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Contre-faits : "le benchmark des migrants"

Vidéo 23.07.2018

Toute l'Europe et France 24 s'associent pour faire la chasse aux fausses informations sur l'Europe. Cette semaine, la rédaction revient sur le "benchmark des migrants". Une formule choc, en grande partie fantasmée.

 

Un "benchmark des migrants !" Voilà un slogan marketing employé récemment par plusieurs personnalités politiques pour suggérer que les migrants sont en pleine capacité de choisir leur pays d'accueil : mais cette formule choc élude de nombreuses réalités.

Parmi les 172 000 "migrants" débarqués en urgence sur les côtes méditerranéennes en 2017, beaucoup sont des "demandeurs d’asile" bien réels qui fuient les persécutions dans leur pays d'origine. En fait, depuis la grande crise migratoire il y 3 ans, les "mouvements secondaires" du pays d’arrivée vers un autre pays européen ne sont pas si nombreux : 155 000 demandes de transfert ont été émises l'an dernier (à rapprocher des 709 000 demandes d'asile enregistrées).

Le demandeur d’asile ne peut pas facilement choisir un Etat membre plutôt qu’un autre sur la base d’une perception d’un niveau plus élevé des conditions d’accueil ou d’assistance sociale : le "shopping de l’asile" est en grande partie fantasmé.

Car le règlement de Dublin délègue la responsabilité de la prise en charge de la demande d’asile au premier pays qui a accueilli le demandeur, souvent celui dans lequel il aura laissé ses empreintes. Du fait de leur situation géographique, la Grèce, l’Italie ou l'Espagne. Il est donc extrêmement difficile pour un migrant, sauf manquement des autorités, de choisir son pays d’accueil.

Si les "migrants" affichent des préférences pour certains pays de l'Union européenne, c’est souvent sur la base de liens linguistiques, culturels ou familiaux, qui permettraient une meilleure intégration. Mais il est faux de suggérer que ces personnes démunies sont en capacité de choisir leur destin, au même titre qu'une entreprise ferait des études comparatives avant de lancer un produit sur le marché.

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