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COP21 : le brouillon adopté dans la bonne entente

Actualité 20.02.2015

La semaine dernière, 194 pays se sont réunis à Genève du 8 au 13 février afin de préparer le texte de base pour les négociations qui se dérouleront jusqu'à la conférence mondiale sur le climat à Paris en décembre (COP21). Le texte a été adopté dans une ambiance sereine et la session s'est même clôturée avec deux heures d'avance. Mais le chemin reste sinueux en vue d'un accord ambitieux.

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Jusqu'ici tout va bien

La nécessité de lutter contre le réchauffement climatique est reconnue au niveau mondial, mais les conférences mondiales sur le climat sont souvent semées d'embûches. L'échec de celle de Copenhague en 2009 est encore dans les esprits. Aucun objectif de réduction des émissions n'a été déterminé et l’accord n’était pas juridiquement contraignant. Lors de la conférence de Paris en décembre prochain, le but est d'y arriver pour mettre en place l'après Kyoto. Afin d'éviter de répéter l'histoire, plusieurs réunions sont organisées en amont de la conférence de Paris en décembre prochain. La première a eu lieu à Genève du 8 au 13 février.

Les délégations nationales sont arrivées à Genève avec 37 pages en main. A l'issue des réunions, elles en avaient 86. Lors de la conférence précédente de 2014, à Lima, les États devaient s'accorder sur les grandes lignes pour le futur accord de Paris. Certains étaient repartis en ayant l'impression de ne pas avoir été entendus. Ce n'est théoriquement plus le cas. Chacun a pu apporter sa pierre à l'édifice et ajouter des options dans le brouillon d'accord. Les propositions d'articles atteignent jusqu'à onze options. "Nous disposons maintenant d'un texte formel de négociations, qui contient les positions de tous les pays", a déclaré Christine Figueres, secrétaire exécutive pour la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

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C'est sur cette base que négocieront les Etats avant de se retrouver en décembre à Paris pour, ils l'espèrent, signer un accord international. La transparence est donc de mise entre partenaires. Reste maintenant à affiner le texte pour faciliter la COP21.

Le plus dur reste à venir

Ce brouillon semble pour l'heure satisfaire tout le monde. Probablement car les débats n'ont pas encore été tranchés et seulement posés sur le papier. Le plus dur reste donc à venir : rapprocher les points de vue pour réduire le nombre d'options. L'ombre la plus importante reste la question de la valeur juridique de l'accord. Sera-t-il contraignant, comme le voudrait l'Union européenne ? Ou chaque pays sera-t-il maitre de ses objectifs, comme le souhaiteraient les Etats-Unis ? Pour Christine Figueres, "cela sera clarifié seulement plus tard dans l'année".

La différenciation entre les engagements de réduction de dioxyde de carbone (CO2) des pays industrialisés et des pays en voie de développement semble être acquise, mais pas dans ses proportions. Et la question reste entière en ce qui concerne les pays émergents. Ils sont devenus de gros pollueurs, mais ne veulent pas être traités comme les pays industrialisés, qui ont fortement pollué par le passé pour atteindre leur niveau de développement.

L'Union européenne se veut le fer de lance dans la lutte contre le réchauffement climatique. Elle a déjà adopté des engagements de réduction d'émission de CO2, d'augmentation de la part des énergies renouvelables et d'amélioration de l'efficacité énergétique pour 2030. Les Etats-Unis et la Chine ont également fait des avancées encourageantes, mais en sont encore très loin de ce niveau d'engagement. Tandis que le Canada et l'Australie continuent d'être les mauvais élèves de la classe et ne sont pas disposés à faire de concessions pour le moment. De quoi rendre les discussions longues et fastidieuses jusqu'en décembre.

Autre débat en suspens, l'aide à l'adaptation au changement climatique. Promis lors de la conférence de Copenhague par les pays industrialisés, le Fonds vert est censé aider les pays en voie de développement à s'adapter pour la lutte contre le réchauffement climatique. Ce fonds devait être de 100 milliards de dollars par an d'ici 2020. Or il n'a toujours pas été mis en œuvre.

Les pays se pencheront sur ces questions dès la prochaine réunion, à Bonn en juin. Deux autres sessions formelles sont prévues plus tard dans l'année, dont une en octobre. Autant de rencontres destinées à débroussailler le chemin vers un accord en décembre à Paris.