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COP21 à Paris : les enjeux du "sommet de la dernière chance"

Actualité 30.11.2015

La COP21, 21ème édition de la "Conférence des parties" sur le climat, se tient dans la capitale du 30 novembre au 11 décembre 2015. Près de 200 pays sont conviés autour de la table à Paris, tout comme des ONG, des collectivités territoriales et des représentants de la société civile. L’objectif est de trouver un accord international pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C d’ici 2 100. A l’heure où cette conférence arrive 18 ans après la signature du Protocole de Kyoto (1997), les regards sont braqués sur ce sommet qui semble être celui "de la dernière chance".

Lancement COP21

Tout droit au désastre

"Le réchauffement de la planète nous mènera droit au désastre". Alors que débute la COP21, les mots de la militante altermondialiste Naomi Klein prennent tout leur sens. Cette journaliste et auteure canadienne dénonce depuis de nombreuses années le lobbying des gros émetteurs de gaz à effet de serre et de l’industrie pétrolière et prône une transformation économique radicale.

Si beaucoup le nomment le "sommet de la dernière chance", c’est bien parce que le souvenir de la conférence de Copenhague (COP15) en 2009 est resté dans les mémoires et que cette année, un nouvel accord international sur le climat doit être trouvé. Il y a six ans, le sommet de Copenhague qui devait proposer une suite au protocole de Kyoto s’est terminé par un échec : aucun accord global n’a pu être signé. D’un côté, les pays en voie de développement peinent à accepter d'investir dans la lutte contre le réchauffement climatique, alors que les pays développés, qui polluent depuis bien plus longtemps, en sont les premiers responsables. Ces derniers pourraient pourtant assumer une transition aux énergies vertes tandis que ceux en développement, qui affichent un retard sur leurs voisins, craignent que les contraintes liées à l’écologie les ralentissent davantage.

Un sommet, 18 ans après Kyoto

Pour l'ouverture de cette 21ème édition de la COP (Conférence des parties) dont la France est l'hôte, plus de 146 chefs d’Etats et de gouvernement sont attendus, dont les présidents américain Barack Obama, chinois Xi Jingping, russe Vladimir Poutine et indien Narendra Modi. Au total, ce sont 194 pays ainsi que l’Union européenne qui devront s’accorder pour maintenir le réchauffement climatique mondial en dessous de 2°C d’ici 2100. Des entreprises, des syndicats, des ONG ou encore des collectivités territoriales participeront également au débat.

Un débat qui avait pris forme notamment lors de l’accord de Kyoto en 1997, puisqu’il avait imposé à 37 pays développés des réductions d’émissions d’une moyenne globale de –5% par rapport à 1990 pour la période de 2008 à 2012. Si les Etats-Unis n’ont jamais approuvé cet accord signé par 192 parties, la France, avec l’Union européenne, qui représente 13% des émissions mondiales, s’est engagée à participer à la seconde période prévue par ce même Protocole, c’est-à-dire à partir de 2013. Cependant, pour limiter la hausse des températures à 2 degrés, il faudrait une réduction des émissions d’au moins 75% d’ici 2050.

Laurent Fabius : "Nous sommes la dernière génération à pouvoir agir"

"L’objectif est simple : il s’agit d’aboutir à un accord mondial afin que notre planète reste vivable. Nous savons que si nous n’agissons pas maintenant, ce qui nous menace, c’est un dérèglement climatique catastrophique avec des conséquences dans tous les domaines", a annoncé Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et président de cette conférence. "Notre responsabilité est historique, car nous sommes la première génération à la fois à prendre vraiment conscience du problème, mais nous sommes la dernière génération à pouvoir agir".

La terre se réchauffe et la plupart des scientifiques s’accordent sur un point : les causes sont bien les activités de l’Homme qui produisent des gaz à effet de serre. Et le résultat est désastreux. Chaque année, plus de 200 millions de personnes sont touchées par des catastrophes naturelles toujours plus nombreuses. Sécheresses, ouragans, élévation du niveau de la mer, menaces sur la production alimentaire… Les régions d’Asie du Sud-Est pourraient pâtir de plus en plus d’inondations à répétition, tout comme les côtes africaines, alors que la température moyenne annuelle a déjà augmenté de 0,85 °C depuis 1880 et pourrait croître jusqu’à près de 5°C d’ici à 2100.

Enfin, vers un accord ?

L’urgence de réunir autour de la table notamment les pays comme le Japon, la Russie et le Canada qui se sont retirés du protocole de Kyoto, est donc bien réelle. De son côté, l’Union européenne s’engage à réduire ses émissions de 40 % d’ici 2030 et de 80 % à l’horizon 2050. Et dès 2020, certains pays se sont engagés à lever 100 milliards de dollars par an pour lutter contre ce réchauffement climatique.

En attendant que l’objectif sous la barre des 2°C soit enfin trouvé, tous les pays devront remettre à l’ONU les propositions de contribution volontaire à la réduction d’émission de gaz à effet de serre avant la COP 21. En espérant que cette rencontre soit fructueuse car, comme l’a dit le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, "il n’y a pas de plan B, parce qu’il n’y a pas de planète B".