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Europe 2020 : des initiatives pour l'emploi

Synthèse 27.08.2013

En mars 2010, la Commission européenne a présenté sa stratégie sur dix ans, destinée à relancer l'économie européenne. Intitulée Europe 2020, celle-ci réforme et prolonge la précédente stratégie de Lisbonne par une gouvernance plus étroite au sein de l'Union. Concrètement, l'Union européenne a fixé cinq objectifs ambitieux à atteindre d'ici 2020 en matière d'emploi, d'innovation, d'éducation, d'inclusion sociale et d'énergie. Dans le domaine de l'emploi, l'objectif est d'atteindre un taux d'emploi de 75 % pour la population européenne âgée de 20 à 64 ans.

Pôle emploi

Jeunesse en mouvement

Lancée en 2010 par la Commission européenne, "Jeunesse en mouvement" est un ensemble d'initiatives politiques destinées à l'éducation et l'emploi des jeunes Européens. En coordination avec les Etats membres, l'initiative doit soutenir l'un des objectifs principaux de la "stratégie Europe 2020" : un taux d'emploi de 75%.

La crise du marché de l'emploi s'installe. En avril 2013, 19,37 millions d'Européens se retrouvaient au chômage (12,2%). Les jeunes sont les plus affectés par le chômage avec 3,62 millions de sans-emploi de moins de 25 ans (24,4%). En Grèce, le chômage atteint 62,5% des jeunes,  record de la zone euro (56,4% en Espagne, 45% en Italie, 42,5% au Portugal).

Afin de remédier à la crise de l'emploi, "Jeunesse en mouvement" soutient les jeunes dans l'acquisition de connaissances, de compétences et d'expériences professionnelles pour faciliter leur insertion sur le marché du travail.  

L'initiative doit ainsi permettre d'adapter l'éducation et la formation des jeunes aux besoins du marché. Elle encourage également le suivi d'études et de formation à l'étranger proposé par les programmes européens Erasmus, Leonardo de Vinci, Grundtvig et Marie-Curie, une expérience appréciée des recruteurs. Une mobilité soutenue par la Commission européenne qui  continue d'attribuer des bourses aux jeunes volontaires. L'objectif : ramener le taux d'abandon scolaire de 15% à 10% et accroître le nombre de diplômés de 31% à 40% d'ici 2020.

Dix actions prioritaires ont été déterminées. Parmi ces mesures, la Commission européenne soutient la "garantie pour la jeunesse". L'exécutif européen invite ainsi les Etats membres de l'UE à mobiliser les services de l'emploi pour assurer à chaque jeune un complément de formation, un apprentissage, un stage ou un emploi dans un délai de quatre mois suivant leur sortie du système scolaire.

Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois

De la même manière que l'initiative "Jeunesse en mouvement", la "stratégie des compétences nouvelles et des emplois" vient soutenir l'un des objectifs principaux de la stratégie Europe 2020 : un taux d'emploi des 20-64 ans porté à 75 % d'ici 2020.

Le marché du travail tel qu'actuellement conditionné est imparfait. Afin d'en améliorer l'efficacité, l'initiative propose de soutenir l'emploi par des politiques de "flexicurité" définies en concertation avec les partenaires sociaux.

Combinant la flexibilité (ex. : réduction des coûts de licenciement) et la sécurité de l'emploi (ex. : versement d'un revenu entre deux emplois, éducation et formation tout au long de la vie) la flexicurité concilie les attentes du patronat et des employés afin de réguler au mieux le marché du travail. Les résultats positifs de la croissance et de l'emploi obtenus par les Etats membres ayant joué la carte de la flexicurité (ex. : chômage partiel subventionné) pour faire face à la crise, garantissent à la Commission européenne son efficacité.

L'inadéquation entre l'offre et la demande sur le marché du travail persiste. Afin de trouver le bon équilibre, l'initiative propose d'adapter les qualifications de la main-d'œuvre aux demandes des employeurs. Afin de soutenir des branches professionnelles compétitives et porteuses de croissance, l'initiative suggère d'adapter les formations et système d'éducation aux nouvelles demandes du marché. Les secteurs des technologies vertes, de la santé et de l'aide sociale sont notamment concernés.

Soutenant les Etats membres dans leurs démarches, l'initiative entend bien permettre aux citoyens de l'UE, y compris les personnes au chômage de courte ou longue durée, de se présenter sur le marché du travail, forts de compétences et formations conformes aux attentes des secteurs d'avenir.

En période de crise, il s'avère également essentiel de soutenir les entreprises. En ce sens, l'initiative suggère aux Etats membres de l'UE de mettre en place des mesures incitatives en faveur de la création d'entreprise et des établissements qui embauchent : suppression des contraintes administratives, diminution des coûts non salariaux, etc.

Si la concrétisation de ces mesures relève de la responsabilité des Etats membres, l'Union européenne mène à cet effet plusieurs actions concrètes, dont un soutien financier octroyé par le Fonds social européen (FSE) et le programme pour l'Education et la formation tout au long de la vie.