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Crise de la dette et panique des marchés : une saga sans fin

Actualité 04.08.2011

Au royaume de la dette et des déficits publics, les rebondissements n'en finissent jamais ! Alors que les marchés s'inquiètent de la situation économique de l'Italie et de l'Espagne, les dirigeants européens ont multiplié depuis mercredi 3 août les déclarations rassurantes sur la situation de la zone euro. En France, le gouvernement français a présenté lundi 1er août un projet de loi de finances intégrant le sauvetage de la Grèce.

Nouvelle vague de panique sur les marchés, malgré le nouveau plan d'aide à la Grèce

Alors que l'Union Européenne pensait enfin pouvoir souffler grâce au nouveau plan d'aide accordé à la Grèce, les Etats-Unis ont frôlé d'extrême justesse le défaut de paiement et la panique frénétique des marchés a repris cette semaine, visant cette fois l'Italie et l'Espagne.

C'est ainsi que mardi 2 août, les taux à dix ans des emprunts espagnols et italiens ont atteint des sommets historiques : 6,36 % pour l'Espagne et 6,18 % pour l'Italie.  Les taux grecs, quant à eux, se maintiennent toujours à des taux vertigineux (14,85 %).

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi et la ministre de l'Economie espagnole Elena Salgado ont tour à tour adressé des déclarations rassurantes.  M. Berlusconi a ainsi insisté mercredi 3 août sur la solidité des fondements de l'économie italienne et a plaidé pour qu'un plan d'action pour relancer la croissance soit adopté. Du côté espagnol, les tensions sur les marchés sont abordées "avec une certaine tranquillité", selon la ministre de l'Economie.

Jeudi 4 août, la Banque Centrale Européenne a elle aussi voulu rassurer les marchés en annonçant au cours de sa conférence de presse mensuelle qu'elle reprenait ses opérations de rachat d'obligations publiques de pays de la zone euro, programme qui semblait avoir pris fin depuis mars dernier.

La mise en œuvre rapide du plan d'aide : la France montre l'exemple

Le président de la Commission européenne estime ces nouvelles tensions des marchés "injustifiés". Dans une lettre, José Manuel Barroso appelle les dirigeants des 17 pays de la zone euro à mettre en œuvre le plan d'aide au plus tôt. Un message qui a été aussitôt repris par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

La mise en œuvre du nouveau plan d'aide à la Grèce demeure donc la priorité. Le gouvernement français a présenté lundi 1er août un projet de loi de finances rectificative 2011 intégrant le sauvetage de la Grèce. Afin d'entériner  au plus vite ce plan d'aide, qui coûtera à la France une hausse de l'endettement d'environ 15 milliards d'euros d'ici à 2014, le gouvernement a annoncé une session parlementaire extraordinaire à la rentrée prochaine.

Les effets du sauvetage grec se font déjà ressentir pour certaines banques, le nouveau plan adopté prévoyant une participation des créanciers privés d'Athènes à hauteur de 50 milliards d'euros. 

BNP Paribas a annoncé mardi 2 août, une hausse bien timide de son bénéfice net au deuxième trimestre 2011 (de 1,1 %). En cause : sa participation au plan de sauvetage de la Grèce (dont la provision s'élève à 534 million d'euros). La Société Générale n'est pas non plus épargnée : son bénéfice net du deuxième trimestre connaît une baisse de 31 %. Un résultat lié à la décote appliquée aux titres souverains grecs arrivant à échéance avant la fin de 2020 mais aussi à une baisse générale de ses activités.

Dans un entretien au Financial Times publié le 1er août, la directrice générale du FMI Christine Lagarde a appelé les Européens à "coller au scénario"  maintenant qu'un commun accord a enfin été trouvé. Mais il semble difficile pour les Etats membres de coller à un scénario qui n'en finit pas d'être réécrit.

En savoir plus :

Sommet européen : l’UE débloque 160 milliards d’euros pour sauver la Grèce – Toute l'Europe

Loi de finances rectificative pour 2011 – Portail du gouvernement

Conférence de presse du 04/08/11 (en anglais) - BCE