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Doutes européens, incretitudes française

Actualité 06.03.2006

La revue Esprit consacre une grande partie de son numéro de février 2006 aux conséquences pour la France et pour l’Europe du "non" au référendum sur la Constitution européenne.

La première partie de ce numéro envisage l’avenir de "l’Europe sans Constitution". Sur la question de l’Europe sociale, évoquée dans le cadre d’une table ronde du comité de rédaction consacrée à la place de la France dans l’Union européenne, chacun des participants souligne la grande diversité des modèles sociaux, voire la singularité du modèle français, qui rend illusoire l’émergence d’une Europe sociale "à la française".

Pierre Hassner et Bruno Tertrais, spécialistes des relations internationales, parlent de la difficulté pour l’Europe à répondre à l’émergence de nouvelles puissances et de nouvelles menaces sur la scène mondiale, tandis qu’Olivier Abel et Michel Marian remettent en perspective le débat européen sur la Turquie.

On notera également l’article de Christian Lequesne "sur les craintes française d’une Europe espace". L’auteur, directeur du Centre français de recherche en sciences sociales de Prague, estime que la vision française de l’Europe est en décalage  avec la réalité de l’Europe élargie à vingt-cinq membres. Il appelle les lecteurs à prendre conscience du contexte nouveau de l’après guerre-froide et à répondre favorablement aux nouvelles demandes d’adhésion.

La deuxième partie est davantage centrée sur des problématiques nationales. Plusieurs membres du comité de rédaction se livrent à une "radioscopie du vote du 29 mai", et tentent d’en déceler les messages. Les participants se demandent si la campagne référendaire peut être considérée comme un "moment démocratique" ou s’il s’est agi d’un "débat tronqué". Tous s’accordent en revanche pour considérer le résultat de ce vote comme la manifestation d’une rupture profonde entre les aspirations des Français et le discours des gouvernants. Un diagnostic confirmé par François Miquet-Marty (directeur des étude politiques à l’institut de sondage LH2), qui voit dans le résultat du 29 mai "l’expression amplifiée des pathologies actuelles de notre représentation politique".


Esprit n°322, mars 2006