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Espagne et Portugal fêtent un 25è anniversaire … sous le signe de l’incertitude

Actualité 12.06.2010

Aujourd’hui, le Portugal et l’Espagne célèbrent un anniversaire important : les 25 ans de leur intégration au club européen. Une adhésion complexe qui a aidé les deux pays du sud de l'Europe à retrouver la démocratie après des années de dictatures. Mais qu’en est-il de leur histoire post-adhésion ?

Une intégration laborieuse

Année 1977 : le Portugal et l’Espagne posent leur candidature pour intégrer la Communauté Economique Européenne. De la sorte, ils souhaiteraient se remettre d’une dictature qui a duré des décennies et reconstruire un régime démocratique.

 

Les négociations pour l’adhésion ne commencent qu’en 1979 et elles seront longues. Certes, les Etats parties au club des Dix sont conscients que l’adhésion des deux pays ibériques représenterait un avantage politique important, puisqu'elle contribuerait à la stabilisation des régimes démocratiques en Europe.

 

Cependant, avant de parvenir à la signature d’un accord d’adhésion, il va falloir attendre encore 6 ans, certains pays de la Communauté étant plutôt sceptiques par rapport à la perspective d’adhésion de l’Espagne et du Portugal.

 

Les raisons ? Cet élargissement au sud-ouest aurait pu remettre en question les équilibres concurrentiels établis au sein de la CEE, en raison de la solidité du textile portugais, des produits sidérurgiques espagnols et plus particulièrement des produits agricoles en provenance de la région.

 

En raison d’une économie qui misait beaucoup sur l’agroalimentaire, la France et l’Italie figuraient parmi les pays les plus réticents.  

 

Par ailleurs, à cette époque la CEE avait également établi des accords avec le Maroc, la Tunisie et l’État d’Israël, régulant la commercialisation des produits agricoles respectifs, dans l’ensemble des territoires de la Communauté.

 

L’élargissement au sud-ouest entraînait ainsi de véritables inquiétudes relatives à la possibilité de la part de la Communauté de devoir gérer des excédents de vins et d’autres produits. Pour cette raison la France était parvenue à proposer que la CEE se lie aux deux pays candidats par un simple accord d’association.

 

Cependant, le 12 juin 1986, l'Espagne et Portugal sont intégrés à la Communauté et entreprennent dès lors leur parcours européen.

 

La modernisation et la crise

Les deux pays s’apprêtent à ouvrir un chapitre tout nouveau de leur histoire nationale. A partir de ce moment, le mot clé est “modernisation“. La priorité : restructurer le secteur des transports. 2.300 km d'autoroutes sont ainsi construits au Portugal, près de 11.000 km en Espagne … et également des trains à grande vitesse, des aéroports, des métros.

 

Cela a des répercussions importantes sur la circulation des capitaux dans la région, ce qui entraîne également la naissance de multinationales conquérantes, notamment en Espagne.

 

Au Portugal, le PIB par habitant en parité de pouvoir d'achat est passé de moins de 7.000 euros en 1986 à 19.000 euros en 2008 – égal à 76% de la moyenne de l'UE à 27. Et de 7.950 euros à 23.874 euros – soit 103% de la moyenne UE – en Espagne.

 

Mais la crise financière, couplée à l’éclatement de la bulle immobilière espagnole en 2008, a eu des effets délétères sur la totalité du système économique, le déficit s’élevant en 2009 autour de 11% du PIB et le taux de chômage bondissant à 20% de la population active, ce qui représente le double de la zone euro.

 

De surcroît, par la constante remise en question des notes de crédit respectives, les agences de notation participent, quant à elles, à alimenter la méfiance de marchés et, par conséquent, au déclin de deux pays qui sont obligés à choisir la voie de l’austérité. Ainsi, la situation économique de la péninsule ibérique se traduit, a fortiori, par un manque de compétitivité et des faibles perspectives de croissance.

 

Cependant, selon les autorités de la région, les noces d’argent avec l’UE méritent des célébrations dignes de ce nom. Pour cette raison le Portugal et surtout l’Espagne, qui détient actuellement la Présidence tournante de l’UE, ont organisé des évènements de haut niveau qui se dérouleront à la présence de prestigieuses personnalités des instituions, à l’instar de  José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne.