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"Convaincu" par Letta, Berlusconi fait volte-face

Actualité 02.10.2013

Enrico Letta a-t-il était tellement convaincant que même le Cavaliere a changé d'avis ? Quelques jours après avoir déclenché une nouvelle crise politique en Italie en demandant aux cinq membres du gouvernement issus de son parti, le Peuple de la Liberté, à démissionner, Silvio Berlusconi a finalement, "non sans débat interne" a-t-il précisé, décidé d'accorder son vote de confiance au Premier ministre.

Silvio Berlusconi (c) Le Conseil de l'Union européenne

238 sénateurs sur les 307 que compte la Chambre basse ont voté en faveur d'une motion de soutien au gouvernement en place. Seuls les écologistes et le Mouvement 5 Etoiles, le parti de Beppe Grillo, ont décidé de voter contre, soit tout de même 70 sénateurs.

C'est le Premier ministre qui a ouvert ce matin à 9h30 cette séance sous haute-tension par un discours de politique générale. Malgré les menaces de scission au sein du PDL, de nombreux élus ayant publiquement annoncé qu'ils soutiendraient M. Letta, Silvio Berlusconi a maintenu le suspens jusqu'au bout, déclarant à son arrivée au Sénat qu'il ne déciderait de son vote qu'après avoir entendu ce que le chef du gouvernement, à la tête d'une fragile coalition, avait à dire.

Officiellement, ce sont ces mots qui ont convaincu l'homme politique italien de tous les scandales et l'ont fait changer d'avis. Mais en réalité, nul doute que la prise de parole de Roberto Formigoni, sénateur membre du PDL, et qui a annoncé la formation d'un nouveau groupe de parlementaires rassemblant 25 élus du PDL soutenant le gouvernement, a justifié ce changement de cap.

L'ancien président du Conseil italien, qui vient de fêter ses 77 ans et est au coeur de plusieurs affaires judiciaires, pourrait avoir ici perdu son dernier combat. Il risque en effet de se voir bientôt retirer l'immunité parlementaire, et de sortir, définitivement, de la scène politique. Pour le gouvernement la victoire n'est pas des moindres : si la confiance n'avait pas été accordée à M. Letta, ce dernier aurait tout tenté pour éviter le retour des citoyens aux urnes. Mais rien n'aurait été moins évident.

En Europe, les partenaires de l'Italie doivent également souffler. En pleine gestion de la sortie de crise, une nouvelle instabilité politique aurait pu être, selon les mots d'Enrico Letta, "fatale" au pays. Un scénario que ne souhaitaient pas envisager les autres membres de la zone euro.