Derniers articles publiés

Damien Abad : "avoir des députés européens 2.0 est essentiel"

Actualité 14.06.2010

A l'occasion de la session plénière du Parlement européen fin mai à Strasbourg, Damien Abad, député européen (NC-PPE) et président de l'intergroupe Jeunesse, a lancé les Ateliers de l'Élu 2.0 dans une déclinaison européenne. Il revient sur cette rencontre pour Touteleurope.fr.

Touteleurope.fr : pourquoi avoir fait une déclinaison européenne des ateliers Elu 2.0 organisés par le gouvernement français ?

Damien Abad : Nathalie Kosciuzko-Morizet a développé ces ateliers de l'élu 2.0 au niveau national et m'a confié cette mission au niveau européen. Il me semble essentiel que l'ensemble des parlementaires, nationaux ou européens, puissent avoir une connexion avec les réseaux sociaux et un échange direct sur internet. J'utilise beaucoup par exemple des réseaux comme Facebook ou Twitter.

C'est encore plus essentiel pour le parlementaire européen, français ou non. Ce sont des réseaux de proximité qui nous permettent d'établir des liens avec les personnes de notre euro-circonscription ou qui sont animées d'une fibre européenne. Cela nous permet aussi de rendre compte de notre action alors que nous avons un manque de visibilité politique et médiatique sur nos travaux (qui sont en plus parfois très techniques).

Ces ateliers sont un outil au service des politiques publiques communautaires. Nous voulons pérenniser la relation qu'on peut avoir sur internet avec nos concitoyens au-delà des campagnes électorales.

Touteleurope.fr : Justement, n'est-ce pas un moyen pour élus d'avoir un rapport direct sans passer par les médias ?

Damien Abad : C'est un moyen pour nous de rendre compte de notre action par un autre biais que ceux médiatiques classiques. C'est aussi un outil de proximité qui permet de rendre visible le Parlement européen.

Quand on a la chance d'intervenir en plénière, ces interventions sont mises en ligne en vidéo sur le site du Parlement européen. Je les mets par exemple sur mon site, mais on peut également les retranscrire ensuite sur les réseaux sociaux. Cela a une utilité pédagogique et une fonction politique.

Touteleurope.fr : Comment s'est passé le premier atelier à Strasbourg avec les eurodéputés?

Damien Abad : Ces ateliers sont pensés en plusieurs séquences. La première étape était un atelier de découverte pour voir comment fonctionnent les réseaux sociaux. On n'est pas encore entré dans une stratégie d'utilisation maximale. Il fallait aussi donner quelques données de base. Par exemple : on ne touche pas que des populations jeunes et citadines. On a essayé de casser certaines idées reçues sur l'utilisation du web.

L'autre caractéristique de ces ateliers est la diversité politique. Nous avons réalisé des vidéos à l'occasion de cet atelier avec des parlementaires des quatre grands groupes qui siègent au sein du Parlement européen (PPE, PSE, Verts, ADLE) pour avoir le champs politique le plus large possible. Ces ateliers sont donc un outil de rassemblement au-delà des clivages politiques qui nous permet d'échanger entre nous.

Touteleurope.fr : Y aura-t-il une nouvelle édition ? Quelles seront les différences avec le premier atelier ?

Damien Abad : Il y aura en tout dix séquences. Le premier objectif est de réaliser un vrai séminaire de formation. Il faut que chaque eurodéputé sachent utiliser ces réseaux sociaux.

Un exemple : on poste souvent sur Facebook un message d'agenda du type "je suis au Parlement européen à Bruxelles en discussion sur tel sujet". Si on poste le même message en faisant passer quelque chose, il y aura une importante différence dans le contenu et dans le suivi de ce message par des personnes qui seront donc plus intéressées.

Notre objectif est de donner du contenu dans ce type de message (même des prises de position) et pas seulement de la diffusion d'agenda. C'est un vrai outil de communication, même si cela peut être à double-tranchant parfois.

Globalement, je souhaite sensibiliser sur toute la question du numérique. Je voudrais qu'on constitue un réseau d'eurodéputés pour pouvoir travailler ensemble sur ce sujet de l'économie numérique. Que cela soit sur le marché ou l'aspect sociétal ou le droit (comme le droit à l'oubli).

En savoir plus :

le site du Parlement européen

le Twitter des eurodéputés