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Coupe du monde de football : les 10 équipes européennes qui n'ont jamais gagné

Actualité 29.06.2018 Isaure Magnien et Jules Lastennet

Si on connaît bien les équipes européennes qui ont gagné la coupe du monde au moins une fois (l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne, la France et l'Italie), on se souvient peut-être moins de celles qui ont frôlé la victoire. Toute l'Europe revient sur 10 beaux perdants européens du Mondial.

Johan Cruyff (au centre) lors de la finale de la Coupe du monde 1974

Johan Cruyff (au centre) lors de la finale de la Coupe du monde 1974 - Crédits : Das Bundesarchiv, Rainer Mittelstädt

1. Les Pays-Bas, finalistes en 1974, 1978 et 2010

Tous continents confondus, les Pays-Bas sont incontestablement la nation la moins bien récompensée de ses efforts de l'histoire de la Coupe du monde de football. Trois fois finalistes (en 1974, 1978 et 2010) et deux fois demi-finalistes (en 1998 et 2014), les Oranje ont donc atteint les plus hautes marches de la coupe du monde à plusieurs reprises. Sans cependant gravir la dernière.

Il faut toutefois attendre les années 1970 pour que l'équipe néerlandaise commence à briller. A cette époque, emmenés par Johan Cruyff, Johan Neeskens ou encore Ruud Krol, les Pays-Bas inventent le "football total". Une stratégie qui consiste à faire permuter les postes pendant le match. L'équipe atteint la finale du Mondial 1974, perdue contre l'Allemagne de l'Ouest – "la mère de toutes les défaites" pour les Néerlandais – puis de la Coupe du monde 1978, perdue contre l'Argentine.

Le pays connaîtra plus tard une deuxième génération dorée, conduite par Marco Van Basten et Ruud Gullit puis par Dennis Bergkamp. Les Pays-Bas remportent alors l'Euro 1988 et se hissent en demi-finale au Mondial 1998 en France.

En 2010, en Afrique du Sud, les Oranje échouent une troisième fois en finale, cette fois contre l'Espagne, avant de retrouver les demi-finales quatre plus tard, s'inclinant contre l'Argentine. Ils n'auront pas l'occasion de faire mieux cette année, ne s'étant pas qualifiés pour le Mondial en Russie.

De 1930 à 2018 : l'Europe dans l'histoire de la Coupe du monde de football

2. La Hongrie, finaliste en 1938 et 1954

Des années 1930 aux années 1960, la Hongrie est une valeur sûre du football mondial. En 1938, l'équipe atteint sa première finale de Coupe du monde. Son joueur vedette est alors György Sarosi, capitaine et buteur prolifique. Mais les Hongrois échouent contre les Italiens, dont la motivation aurait été décuplée par des menaces de Benito Mussolini…

Vient ensuite l'heure de gloire du football hongrois, avec la génération de Ferenc Puskas et Sandor Kocsis. Surnommée "le onze d'or", l'équipe remporte les Jeux olympiques 1952, terrasse l'Angleterre à Wembley en 1953 et semble promise au graal lors du Mondial 1954. La sélection fait honneur à sa réputation et écrase ses adversaires jusqu'en finale. Mais elle sera alors victime du "miracle de Berne", ville choisie pour accueillir le match. Les Allemands de l'Ouest, que personne n'attendait, déjouent les pronostics et l'emportent. Même si on sait aujourd'hui qu'ils étaient dopés à la "drogue du soldat", proche des méthamphétamines.

La Hongrie connaîtra d'autres bons résultats au cours des années suivantes, obtenant à nouveau l'or aux JO de 1964 et 1968. Avant de décliner et de disparaître de la liste des grandes nations du football.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3. La Tchécoslovaquie, finaliste en 1934 et 1962

Les performances de la Tchécoslovaquie en Coupe du monde, avant la division du pays en deux en 1993, sont intermittentes, passant du presque grandiose au médiocre. Par deux fois le pays atteint la finale. D'abord en 1934 contre l'Italie, qui l'emporte 2-1 après prolongations. Puis en 1962 contre le Brésil, vainqueur 3-1. Cette année-là, la Tchécoslovaquie compte dans ses rangs le futur Ballon d'or Josef Masopust, mais échoue donc à remporter le titre. Et en dehors de ces deux finales, de nombreuses occasions manquées et des échecs au premier tour, hormis en 1938 et 1990.

