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Contre-faits : "La convention d'Istanbul ouvre la voie au mariage homosexuel ?"

Vidéo 19.06.2018

Toute l'Europe et France 24 s'associent pour faire la chasse aux fausses informations sur l'Europe. Cette semaine, la rédaction revient sur un message publié sur Facebook par Volen Nicolov Siderov, actuel dirigeant du parti d'extrême-droite bulgare ATAKA. Selon lui, la convention d'Istanbul ouvrirait la voie au mariage homosexuel et ferait référence aux théories du genre. On vous explique pourquoi c'est faux.

 

"La Convention d'Istanbul ouvre la voie au mariage homosexuel", c'est ce que prétend Volen Nikolov Siderov, actuel dirigeant du parti d'extrême-droite bulgare "Ataka", dans un message publié sur Facebook le 28 janvier dernier.... Affirmation reprise par de nombreux sites ultraconservateurs à travers l'Europe.

10 Etats membres de l'Union européenne, dont la Bulgarie et la Slovaquie, ont refusé de ratifier cette Convention du Conseil de l'Europe contre les violences faites aux femmes ; pour certains au motif que ce traité international introduirait une légalisation cachée du mariage homosexuel et ferait référence aux théories du genre.

En réalité, le texte ne fait aucunement mention des droits LGBT ou d'un "troisième sexe". La convention d'Istanbul est le premier instrument juridiquement contraignant au niveau européen offrant un cadre juridique pour protéger les femmes et les jeunes filles contre toute forme de violence. Il traite notamment du mariage forcé, des mutilations génitales féminines ou encore du harcèlement sexuel.

Rien à voir donc avec la question de l'homosexualité ou du genre, qui ont pourtant provoqué l'ire des milieux conservateurs et de l'Eglise orthodoxe bulgares. Pour certains observateurs, cette erreur d'interprétation serait due à une mauvaise traduction en bulgare du mot "genre". Pour d'autres, elle serait une manière détournée d'écarter un texte qui mettrait en question la place de la femme dans la société.

Ce refus de ratifier justifié par des interprétations tendancieuses risquent de rendre caduc un texte pourtant utile dans l'Union européenne ; car selon l'Agence européenne des droits fondamentaux, une Européenne sur 5 est victime de violences physique et/ou sexuelles.

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