Derniers articles publiés

David Cameron envisage un référendum sur l'Europe

Actualité 03.07.2012

Dans un article publié dimanche dans le Sunday Telegraph, David Cameron a mis sur l'agenda politique l’organisation d’un éventuel référendum sur l'Europe dans son pays. Excluant une consultation sur une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le Premier ministre souhaite néanmoins revoir les relations entre Londres et Bruxelles afin qu'elles soient plus à l'avantage des Britanniques.

David Cameron veut repenser les relations entre le Royaume-Uni et l'Europe

Dans son article paru dans le Sunday Telegraph, hebdomadaire frère du quotidien conservateur The Telegraph, David Cameron s'est adressé à ses compatriotes pour exprimer ses vues sur l'Europe. De fait, sous sa direction, le Royaume-Uni a repris une posture bien plus eurosceptique que durant le passage des travaillistes au pouvoir. En décembre, David Cameron a refusé de prendre part – tout comme la République Tchèque – au pacte budgétaire européen, dans le but de protéger les intérêts de la City.

Ainsi, sous la pression de la branche la plus conservatrice de son parti, le Premier ministre britannique a pris position en vue d'une renégociation des relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. "Il est vital pour notre pays – pour notre économie, notre démocratie et notre rayonnement – d'avoir les relations avec l'Europe qui conviennent", a-t-il écrit. Toutefois, David Cameron n'envisage pas un référendum sur une éventuelle sortie de son pays de l'Union, sortie qui "ne servirait pas les intérêts du Royaume-Uni", estime-t-il.

"Mais le fait est que le peuple britannique n'est pas satisfait de ce qu'ils ont, et que moi non plus. Il est donc nécessaire de procéder à des changements. Les coûts sont trop élevés, la bureaucratie est trop prégnante, et il y a trop d'ingérences dans des domaines qui relèvent de la compétence des nations, de la société civile ou des individus. Des pans entiers de la législation européenne concernant le social, le temps de travail et les affaires intérieures devraient à mon avis être mis au rebut".

David Cameron souhaite rester hors de l'intégration européenne, qui s'intensifie pour sauver la monnaie unique. Sous sa direction, le Royaume-Uni s'est tenu à l'écart des fonds de sauvetage de pays de l'Union européenne, et a fait en sorte que l'union bancaire ne concerne que les pays de la zone euro. "Nous ne soutiendrons pas les banques grecques ou portugaises, et nos banques seront régulées par la Banque d'Angleterre, et non par la Banque centrale européenne".

Sous la pression des conservateurs eurosceptiques

L'idée de ce référendum peut avoir l'allure d'une nouvelle bombe alors que l'Europe vacille sous les effets prolongés de la crise. Mais le fait est que cette idée n'est pas nouvelle dans l'esprit des conservateurs britanniques. De plus, le Premier ministre n'a encore donné aucune précision quant à la question qui sera posée aux Britanniques, ni quant à la date à laquelle le référendum se tiendra. David Cameron a déclaré que la consultation aurait lieu "au moment approprié", ce qui signifie certainement après les prochaines élections de 2015.

En réalité, le chef du gouvernement britannique est sous la pression de la frange la plus eurosceptique de son parti. Cent députés conservateurs ont signé une lettre lui demandant de redéfinir les relations entre le Royaume-Uni et Bruxelles et de prendre l'engagement d'organiser un référendum avant la fin de son mandat, en 2015. Ne souhaitant pas prendre de décision hâtive, David Cameron est donc resté dans le flou. William Hague, chef de la diplomatie britannique, a quant à lui indiqué qu'aucune décision ne sera prise tant que l'Europe n'aura pas résolu la crise de la dette. "Le bon moment pour organiser un référendum sera quand nous saurons comment l'Europe va évoluer, et si nous aurons alors des relations plus avantageuses".

Néanmoins, les déclarations du gouvernement ne seront certainement pas jugées satisfaisantes par ces 100 députés. L'un des signataires, Liam Fox, ancien secrétaire d'Etat à la Défense et possible successeur de David Cameron à la tête du parti conservateur, estime en effet que "l'intérêt national du Royaume-Uni est en jeu dans la mesure où les pouvoirs du gouvernement sont entravés par le diktat de Bruxelles". "Nous ne devrions pas attendre que les dirigeants européens reconnaissent l'échec de l'euro", a poursuivi Liam Fox. "L'avenir du pays n'est pas une question à débattre pour les dirigeants du continent".

Un conflit entre David Cameron et une partie de sa majorité pourrait donc s'intensifier dans les prochaines semaines, d'autant que le Premier ministre doit composer avec les Libéraux-Démocrates, ses partenaires de coalition résolument pro-européens. Discrets, ces derniers ont simplement déclaré qu'il était dans les prérogatives du Premier ministre de consulter la population sur un sujet d'importance nationale. En outre, l'opposition ne manquera certainement pas d'exploiter cette question pour contrer l'action du gouvernement. En atteste la réaction du Guardian, quotidien proche des idées travaillistes, qui estime la proposition du Premier ministre "prématurée", dans la mesure où le pays ne fait pas partie de la zone euro et que l'avenir de l'intégration européenne est encore à écrire.



En savoir plus

David Cameron: We need to be clear about the best way of getting what is best for Britain - The Telegraph (en anglais)