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Elmar Brok : "Nous avons désormais atteint les limites de notre capacité d’absorption institutionnelle"

Actualité 28.07.2006

Elmar Brok, député européen (PP-DE, DE) et Rapporteur au Parlement européen (Commission des Affaires étrangères) concernant la stratégie pour l’élargissement 2005 proposé par la Commission,  a accepté de répondre aux questions de touteleurope.fr sur la  poursuite de l’élargissement, la notion de capacité d’absorption, la réforme institutionnelle…


La Bulgarie et la Roumanie sont-elles prêtes à adhérer à l'UE au 1er janvier 2007 ?


La Bulgarie et la Roumanie appartiennent à l’Union européenne. C’est un fait qui n’a jamais été contesté. En ce sens, c’est une bonne chose que la Commission européenne ait accepté comme date d’adhésion, le 1er janvier 2007.

Néanmoins, toutes les règles et procédures requises pour l’adhésion devront être remplies. C’est pourquoi, le Parlement européen va suivre avec attention le respect par la Commission de son engagement à surveiller les progrès des réformes engagées dans ces Etats et, si nécessaire, à appliquer les clauses de sauvegardes, y compris les mécanismes de sanctions.

Aussi, la Commission européenne porte-t-elle une lourde responsabilité quant au futur de l’UE et sa crédibilité.


On parle souvent de la "capacité d’absorption" de l’UE. Q'entend-on exactement par cette expression ?

D’ici à la fin de l’année, la Commission européenne publiera, à la demande du Parlement européen, un rapport sur le sens de l’expression "capacité d’absorption".

Tout comme les critères de Copenhague, la "capacité d’absorption" de l’UE est une condition à l’adhésion. Cependant, dans le passé, cette condition n’était pas rigoureusement appliquée. Le nombre d’Etats membres a quasiment doublé entre 2004 et 2007 ; la "capacité d’absorption" est un critère nécessaire afin d’assurer une consolidation de l’UE. Cette condition est indispensable pour garantir le bon fonctionnement de l’Union. Dans une large mesure, c’est la solidité interne de l’Union qui importe et non sa taille.


Peut-on raisonnablement imaginer un jour une Union à trente Etats membres ?  Une réforme institutionnelle est-elle nécessaire en vue d'un prochain élargissement ?

Bien entendu, une Union européenne à trente Etats membres est imaginable. Je conçois la possibilité d’un autre élargissement et plus particulièrement l’adhésion de la Croatie. Mais je suis en accord total avec le Président de la Commission, M. Barroso, lorsqu’il affirme que nous avons désormais atteint les limites de notre capacité d’absorption institutionnelle. C’est pour cette raison que la question de la Constitution européenne doit être résolue le plus rapidement possible afin de garantir la pérennité du fonctionnement de l’Union et sa préparation pour l’avenir.

 

Propos recueillis le 28/09/06