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Consultation citoyenne à Nancy : l'Europe et la transition écologique au cœur des débats

Actualité 04.09.2018 Céline Schmitt

Une quarantaine de Nancéiens et 16 stagiaires internationaux de la mairie de Nancy étaient réunis, mardi 28 août, pour une consultation citoyenne consacrée à la transition écologique. Au menu de ces débats intergénérationnels : alimentation, recyclage, réduction des déchets, ou encore consommation d'énergie.

Consultation citoyenne à Nancy

Consultation citoyenne du 28 août à Nancy

C'est à l'hôtel de ville de Nancy que se sont retrouvés, mardi 28 août en fin d'après-midi, une soixantaine de participants de tous âges pour parler Europe et transition écologique, dans le cadre de la 6ème consultation citoyenne organisée par la mairie. Un thème cher à la ville, qui s'est donnée jusqu'à 2030 pour atteindre sa transition écologique, comme l'a rappelé dans un bref mot introductif Laurent Piquard, membre du comité scientifique de la transition écologique de Nancy.  

De l'Europe du charbon et de l'acier à la décarbonation ?

Pour animer cette consultation citoyenne et favoriser le débat, Line Parent-Balteau, directrice du Centre Régional Information Jeunesse de Lorraine (CRIJL) et son équipe invitent les participants à se répartir en trois groupes. Les règles du jeu sont simple : les participants ont 5 minutes pour lister les atouts et les freins de l'action européenne en matière de transition écologique. "C'est important de donner son avis", encourage Mme Parent-Balteau : "c'est un enjeu crucial pour aujourd'hui et pour les années à venir".

Après quelques minutes d'hésitation, les premiers stylos commencent à gratter le papier. Plus difficile en revanche de prendre ensuite la parole pour partager son point de vue. Une retraitée se lance : "Moi, je suis plutôt venue m'informer, c'est déjà difficile de comprendre ce qu'il se passe en France, alors comprendre ce qu'il se passe en Europe…". Une première réaction pleine de sincérité, qui amuse ses voisins de table et détend l'atmosphère.

Un homme d'une cinquantaine d'années intervient à son tour sous l'œil attentif de Danièle Noel, conseillère municipale déléguée à l'Europe, présente en qualité d'experte. "Il y a un terreau d'initiatives importants en Europe, que ce soit en Allemagne ou dans les pays du Nord, le problème c'est qu'avec le système des directives, chaque pays doit transférer la législation européenne au niveau local. Ce n'est malheureusement pas toujours correctement fait". De quoi laisser perplexe son voisin de droite, plutôt  critique vis-à-vis de la politique environnementale de l'Union européenne : "Si on décarbonait en Europe ça se saurait ! Or on voit tout à fait le contraire". La décarbonation est un réel défi pour l'Europe, reconnait Danièle Noel, surtout lorsque l'on sait qu'elle s'est justement construite sur le charbon et l'acier.

Une idée fait néanmoins consensus autour de la table : il faut que les Européens changent leur logiciel de pensée. "Les plus jeunes doivent se mobiliser", explique une ancienne professeure aujourd'hui retraitée. "La fertilité humaine est en train de dégringoler", s'alarme-t-elle avant de conclure : "nous nous avons fait l'Europe, c'est à vous de la réinventer !".

Zoé, Constanza et Tatiana donnent leur vision de l'Europe

Regroupés autour de Line Parent-Balteau dans le fond de la salle de réception de la ville de Nancy, les 16 (jeunes) stagiaires internationaux échangent, justement, sur la relation entre Europe et transition écologique. Passant avec aisance du français à l'anglais, ils dégagent rapidement quelques grandes différences entre pays européens en matière d'écologie.

Zoé, étudiante allemande de 23 ans et membre des Verts, propose son diagnostic : "Les standards de performance énergétique des bâtiments ne sont pas très bons en France, beaucoup de bâtiments sont trop vieux". Originaire de Karlsruhe, Zoé note que sa ville a créé un fonds de 2 millions d'euros par an consacré à l'investissement dans la rénovation des bâtiments. Autre différence notable selon elle : le régime alimentaire. "L'alimentation végétarienne et végétalienne sont plus populaires en Allemagne, et on sait que manger moins de viande est bon pour le climat".

En face d'elle, deux étudiantes – Constanza, américaine et Tatiana, russe – sont également invitées à donner le point de vue de leur gouvernement et de leurs concitoyens sur la politique environnementale menée par l'Europe. "Le gouvernement de Donald Trump se moque de l'écologie", tranche la première, "tout comme il se moque de ce que fait l'Europe dans ce domaine. Du côté des citoyens américains en revanche, on sent une réelle prise de conscience". N'ayant rien à attendre du gouvernement de Donald Trump, les Américains savent désormais qu'ils devront s'organiser eux-mêmes pour mener des actions en faveur d'une meilleure protection du climat, explique-t-elle.

Une première étape pour la ville de Cincinnati dans l'Ohio, dont est originaire Constanza, pourrait être "la mise en place de bornes de vélo en libre accès", propose-t-elle.

Le gouvernement russe, en revanche, apporte une attention toute particulière à ce que fait l'Union européenne en matière d'écologie, explique Tatiana. Selon elle, son pays essaie de "prendre l'Europe en exemple".

Témoignages

Témoignage de LénaLéna, 18 ans, originaire de Karlsruhe : "Aujourd'hui, lors de cette consultation citoyenne, j'ai appris que de nombreuses personnes s'intéressent à la transition écologique et ont des idées sur le sujet. Selon moi, ce qui est fondamental, c'est de mieux éduquer et sensibiliser les citoyens sur ces questions".

Témoignage de Christopher

Christopher, étudiant en fin de cursus à l'Université de Cincinatti : "J'ai appris beaucoup de choses aujourd'hui, notamment sur les lois européennes en matière de protection de l'environnement. Je pense que de nombreuses idées émergent en Europe, elles ne sont peut-être pas effectives aujourd'hui, mais c'est un bon espoir pour le futur".

Témoignage de ZoéZoé, 23 ans, originaire de Karlsruhe, étudiante en ingénierie : "Je pense que l'Europe fait de nombreuses choses positives pour la transition écologique. Pour autant, je pense qu'il faut toujours en faire davantage pour atteindre les objectifs que l'Europe s'est fixé".

Témoignage de Francesca

Francesca, 21 ans, originaire de Padoue au Nord de l'Italie : "J'ai trouvé cette consultation citoyenne très intéressante, car j'ai pu entendre différents points de vue et me rendre compte que des personnes un peu plus âgées ont des idées très modernes en matière environnementale. Je suis donc très heureuse de voir que les jeunes ne sont pas les seuls à s'intéresser à l'écologie".