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Etienne de Poncins : "Le traité de Lisbonne est une étape importante, mais ce n'est pas la fin de l'histoire."

Actualité 11.03.2008

Etienne de Poncins, Ambassadeur de France en Bulgarie, est un spécialiste reconnu des questions institutionnelles européennes. Seul Français membre du Secrétariat de la Convention européenne, il a travaillé aux côtés du Président Giscard d'Estaing tout au long de la Convention européenne. Il est l'auteur d'un ouvrage intitulé "Le traité de Lisbonne en 27 clés" qui permet de mieux comprendre le nouveau traité.

Signé le 13 décembre 2007 par les chefs d'Etat ou de gouvernement, le traité de Lisbonne doit à présent être ratifié par les 27 Etats membres afin d'entrer en vigueur le 1er janvier 2009. La Hongrie est le premier Etat membre à avoir ratifié le traité  le 17 décembre 2007. La France l'a ratifié par voie parlementaire le 14 février 2008.

Dans cet entretien accordé à Touteleurope.fr, Etienne de Poncins explique avoir rédigé un ouvrage en 27 clés, afin que "le lecteur [puisse] aller directement au thème qui l'intéresse le plus", tout en ayant à cœur de "faire œuvre de pédagogie" et d'éviter un ouvrage trop "rébarbatif" sur le traité. Expliquer au plus grand nombre ce nouveau traité, son origine et le long processus depuis Nice jusqu'au traité de Lisbonne, tel est l'objectif de ce spécialiste des questions institutionnelles européennes.


 

 

 

Le traité de Lisbonne est "l'aboutissement des réformes institutionnelles que l'Union attend depuis très longtemps."

Rejetant dans son ouvrage l'expression de "mini-traité" car "à l'évidence, le traité de Lisbonne n'en est pas un", il analyse ce traité comme l'aboutissement des "réformes institutionnelles que l'Union attend depuis très longtemps".

Sur les réformes en elles-mêmes, Etienne de Poncins s'attarde sur la Présidence fixe du Conseil, considérant que c'est une réforme "phare" et qu'il s'agit du "plus emblématique" des changements apportés par le nouveau traité.

Selon l'auteur, les trois têtes de l'Union européenne que sont le Président de la Commission européenne, celui du Conseil et le Haut représentant, pourront travailler en harmonie. "Chacun aura sa place, il n'y a pas trop d'inquiétude à avoir" explique-t-il, en insistant sur le fait que "la pratique est plus importante que les textes" et qu'il est temps de "passer au fonctionnement concret".

Etienne de Poncins voit, en effet, le traité de Lisbonne comme la fin "d'un cycle qui a pris une énergie considérable", celui de la réforme institutionnelle et des nombreux débats engendrés. Aujourd'hui, "il faut se concentrer sur ce qui intéresse vraiment les gens parce que les questions institutionnelles n'intéressent que les spécialistes mais pas le grand public", qui lui se préoccupe des politiques elles mêmes.

En cela, le traité de Lisbonne est également un point de départ et "la Présidence française de l'Union européenne devra être le coup d'envoi de cette réorientation du projet européen vers les politiques".

Interrogé sur les similitudes avec le traité instituant une Constitution pour l'Europe, l'auteur répond que le "traité de Lisbonne n'est ni tout à fait la Constitution européenne, ni tout à fait autre chose". Il conclu en qualifiant le nouveau texte de "traité ordinaire", qui suit d'autres traités et qui sera sans doute suivi par d'autres. "C'est une étape importante, mais ce n'est pas la fin de l'histoire".