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Europe et Migrations à Lyon : Renforcer les moyens des associations et mieux communiquer

Actualité 18.10.2018 Christophe Préault

Une centaine de personnes a assisté au Dialogue citoyen, labellisé consultation citoyenne, à Lyon : "Europe et Migrants : Quelle Hospitalité ?". Un débat passionné, au cours duquel le travail local des associations a été mis en évidence en regard des actions de la Commission européenne.

Europe et Migrations à Lyon : Renforcer les moyens des associations et mieux communiquer

Dialogue citoyen "Europe et migrants : quelle hospitalité ?", le 13 octobre à Lyon

L'immigration sera sans aucun doute l’un des principaux thèmes de la campagne des élections européennes le 26 mai prochain. Un sujet qui divise notre société, oppose les Etats membres et génère beaucoup de discussions et propositions. Et suscite de l'intérêt ! Une centaine de personnes a ainsi participé au Dialogue citoyen, samedi 13 octobre à Lyon, organisé par le groupe La Vie Nouvelle de Lyon-Saint-Etienne et la Maison des Européens de Lyon. "Europe et migrants : quelle hospitalité ?" était le thème de cet après-midi de réflexions et débats, aux côtés d'Isabelle Jegouzo, cheffe de la représentation en France de la Commission européenne à Paris et Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie Les Verts.

En préambule, toutes les deux ont répété que la politique migratoire de l’Union européenne était un enjeu majeur et que "le droit d’asile, valeur fondamentale de l’UE, devait être protégé et maintenu". Comme une profession de foi, en réponse aux nombreuses interrogations de la salle et de la grande humanité exprimée par chacun des participants, dont beaucoup engagés dans des associations défendent le principe d'un accueil pour tous : "Comment ne pas opposer les uns aux autres ?", "Comment financer plus d'hébergements ?", "Comment garantir les droits ?"... 

30 jours pour comprendre l'UE "Quelle politique migratoire ?"

Chacun selon son histoire

Au cours de cette journée lyonnaise, quatre ateliers de réflexion ont permis de dégager des propositions et des thèmes de discussion, parmi lesquels l’accompagnement des demandeurs d'asile, l'organisation de cours de langues, le délit de solidarité, l'aide à l'Afrique ou encore la gestion les mineurs isolés.

"Beaucoup de questions divisent les états membres", déplore Isabelle Jégouzo. "Des accords ont déjà été trouvés : l’harmonisation des conditions d’accueil, la création d’une agence pour l’asile à Malte, le renforcement des compétences de Frontex ou encore des actions pour la réinstallation des personnes dans leur pays. Mais les avis divergent sur l'établissement d'un régime d'asile européen commun".

"La gestion des migrants est perçue différemment selon les Etats", explique Michèle Rivasi. "Chacun selon son histoire. Ce n’est pas l’Europe qui bloque, mais bien les Etats ! Mais il est impératif de trouver des solutions, d’autant que le problème va s'amplifier avec le réchauffement climatique qui va entraîner d'énormes mouvements de populations...".

Participants au dialogue citoyen "Europe et migrants : quelle hospitalité ?", le 13 octobre à LyonParticipants au dialogue citoyen "Europe et migrants : quelle hospitalité ?", le 13 octobre à Lyon

Les flux sont régulés

Dans la perspective des élections européennes, de nombreux auditeurs ont exprimé la crainte "d'une diabolisation des migrants". "Comment faire pour que ce sujet n'occulte pas le débat ?", interpelle ainsi Patrick. En réponse, Isabelle Jégouzo tient à rétablir la vérité sur les chiffres pour contredire l'idée d'un "grand envahissement". "L’Union européenne a réussi à réguler les flux migratoires, les arrivées de migrants ont baissé de 83% entre janvier 2015 et décembre 2017. Aujourd'hui, nous retrouvons les flux d'avant la crise. Les dispositifs mis en place fonctionnent, notamment en Grèce et en Italie".

"L’Europe n’est pas submergée par les arrivées de demandeurs d’asile, comme on peut l’entendre trop souvent", poursuit Michèle Rivasi. "Il faut reconnaitre que la Commission et le Parlement ont fait le job !".

Déléguer aux collectivités locales

Autres souhaits évoqués par les auditeurs : de meilleures conditions d’accueil pour les demandeurs d’asile et pour les réfugiés, des aides à l’intégration, un accès au travail et un soutien aux citoyens et aux associations. "Je pense, estime Alain, que l'Etat doit déléguer aux collectivités locales l'accueil et l'intégration des migrants. Elles sont les mieux placées pour faire de la pédagogie auprès des habitants et organiser un parcours d'accompagnement réussi".

"Il faut aider l’intégration des migrants à l’intérieur de chaque Etat", reprend Isabelle Jégouzo. "Pour cela les fonds destinés à l’asile vont passer de 6 à 10 milliards d’euros. L’Europe agit également à ses frontières : Frontex va voir ses effectifs renforcés, et les aides passeront de 4 à 18 milliards d’euros. Enfin, l’Europe agit à l’extérieur : grâce à une collaboration avec les Etats tiers, nous pourrons mettre en place une alternative à la migration, en développant par exemple les conditions d'un maintien économique des populations dans certaines régions d'Afrique".

Réforme de la politique migratoire : où en est-on ?

Pour contrecarrer le discours national ambiant, certains participants avancent l'idée de mieux communiquer sur "les expériences d’intégration réussies. Il y en a beaucoup ! Il faut valoriser le rôle des associations, des citoyens et des collectivités territoriales. Dans certains Etats, on crée et on entretient la peur de l’autre, de l’étranger. L’Union européenne doit faire face à ces contrevérités".

Le savoir-faire des associations en termes d'accueil et d'accompagnement est reconnu. Le faire savoir pour communiquer sur les "belles histoires" est un enjeu crucial. Avec celui des moyens mis à disposition.