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Déficit excessif et avenir de l'Europe au menu du déplacement d'Edouard Philippe à Bruxelles

Actualité 16.10.2017 Vincent Lequeux

Le Premier ministre français rencontre cet après-midi plusieurs membres de la Commission européenne dont le président Jean-Claude Juncker. A l'ordre du jour des discussions : la trajectoire budgétaire de la France, qui pourrait sortir de la procédure de déficit excessif en 2018, mais aussi les transformations profondes de l'Union européenne.

Edouard Philippe et Jean-Claude Juncker lors d'un point presse à Bruxelles le lundi 16 octobre 2017

Le Premier ministre français Edouard Philippe et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, lors d'un point presse à Bruxelles le lundi 16 octobre 2017.

En déplacement à Bruxelles l'après-midi du lundi 16 octobre, le Premier ministre Edouard Philippe doit s'entretenir avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, ainsi que les vice-présidents Frans Timmermans (1er vice-président), Andrus Ansip (Numérique) et Valdis Dombrovskis (Euro et Dialogue social).

Lors d'un point presse le midi, M. Philippe et M. Juncker ont tous les deux souligné qu'ils se rencontraient pour la première fois et annoncé qu'ils discuteraient en particulier du déficit public de la France. Comme les autres gouvernements de l'Union européenne, l'exécutif français avait jusqu'au 15 octobre pour remettre ses prévisions budgétaires à la Commission, qui donnera ensuite son opinion en novembre. Après avoir multiplié les échanges avec la Commission européenne ces dernières semaines, son objectif est en effet de faire sortir le pays de la procédure de déficit excessif, en vigueur depuis 2009 en raison d'un déficit public supérieur à 3% du PIB. 

Une issue qui, pour le président de la Commission européenne, ne fait pas de doute à moyen terme : "Je crois que la France, qui n'a pas sa place dans cette procédure de déficit budgétaire excessif, sortira de cette situation inconfortable pendant l'exercice 2018", a-t-il déclaré lors du point presse, tout en soulignant le bienfondé des réformes engagées par le gouvernement français. Ce dernier prévoit ainsi que le déficit public de la France sera ramené à 2,6% du produit intérieur brut fin 2018.

A propos d'une sortie dès 2017 en revanche, le président de la Commission européenne a déclaré que "ce ne sera pas facile". "Conscient de l’effort structurel fait par la France", M. Juncker s'est toutefois dit certain que les réformes françaises "porteront leurs fruits après un certain nombre d’années".

L'avenir de l'Union européenne figure également à l'ordre du jour des entretiens prévus cet après-midi. La réflexion sur la transformation en profondeur de l'Union a en effet connu un coup d'accélérateur depuis le référendum sur le Brexit du 23 juin 2016. Après la publication d'un Livre blanc consacré à la question début 2017, le président de la Commission a lancé un certain nombre de propositions en ce sens lors de son discours sur l'état de l'Union en septembre. Puis le président français nouvellement élu a dévoilé son propre projet pour "refonder" l'Europe lors d'un discours à la Sorbonne le 26 septembre. Une ambition à propos de laquelle M. Juncker constate "une large identité de vues" malgré "quelques nuances facilement surmontables".

Enfin, d'après le Premier ministre les sujets de politique commerciale, d'euro et de défense seront également abordés cet après-midi. La défense européenne figure également à l'ordre du jour du prochain sommet européen, les 19 et 20 octobre.