Depuis 1993, la République tchèque et la Slovaquie n'ont participé qu'à une Coupe du monde chacune, avec des défaites respectivement au premier tour et en 8e de finale.

L'équipe de Suède avant la finale de la Coupe du monde 1958 contre le Brésil - Crédits : svt.se, Scanpix

4. La Suède, finaliste en 1958

Fréquemment qualifiée, déjouant souvent les pronostics, mais jamais gagnante, la Suède a toujours fait partie des nations qui comptent en Coupe du monde. Un premier pic est atteint en 1938 avec une demi-finale, quoique largement perdue contre la Hongrie (5-1).

Après-guerre, la Suède obtient les meilleurs résultats de son histoire. D'abord avec une troisième place au Mondial 1950. Puis en disputant la finale de "sa" Coupe du monde en 1958. Très solide, la sélection est conduite par l'attaquant Kurt Hamrin qui marque la compétition de son empreinte. Seule la dernière marche sera trop haute. A Solna devant 50 000 personnes, les Suédois ne peuvent rien contre Garrincha, Vava et surtout le jeune Pelé, qui inscrit 2 des 5 buts brésiliens, à seulement 17 ans.

Depuis, la Suède a participé à plusieurs coupes du monde, dont celle de 1994 au cours de laquelle le pays obtient à nouveau la troisième place après avoir perdu de peu contre le Brésil en demi-finale. Si aucune performance majeure n'a été accomplie avec la star Zlatan Ibrahimovic, la Suède a une nouvelle chance cette année en Russie.

5. La Pologne, troisième en 1974 et 1982

Les bonnes performances de la Pologne en Coupe du monde sont concentrées sur une période assez restreinte, entre 1974 et 1986. Il s'agit de l'âge d'or du football polonais. Deux joueurs en particulier se démarquent au sein de cette génération qui pratique un football offensif et attrayant : le buteur Grzegorz Lato et le milieu de terrain passé par la Juventus Turin Zbigniew Boniek. Par deux fois, les Polonais obtiennent la 3e place de la compétition aux dépens du Brésil en 1974 et de la France en 1982. 

Depuis, la Pologne peine à retrouver ce niveau, même si les performances de l'équipe tendent à s'améliorer depuis quelques années, grâce notamment à son attaquant vedette Robert Lewandowski.

6. L'Autriche, troisième en 1954

Les performances footballistiques de l'équipe d'Autriche sont similaires à celles de la Hongrie. Les meilleurs coupes du monde de la sélection autrichienne remontent aux années 1930 et 1950. En 1934, surnommée la "Wunderteam", l'équipe fait même partie des favorites pour le titre final. Emmenée par son joueur vedette, Matthias Sindelar, que l'on décrit alors comme le "Mozart du football", l'Autriche perd néanmoins contre l'Italie. Quatre ans plus tard, le pays est à nouveau annoncé parmi les principaux prétendants, mais l'Anschluss précède le Mondial. Les meilleurs joueurs sont incorporés à l'équipe d'Allemagne. Sauf Matthias Sindelar qui refuse. Il sera retrouvé mort auprès de sa compagne un an plus tard, probablement assassiné.

En 1954, l'équipe autrichienne retrouve les demi-finales après un parcours haut en couleurs : 5-0 contre la Tchécoslovaquie et 7-5 contre la Suisse. Battre l'Allemagne de l'Ouest sera par contre trop difficile et la Wunderteam est balayée 6-1. Les Autrichiens glanent en revanche la troisième place en battant l'Uruguay tenante du titre.

La suite sera nettement moins heureuse, avec seulement 5 participations au Mondial, la dernière en 1998 il y a 20 ans.

Eusebio lors de la Coupe du monde 1966 - Source : YouTube

7. Le Portugal, troisième en 1966

Vainqueur de l'Euro 2016, guidée par la star planétaire Cristiano Ronaldo et membre du gotha du football depuis plus de 20 ans, le Portugal n'a pourtant jamais atteint une finale de Coupe du monde. Ses bonnes performances sont même rares.

