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Et toi, combien tu paies ta banque?

Actualité 06.10.2009

Mardi 22 septembre, la Commission européenne a publié une étude comparative sur la tarification bancaire. Une étude qui révèle l'opacité des informations. Les commissaires Meglena Kuneva et Charlie McCreevy ont expliqué qu'une telle situation était préjudiciable à la fois aux consommateurs et au marché intérieur, deux domaines dont ils ont respectivement la charge. Sur fond de crise économique et financière, ce rapport, qui révèle le double jeu des banques, est loin d'être une bonne publicité pour le secteur. 

Pour l'élaboration de ce rapport, 224 banques ont été auditées dans les 27 Etats membres, pour couvrir en moyenne 81 % du marché de l'Union européenne, soit un bon échantillon.

Sur cet échantillon, les résultats ne sont, en revanche, pas fameux. L'opacité des tarifications appliquées par les banques et la mauvaise qualité des informations qu'elles livrent à ce sujet sont les deux conclusions à retenir de l'enquête. Une coïncidence malheureuse qui laisse immédiatement soupçonner les banques de pratiques commerciales déloyales.

Le grand écart des frais bancaires en Europe


Cependant, il y a une bonne nouvelle : ce n'est pas partout pareil ! Le rapport conclut effectivement à une grande disparité des tarifications entre les Etats membres. Les écarts sont même énormes : l'idéal pour un client moyen étant d'habiter en Bulgarie, où il paierait 27 euros de frais bancaires par an et le pire étant définitivement de résider en Italie, où ce même client débourserait 258 euros.

Avec ses 104 euros de frais annuels en moyenne, sans agios, la France se place à la quatrième place des mauvais élèves de l'Europe, derrière l'Italie, l'Espagne et la Lettonie. L'écart devient abyme quand on passe à un utilisateur intensif, qui se voit facturer 28 euros en Bulgarie, contre 831 euros en Italie.

Mais ces comparaisons inciteraient les clients à se renseigner sur leurs propres comptes et éventuellement à constater qu'ils paient trop, que cela ne changerait rien…

Le comportement des banquiers et des consommateurs remis en cause


La seconde conclusion de l'enquête montre effectivement que les informations précontractuelles sont incompréhensibles et insuffisantes.  Les informations en ligne sur les tarifs sont incomplètes. Dans deux cas sur trois, il faut contacter les banques pour obtenir des informations, qu'elles sont peu disposées à fournir. Les enquêteurs ont témoigné de la réticence des banques à communiquer par écrit sur les tarifs.  


Mais la responsabilité des consommateurs n'est pas complètement épargnée par le rapport. Seuls 9% d'entre eux changent de banque chaque année, ce qui est tout autant préjudiciable pour les prix selon la Commission. Cette frilosité des consommateurs n'encourage pas à la concurrence, ni à la baisse des prix. Les comportements de tous les acteurs sont donc à revoir.

La Commission en colère


Même si ce classement ne ravit pas tout le monde, la Fédération bancaire française contestant les résultats, il est révélateur d'un réel dysfonctionnement et la Commission a décidé de prendre les choses en main.

Dans un premier temps, l'exécutif européen a déjà menacé d'ouvrir des procédures d'infraction contre les Etats membres qui permettent encore aux banques de fournir des informations incomplètes ou incompréhensibles aux consommateurs. Il est notable que des textes européens interdisant les pratiques commerciales déloyales existent déjà et qu'il faut seulement veiller à leur application.



Par ailleurs, la Commission va enrichir ces textes d'outils pour faciliter le changement de comptes bancaires afin que le consommateur ait définitivement toutes les cartes en main.


Ce dossier bien entamé n'est donc pas prêt d'être clos, sans compter que la liste des dysfonctionnements dans les services financiers est longue. L'ouverture transparente des services financiers et leur régulation en Europe : sûrement, mais doucement !