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Et si le gaz russe venait à manquer ?

Actualité 27.10.2006

The coming of the Russian gas deficit : consequences and solutions, par Alan Riley
CEPS - Policy Brief n°116 - 27/10/06
(en télechargement libre)


Dans cette étude du CEPS, Alan Riley, professeur à la City Law School de Londres, revient sur la crise du gaz qui a opposé la Russie à l'Ukraine en janvier 2006. Alors que les dirigeants européens et les médias ont concentré leur attention sur la menace politique de coupure de gaz par la Russie, l'auteur affirme que le véritable enjeu réside dans la capacité de la Russie à fournir suffisamment de gaz pour les marchés russe et européen.

Malgré les capacités colossales de la Russie (26 % des réserves mondiales), Alan Riley démontre que celles-ci pourraient s'effondrer d'ici à 2010. Cette thèse du "déficit de gaz", défendue par un ancien membre du ministère russe de l'énergie, se fonde sur deux arguments majeurs : d'une part, l'épuisement d'un des plus grands gisements du pays, d'autre part, le manque d'investissements de Gazprom dans le développement de nouveaux gisements.

Les conséquences seraient particulièrement sévères pour la Russie et pour de nombreux Etats européens. Pour les Pays d'Europe centrale et orientale, fortement dépendants du gaz russe, cette pénurie ralentirait la croissance économique et retarderait l'adoption de l'euro. Premier investisseur européen, l'Allemagne subirait les plus violentes conséquences de cette pénurie de gaz. De manière générale, c'est l'ensemble de l'économie européenne qui subirait des perturbations.


Pour Alan Riley, ces perspectives doivent inciter à des changements stratégiques allant dans le sens d'une libéralisation des marchés, afin de créer "un vaste marché unique de l'énergie entre l'UE et la Russie". Un traité sur l'énergie est, selon l'auteur, également nécessaire pour encourager et sécuriser les investissements. L'UE doit enfin se doter d'une voix commune pour les questions énergétiques extérieures.