La meilleure remonte à 1966. Il s'agit de la première participation du pays au Mondial dont le joueur mythique s'appelle alors Eusebio, surnommé la "panthère noire". L'équipe parvient à réaliser l'exploit de battre les tenants du titre, le Brésil, lors du premier tour. Et après une victoire contre la Corée du Nord en quart de finale, l'équipe portugaise s'incline face aux futurs champions du monde, l'Angleterre, en demi-finale. Eusebio termine meilleur buteur de la compétition grâce à ses neufs buts. Une performance inégalée depuis.

Pour retrouver la "Seleçao" dans le dernier carré du Mondial, il faudra ensuite attendre 40 ans avec, entre-temps, seulement deux participations. En 2006, l'équipe est impressionnante, avec dans ses rangs le Ballon d'or Luis Figo et, déjà, Cristiano Ronaldo alors âgé de 21 ans. Les Portugais effacent successivement les Pays-Bas – au terme d'un match très violent – et l'Angleterre, avant de buter sur la France de Zinédine Zidane.

Cette année en Russie, le Portugal a l'opportunité d'améliorer son palmarès en Coupe du monde.

8. La Croatie, troisième en 1998

L'histoire de la Croatie en Coupe du monde est évidemment récente, le pays n'ayant pris son indépendance vis-à-vis de la Yougoslavie qu'en 1991. Et en définitive seul le Mondial 1998 a été marqué par une grande performance du pays. Cette année-là, les Croates sont conduits par Davor Suker, meilleur buteur du tournoi, et Zvonimir Boban, milieu de terrain du Milan AC. Leur coup d'éclat sera d'éliminer l'Allemagne 3-0 en quart de finale. Au tour suivant, ils font trembler la France en menant 1-0, mais se font rejoindre grâce au doublé de Lilian Thuram. Ils repartent de France avec l'honorifique 3e place après une victoire sur les Pays-Bas.

En 2018 en Russie, les Croates ont l'occasion de réaliser une nouvelle grande Coupe du monde.

Par deux fois la Yougoslavie unifiée a également atteint les demi-finales de la Coupe du monde. En 1930 d'abord, puis en 1962. Redoutable jusque dans les années 1970, les Yougoslaves ont par la suite enchaîné les performances décevantes, hormis lors du Mondial 1990. Ce sera la dernière participation du pays à une compétition internationale avant la guerre de 1991.

9. La Belgique, demi-finaliste en 1986

Après plusieurs participations intéressantes au cours des années 1930, la Belgique a connu sa meilleure période footballistique au cours des années 1980. Les "Diables rouges" sont alors difficiles à battre. Ils atteignent le deuxième tour en 1982 et surtout les demi-finales en 1986. Cette année-là, emmenés notamment par le buteur Jan Ceulemans et le milieu Enzo Scifo, les Belges éliminent l'Union soviétique et l'Espagne au bout du suspense avant d'échouer contre l'Argentine de Diego Maradona. Lors de la petite finale contre la France, la Belgique perd à nouveau, après prolongations.

Depuis plusieurs années, le pays court après une nouvelle épopée en Coupe du monde. L'actuelle génération le laisse en effet espérer : l'équipe comprend quelques-uns des plus grands joueurs actuels, comme Eden Hazard et Kevin De Bruyne.

10. La Bulgarie, demi-finaliste en 1994

Jusqu'à présent, la Bulgarie n'a connu qu'une seule grande Coupe du monde, à la faveur d'une génération exceptionnelle, en 1994. La sélection bulgare est alors conduite par le futur Ballon d'or Hristo Stoichkov, attaquant du FC Barcelone. Elle bat l'Argentine lors du premier tour, le Mexique en 8e de finale et surtout l'Allemagne tenante du titre en quart de finale. Les Bulgares échouent au tour suivant contre l'Italie, avant d'être balayés lors de la petite finale par la Suède (4-0).

Depuis, la Bulgarie n'a plus réalisé de grande performance, ni en Coupe du monde ni à l'Euro.

Et chez les femmes ? Avec une première édition en 1991 et seules quatre équipes détenant le titre, peu de sélections européennes ont jusqu'à présent réalisé de grandes coupes du monde. L'équipe d'Allemagne a remporté deux fois la victoire (et la Norvège une fois). Et seules l'Angleterre, la France et la Suède sont aussi parvenues en demi-finales. L'édition de 2019 se déroulera en France.