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Emploi des jeunes

Synthèse 07.08.2017

En mars 2017, 3,9 millions de jeunes Européens (hors étudiants) n'avaient pas d'emploi en Europe. Démographie, précarisation, multiplication des stages non rémunérés, départs à la retraite plus tardifs, …les raisons du chômage des jeunes sont multiples. Pour y remédier, l'Union européenne a fait de la lutte contre le chômage des jeunes une priorité absolue.

Le Paquet emploi jeunes

En 2011, la Commission européenne a adopté l'Initiative sur les perspectives d’emploi des jeunes, qui appelait à renforcer les partenariats entre la Commission et les Etats membres, notamment pour ceux qui présentent les plus forts taux de chômage des jeunes.

En 2012, le Conseil de l'UE a transmis à la plupart des pays membres des recommandations spécifiques sur les moyens de lutter contre le chômage des jeunes. Adoptées par le Conseil des ministres de l’UE sur la base des propositions de la Commission, les recommandations par pays sont un instrument de coordination destiné à renforcer la gouvernance ainsi que la coordination des politiques économiques au niveau de l’UE dans le contexte de la stratégie Europe 2020.

Europe 2020

Lancée en 2010 par la Commission européenne, "Jeunesse en mouvement" propose un ensemble d'initiatives politiques destinées à l'éducation et l'emploi des jeunes Européens. En coordination avec les Etats membres, l'initiative doit soutenir l'un des objectifs principaux de la "stratégie Europe 2020" : un taux d'emploi de 75%.

En savoir plus

Le 5 décembre 2012, la Commission européenne a proposé de nouvelles mesures pour aider les Etats membres à lutter contre l'exclusion sociale des jeunes en assurant à ceux-ci des offres d’emploi, d’enseignement ou de formation.

Les mesures du "Paquet emploi jeunes" ont plusieurs objectifs :

  • Faciliter la transition entre l'école et la vie professionnelle grâce à des dispositifs de garantie permettant aux moins de 25 ans de recevoir une offre de qualité en matière d'emploi, de formation complémentaire, d'apprentissage ou de stage, dans les quatre mois suivant la sortie du système scolaire ou la perte d'emploi ;
  • Faire en sorte que les stages permettent d'acquérir une expérience professionnelle d'un niveau de qualité élevé, dans le respect des conditions de sécurité ;
  • Améliorer la qualité et l'offre des formations en apprentissage ;
  • Offrir aux jeunes davantage de possibilités de travailler et de se former à l'étranger.

Pour faciliter le passage de l’école au monde du travail, ce "Paquet" comporte également un document de consultation des partenaires sociaux européens sur un cadre de qualité pour les stages, le but étant que les jeunes puissent acquérir une expérience de travail de qualité dans des conditions sûres.

La Garantie européenne pour la jeunesse

En 2012, à l'initiative de la France et de l'Allemagne, un "New Deal" européen pour la jeunesse et l'emploi des moins de 25 ans est lancé. Les pays de l'Union européenne s'engagent notamment à mettre en place une Garantie européenne pour la jeunesse. Son but est de garantir à chaque jeune au chômage l'accès à un emploi de qualité, une formation, un contrat d'alternance ou un stage dans les quatre mois suivant le début de sa période de chômage ou de sortie de l'enseignement formel.

Afin d'accélérer la mise en place de la Garantie pour la jeunesse, l'Union européenne met en place en 2013 l'Initiative pour l'Emploi des Jeunes (IE), instrument financier destiné à soutenir les réformes dans les Etats membres. Abondée par l'IEJ, la Garantie pour la jeunesse dispose d'un budget de 6,4 milliards d'euros pour la période 2014-2020. La Commission européenne a proposé en septembre 2016 d'élever ce budget à 8,4 milliards d'euros. Ces financements s'adressent aux régions qui enregistraient un taux de chômage des 15-24 ans supérieur à 25% en 2012. Pour les Etats membres dans lesquels le taux de chômage des jeunes a augmenté de plus de 30% en 2012, les régions qui enregistraient un taux de chômage des jeunes supérieur à 20% en 2012 sont également éligibles. En France, l'IEJ concerne ainsi les régions et départements suivants : Aquitaine, Auvergne, Centre, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Mayotte, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Seine-Saint-Denis. La Banque européenne d'investissement est également mise à contribution pour financer et subventionner les entreprises embauchant des jeunes décrocheurs. 

Chiffres clés

Le taux de chômage des jeunes représente plus du double du taux de chômage global : 19% contre 9% (août 2016). Les variations d'un pays à l'autre sont importantes, la Grèce enregistrant le taux de chômage des jeunes le plus élevé d'Europe en mars 2017 (48%) et l'Allemagne le plus bas (6,7%). Le chômage de longue durée bat par ailleurs des records parmi les jeunes. Depuis janvier 2014, la Garantie pour la jeunesse a accompagné 16 millions de jeunes Européens. Près des deux tiers des jeunes qui ont bénéficié de cette aide en 2015 ont ensuite accepté une offre d'emploi, de formation, de stage ou d'apprentissage. 

La France s'est attelée à la mise en œuvre de la Garantie européenne pour la jeunesse au niveau national à travers la "Garantie jeunes". Ce dispositif fait partie du Plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale adopté en comité interministériel le 21 janvier 2013. Destinée aux jeunes de 16 à 25 ans sans formation et sans emploi ou en risque de rupture sociale, la Garantie jeunes a d'abord été expérimentée dans 10 départements pilotes avant d'être étendue à l'ensemble du territoire au 1er janvier 2017.

Le plan vise tout d'abord à mieux encadrer les jeunes en difficulté. Piloté et aiguillé par un conseiller référent de mission locale, chaque chômeur est intégré au sein d'un dispositif renforcé d'accompagnement, qui le met directement en relation avec le conseiller et des employeurs potentiels. Ce dispositif contractuel garantit à chaque jeune pris en charge la possibilité de réaliser une première expérience professionnelle, tout en garantissant un revenu minimum équivalent au RSA.

 Sources