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Considérations sur la crise européenne

Actualité 30.11.2006

Consideration on the European crisis, par Karl Lamers
Notre Europe - 30/11/06
(en téléchargement libre)

Quelles réponses à la mondialisation ?

Selon Karl Lamers, ancien président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag, le rejet par la France et les Pays-Bas du projet de Constitution européenne ne marque pas seulement une crise institutionnelle, mais signifie "le rejet des principes fondateurs du processus d'intégration européen".
L'élément essentiel de cette crise est lié, selon lui, au phénomène de la mondialisation et au sentiment de "peur" et de "repli identitaire" qu'il suscite chez les citoyens européens. L'auteur affirme que l'action commune des Etats membres représente une "valeur ajoutée" par rapport à l'action individuelle des Etats, qui seuls ne peuvent répondre efficacement à des phénomènes globaux. Il reconnaît pourtant l'incapacité des pays européens à trouver un juste équilibre entre "l'ordre libéral économique" et la préservation du "modèle social européen". Conséquence de cette crise : une demande de "coup de frein à l'intégration européenne", à la fois dans le domaine économique et institutionnel que s'agissant de l'élargissement.

La responsabilité de l'Allemagne

Dans ce contexte, Karl Lamers affirme le besoin de leadership de l'UE et dénonce la faiblesse de la France et de l'Allemagne, autrefois les "forces motrices" en Europe. Si les deux pays ne font plus figure d'exemple, ce serait à cause de leur incapacité à mener les réformes économiques "nécessaires" et de leur non respect du Pacte de stabilité.

La "responsabilité de l'Allemagne" au moment où elle prendra les rênes de l'Union est donc grande. Elle devra selon Karl Lamers réunir autour d'elle l'ensemble de ses partenaires européens, l'urgence étant de "sauver le Traité constitutionnel". La présidence allemande devra par ailleurs affronter une série de questions qui ont été soulevées lors des referendums français et néerlandais. Il s'agit pour l'UE de questionner sa capacité à agir dans un monde globalisé et de définir les fondements d'un système institutionnel démocratique. Les débats actuels sur les frontières de l'Union soulèvent en outre la question fondamentale de l'objectif du processus d'intégration. L'échec des réformes institutionnelles, notamment de l'amélioration du processus de décision, s'expliquerait par "le manque de confiance entre les Etats membres"  Sans la mise en place de coopérations renforcées, l'auteur affirme qu'une Union à 30 Etats ne pourra pas agir de façon efficace et unie.

Le rôle de l'Europe dans le monde exige pour Karl Lamers la mise en place d'une "véritable politique étrangère commune", en "cohérence avec les défis intérieurs de l'Union". Les Européens ne peuvent dans ce cadre faire l'économie d'une réflexion sur la relations avec les Etats-Unis. L'ancien président de la commission des Affaires étrangères allemandes affirme que son pays peut tenir un rôle important dans ce débat. Son expérience doit lui inspirer une position sans complexe vis-à-vis des Etats-Unis, tout en n'oubliant pas les leçons du passé.

Deux ans après sa signature, la Constitution européenne fait à nouveau débat