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Elections au Royaume-Uni : le point sur les résultats

Actualité 09.05.2016

Jeudi 5 mai, date que l'on pourrait qualifier de "super jeudi", une grande partie des Britanniques était appelée aux urnes. En un même jour les assemblées régionales d'Ecosse, d'Irlande du Nord et du Pays de Galles, ainsi que de nombreux conseils municipaux en Angleterre et l'assemblée de Londres devaient être renouvelées. Retour sur les résultats du dernier scrutin avant le référendum sur le maintien du pays dans l'Union européenne, le 23 juin.

Polling station

En région, les nationalistes écossais confortés, le parti UKIP gagne ses premiers sièges

Ecosse : victoire du SNP et score historique des conservateurs

Le parti national écossais (SNP, centre-gauche) est sorti vainqueur du scrutin législatif qui devait élire les 129 députés du Parlement d'Edimbourg. Même si la chef du parti et Premier ministre d'Ecosse Nicola Sturgeon parle de "victoire historique", car c'est la troisième fois que les nationalistes arrivent en tête dans ces élections, le SNP manque de peu la majorité des sièges, avec 63 élus.

La véritable surprise est venue du Parti conservateur qui, en remportant 31 sièges, a relégué les travaillistes à la troisième place, du jamais vu depuis l'application de la dévolution en 1999. La leader des conservateurs en Ecosse Ruth Davidson a déclaré "ne pas se faire d'illusion" sur le fait que les citoyens ayant voté pour son parti ne sont pas des conservateurs "pur jus". Selon elle, ces votants ont d'abord soutenu le parti pour obtenir un véritable discours d'opposition aux nationalistes sur les questions d'indépendance de l'Ecosse. De son côté, la chef du Parti travailliste écossais Kezia Dugdale a déclaré avoir "le cœur brisé" par son mauvais score sans précédent. Le Labour a perdu 13 sièges et ne se retrouve plus qu'avec 24 députés.

Quant au reste des partis, les Verts ont remporté 6 sièges, soit 4 de plus qu'en 2011 et les libéraux-démocrates ont conservés les 5 sièges qu'ils détenaient précédemment.

Pays de Galles : le parti UKIP fait son entrée à l'Assemblée nationale

Si a priori l'élection régionale du Pays de Galles ne présentait pas de grand suspense politique – les travaillistes dirigent l'Assemblée depuis 17 ans – la soirée électorale a révélé quelques surprises.

Le Labour n'a pas remporté la majorité des voix, mais peut s'assurer de continuer à gouverner avec 29 députés sur 60 sièges. Les travaillistes n'ont perdu qu'un seul siège à la surprise générale, qui plus est remporté par Leanne Wood, la leader du parti nationaliste gallois Plaid Cymru, qui avec 12 sièges reste le premier parti d'opposition. Juste derrière, avec 11 sièges, les conservateurs perdent 3 députés.

Un recul provoqué en partie par le résultat surprise du parti europhobe UKIP, qui fait sa première entrée dans une assemblée régionale. Pas moins de 7 députés vont rejoindre les rangs de l'opposition. Mais leur mandat commence dans la tourmente puisque des rumeurs évoquent déjà des tensions entre les deux principales personnalités locales du parti, Nathan Gill et l'ancien conservateur Neil Hamilton, qui voudrait lui dérober le leadership du UKIP au Pays de Galles.

Enfin, c'est un mauvais score pour les libéraux démocrates qui sont réduits à un seul siège, soit une perte de 4 députés. Kirsty Williams, la chef locale du parti, vient d'annoncer sa démission.

Irlande du Nord : une assemblée stable

Très peu de changements en ce qui concerne l'Irlande du Nord. Le Parlement de Stormont à Belfast conservera peu ou prou la même configuration. Les unionistes du DUP ont maintenus leurs 38 sièges, leur chef Arlene Foster garde son poste de Premier ministre. Les républicains de Sinn Féin arrivent en deuxième place avec 28 députés, soit un de moins qu'en 2011. Viennent ensuite les unionistes du UUP (16 sièges, score inchangé), les sociaux-démocrates travaillistes (12 sièges, 2 en moins), le parti Alliance (8 sièges, inchangé) et 6 sièges pour les partis mineurs. 

En Angleterre, le Labour évite la catastrophe

Une partie des Anglais étaient eux appelés à renouveler 124 conseils municipaux. Il s'agissait du véritable test politique pour Jeremy Corbyn, le premier depuis son élection controversée à la tête du parti travailliste à l'automne dernier.

Le Labour a sauvé les meubles, mais sans plus. Il a conservé l'ensemble des 58 conseils municipaux qu'il contrôlait sans en gagner un seul supplémentaire. Seul rayon d'optimisme, le candidat du parti à la mairie de Londres, Sadiq Khan, a remporté l'élection et succède à Boris Johnson à la tête de la plus grande ville d'Europe. 

Un résultat qui n'a pas suffi à faire taire les critiques internes dans le parti. Pour de nombreux députés travaillistes, le nouveau leader n'a pas mis le parti sur la voie de la reconquête pour les élections générales de 2020. De nombreux analystes estiment en effet qu'un tel scénario aurait dû commencer par l'obtention de centaines de sièges supplémentaires dans les conseils municipaux et les assemblées régionales, ce qui est loin d'être le cas. Exaspéré, le député John Mc Donnell, ministre des Finances de l'opposition à la chambre des communes, a appelé ses collègues à "encaisser ou à la fermer". "Soutenez-nous et arrêtez vos chamailleries" a-t-il conclu. Pas sûr que cela calme les frondeurs.

Les conservateurs, qui ne contrôlaient qu'une minorité des conseils municipaux précédemment, ne jouaient pas gros dans ce scrutin. Ils se sont toutefois félicités de leur unique victoire à Peterborough, dans l'est de l'Angleterre, où le Premier ministre David Cameron s'est rendu pour féliciter ses troupes. Il en a profité pour donner son sentiment sur l'ensemble des élections du jour et sur sa satisfaction à propos des résultats de son parti : "Le jour des élections locales est pour un Premier ministre en exercice synonyme de crainte" a-t-il déclaré. "Ce doit être le jour où il attend que quelqu'un frappe à sa porte comme le condamné attend son bourreau. Ce n'est pas ce que j'ai ressenti hier soir". Il a qualifié le score des conservateurs écossais de "stupéfiant" et constaté que les travaillistes avaient "complètement perdu le contact avec le peuple travailleur qu'ils sont censés représenter".