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Donald Tusk reconduit à la tête du gouvernement polonais ?

Actualité 10.10.2011

Les électeurs polonais se sont rendus aux urnes dimanche 9 octobre afin de procéder à l'élection des 460 députés de la chambre basse (Sejm) et des cent membres du Sénat, la chambre haute. La publication définitive des votes sera effectuée le 11 octobre, mais au vu des résultats préliminaires portant sur 93% des bureaux de vote, le Premier ministre sortant Donald Tusk sera reconduit à la tête du Parlement.

Comprenant sept partis en lice, ces élections opposaient principalement le parti du centre-droit de Donald Tusk au parti conservateur d'opposition Droit et Justice (PiS) de Jarosław Kaczyński.

Ces élections n'ont mobilisé qu'une faible participation des électeurs (48,63%), qui ont donc reconduit, à près de 39% des votes, le parti libéral et pro-européen du Premier ministre sortant, Donald Tusk pour un nouveau mandat de 4 ans. C'est la première fois en Pologne qu'un parti est reconduit depuis la chute du régime communiste en 1989.

Le parti conservateur et eurosceptique de Mr Kaczyński, qui a perdu le pouvoir en 2007 au profit du parti de Donald Tusk, a obtenu 30,61% des votes.
Mais la grande surprise du scrutin demeure le score obtenu par le nouveau mouvement de gauche anticlérical de Janusz Palikot (RP)  qui a obtenu 9,94% des voix. Ce parti, enregistré en octobre 2010, prône une séparation nette de l'Eglise et de l'Etat, or en Pologne l'Eglise catholique exerce une influence très importante sur la société.

Ces élections ont eu lieu alors que la Pologne est à la tête de la présidence de l'UE depuis juillet 2011, avant de laisser la place au Danemark en janvier 2012.
La Pologne a beaucoup bénéficié depuis son adhésion  en 2004 d'aides de l'UE (elle est la première bénéficiaire, à hauteur de 67 milliards d'euros dans le budget 2007-2013 des fonds structurels européens). L'économie polonaise est la seule de l'UE à avoir continué de croître au plus fort de la crise mondiale de 2008-2009. Mr Tusk a donc mis en avant l'argument de la croissance économique  (avoisinant les 4%) pour permettre à son parti d'être reconduit.

La Pologne rencontre toutefois des obstacles, comme en témoigne la possible dégradation de la "signature" polonaise par les agences de notation sur les marchés du crédit, si le futur gouvernement ne s'attache pas rapidement à réduire le déficit budgétaire (attendu cette année à 5,6% du PIB). De même, le taux d'accroissement démographique est l'un des plus faibles d'Europe (1,4%) et les perspectives d'un ralentissement économique, à travers la diminution des exportations et de la consommation, sont à craindre.