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Eurobaromètre de printemps : net fléchissement du moral des Français

Actualité 25.06.2008

La vague 69 de l'Eurobaromètre sur l'opinion publique dans l'Union européenne, publiée aujourd'hui, a été réalisée entre mars et mai 2008. Après les bons résultats enregistrés lors de la vague précédente, elle traduit un retournement du  moral des Français sur les questions économiques, qui a des répercussions sur leur attitude à l'égard de l'UE.

Le pouvoir d'achat : source d'inquiétude n° 1 pour les Européens

Première constatation : le pouvoir d’achat prend la tête des préoccupations des Européens. Cité par 37 % des sondés, cet item enregistre une hausse de 21 points en deux ans. Il y a donc désormais plus d'Européens inquiets face à la hausse des prix que face au chômage ou à l'immigration. En France, l'inflation est même citée par plus de la moitié des personnes interrogées (51 % d'entre elles).

Le sujet est encore plus présent en Autriche (54 %) mais les prix sont aussi au premier plan chez les Belges (48 %), les Allemands (44 %) et les Italiens (44 %), qui citent le pouvoir d'achat avant tout le reste. L'Europe du Nord semble moins affectée par ce phénomène puisque moins de deux personnes interrogées sur dix au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède le placent en première position.

Sale temps en vue pour l'économie

Concernant la situation économique de leur pays, la plupart des Européens (46 %) estiment que les douze mois à venir seront moins bons que les douze derniers. Si les pronostics économiques sont particulièrement pessimistes au niveau national, ils le sont un peu moins pour l’Union européenne : seulement 26 % des sondés pensent que la situation sera plus mauvaise que l'année passée.

Les Français sont plus inquiets que la moyenne européenne : 57 % s’attendent à un avenir moins florissant. Ce changement rompt avec le regain d’optimisme enregistré quelques mois après l’élection présidentielle de 2007. Alors que moins de la moitié des Européens (45 %) estime que "les choses vont dans la mauvaise direction dans leur pays", près de deux Français sur trois sont de cet avis (61 %). Seuls les Italiens, les Britanniques et les Hongrois les dépassent.

Ce constat plutôt négatif est conforté par le fait que 63 % des Français sondés pensent aux délocalisations lorsqu'ils entendent le mot "mondialisation", contre seulement 41 % de l'ensemble des Européens, soit un écart de 22 points.

L'appartenance à l'UE fait moins recette

Autre signe du pessimisme actuel des Français : au printemps 2008, leur attachement à l’UE recule, alors que depuis deux ans on observait le mouvement inverse. La moitié (48 %) des Français interrogés considère que l’appartenance de la France à l’Union est une bonne chose (contre 60 % mi -2007). Un tiers pense que ce n’est ni un bonne, ni une mauvaise chose et 17 % une mauvaise chose. La part de ceux qui estiment que la France a bénéficié de son appartenance à l’UE a également diminué pour s'établir à 49 %.

Quant au crédit des institutions politiques nationales, il enregistre lui aussi une baisse. Les Français font peu confiance à leur parlement (35 %) et à leur gouvernement (28 %). Ce dernier jugement se situe néanmoins dans la moyenne européenne. 32 % du total des personnes interrogées sont ainsi confiantes dans leur gouvernement, avec toutefois d'importants écarts entre les Lituaniens, Lettons et Hongrois (dont moins de 20 % accordent leur confiance à leurs dirigeants) d'une part et les Danois, Néerlandais et Suédois (entre 40 et 55 %) de l'autre.
 
On remarque finalement que beaucoup de Français (86 %) considèrent que la voix de la France compte dans l'Union européenne, ce qui contraste avec les autres pays européens : moins de deux Européens sur trois (61 %) sont de cet avis pour leur propre pays.

Enquête réalisée en face à face auprès d'échantillons de population âgée de 15 ans et plus, constitués selon la méthode aléatoire. 1 000 Français ont été interviewés, sur un total de 30 000 entretiens.

En savoir plus :

Résultats complets de l'étude (pdf)