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Elections en Catalogne : un camouflet pour Mariano Rajoy

Revue de presse 22.12.2017

Les Catalans ont donné, jeudi 21 décembre, une majorité absolue aux partis indépendantistes lors des élections pour le Parlement de Catalogne. Malgré la première place du parti unioniste de centre-droit Ciudadanos, ce sont les sécessionistes qui vont pouvoir former un gouvernement de coalition, avec un possible retour aux affaires du président destitué Carles Puigdemont. Ces élections sont donc un échec pour le Premier ministre Mariano Rajoy, dont le parti (PP) n'obtient d'ailleurs que 3 sièges.

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Unes de La Vanguardia, quotidien catalan, et d'El País, quotidien madrilène.

Un scrutin "historique"

Les élections les plus "anormales de l'histoire de Catalogne" ont apporté, jeudi 21 janvier, 70 sièges aux partis indépendantistes, soit plus que la majorité absolue de 68 sièges [El País]. En effet, le parti du président destitué Carles Puigdemont Junts per Catalunya (JxCat) a obtenu "21,7% des voix et 34 sièges", alors que le parti de gauche Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) s'est vu créditer de "21,4% [des voix] et 32 sièges", et que les anticapitalistes de la Candidatura d'Unitat Popular (CUP) ont obtenu 4 sièges [Le Figaro].

Les unionistes de centre-droit Ciutadans (Ciudadanos), sont pour leur part arrivés en tête du scrutin avec "25,35% des voix et 37 sièges". Le Parti socialiste catalan a, quant à lui, obtenu 17 députés, tandis que le parti conservateur Partido Popular n'a obtenu que 3 sièges. Enfin, le parti de gauche radical En Comú Podem (Unidos Podemos) envoie 8 députés au Parlement.

La Vanguardia rapporte que "81,94% des [électeurs] ont déposé leur bulletin dans les urnes". Selon le quotidien barcelonais, c'est "sans doute (…) une participation record", tandis que pour le média indépendantiste El Nacional il s'agit d'un taux de participation "stratosphérique". Libération explique que ce chiffre est la "preuve que les 5,5 millions de votants se sentaient très concernés par des élections historiques au caractère plébiscitaire : pour ou contre l’indépendance". François Musseau, envoyé spécial du quotidien à Barcelone, souligne que "pas un seul incident n’a été à déplorer au cours de la journée électorale, et le civisme des Catalans a été manifeste".

Victoire à la Pyrrhus

Ciudadanos, mené par Inès Arrimadas, a obtenu "un résultat historique" en Catalogne, où il est rare qu'un parti non indépendantiste sorte vainqueur des élections [El País]. Le quotidien espagnol indique que le parti "a réussi à capitaliser la plus grande partie du vote contre l'indépendance mais (…) n'a pas laissé de place aux partis qui auraient pu l'accompagner" dans la formation d'un gouvernement.

En effet, malgré cette victoire "tant historique que pyrrhique" [El Nacional], Inès Arrimadas ne pourra pas former de coalition. El País relate que le bloc constitutionaliste composé de Ciudadanos, du Parti socialiste et du PP ne réunit que 57 députés, ce qui l'"éloigne de la présidence". Par ailleurs, En Comú Podem a écarté toute possibilité de former une coalition avec un parti de droite.

"La victoire de la république face à la monarchie"

Pour les partis indépendantistes, cette majorité absolue est une victoire car, comme l'explique Le Figaro, ils ont "la possibilité arithmétique de se maintenir au pouvoir". Cependant, "les négociations s'avéreront complexes", puisque même si le parti de Carles Puigdemont s'impose, ce dernier reste sous le coup d'un mandat d'arrêt en Espagne. La tête de liste d'ERC, l'ancien vice-président Oriol Junqueras, est quant à lui toujours en détention provisoire.

Depuis Bruxelles, M. Puigdemont a salué "la victoire de la république face à la monarchie" [La Vanguardia]. Pour lui, les indépendantistes ont gagné "le droit d’être écoutés" et "l'Europe doit en prendre bonne note [car] la recette de Rajoy ne fonctionne pas" [Le Monde]. Néanmoins, il ajouté qu'au vu des difficultés de la campagne électorale et de celles à venir, les indépendantistes ne peuvent pas "sabrer le 'cava'". L'ancien chef de l'exécutif catalan a également "assuré que s'il était désigné candidat pour un éventuel débat d'investiture [il retournerait en Catalogne] pour y participer et être investi", comme le rappelle Le Figaro.

"Le coup est dur"

Pour le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy "le coup est dur, et la défaite est triple" [Le Figaro]. En effet, son parti a subi un "naufrage", selon El País. Par ailleurs, Ciudadanos s'est imposé, alors que ce parti est "son plus grand rival sur l'échiquier politique national" à droite [Le Figaro]. Enfin, le Premier ministre, qui a convoqué ces élections pour "renvoyer l'indépendantisme dans l'opposition", n'a pas atteint son objectif.

Libération explique que Mariano Rajoy risque de se retrouver "dos au mur" et pourrait être contraint de négocier avec les indépendantistes. Par ailleurs, pour obtenir le soutien du parti socialiste afin d'appliquer l'article 155, suspendant l'autonomie de la Catalogne, il a promis à son chef Pedro Sanchez une "réforme de la constitution". Et le quotidien de conclure : "aujourd’hui plus qu’hier, la crise catalane est un problème national de premier ordre et, très certainement, européen".

 

 

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