au parti de gauche radicale de la maire sortante.

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