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Consensus européen sur l'aide à la Grèce

Actualité 26.03.2010

On en parle depuis des semaines mais ce n'est que tard dans la soirée que les Européens se sont accordés, hier, sur l'aide à la Grèce. Un accord qui se base quasi-intégralement sur la proposition franco-allemande présentée au Conseil européen par Herman Van Rompuy. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy s'étaient en effet entretenus plus tôt dans la journée pour s'entendre sur un système de prêts mixtes, impliquant le FMI. La victoire de l'euro ? Sans aucun doute. Mais la victoire de l'Allemagne aussi.

La zone euro (enfin) sur la même longueur d'onde

Le suspens aura été maintenu jusqu'à la fin de cette première journée de réunion. Hier soir, les 16 pays membres de la zone euro ont trouvé un accord sur l'aide à la Grèce.

Un accord qui se fonde sur un texte proposé au président du Conseil Herman Van Rompuy par la France et l'Allemagne.

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C'est en pourcentage, la part des citoyens de cinq pays européens (France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni) qui considèrent que la crise grecque résulte d'une mauvaise gestion du gouvernement hellénique, selon un sondage réalisé par la Fondapol. Ils sont cependant plus divisés sur la question de l'aide financière : 76 % des Allemands et 78 % des Britanniques ne souhaitent pas que leur pays aide financièrement la Grèce. Au contraire, les Français (53 %), les Espagnols (55 %) et les Italiens (67 %) y sont favorables.

L'Allemagne était pourtant la principale opposante à toute forme d'assistanat financier au bénéfice de la Grèce, qu'elle classe parmi les mauvais élèves qu'il conviendrait d'exclure de la zone euro.

Mais sa rencontre avec Nicolas Sarkozy en début d'après-midi aura permis la rédaction d'un accord, qui tient en une page et demi.

Les Européens ont donc accepté hier cette proposition d'un système de prêts bilatéraux coordonnées auxquels ils seront invités à contribuer.

Ces prêts européens seraient complétés par un soutien "substantiel" du Fonds monétaire européen. La répartition serait dans une proportion de deux tiers pour l'aide européenne et d'un tiers pour le FMI

Et c'est un 'ouf' de soulagement pour la zone euro. Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, s'est dit satisfait de cet accord, "qui préserve la responsabilité des gouvernements de la zone euro".

Les marches ont également bien accueilli cette annonce: l'indice CAC 40 a retrouvé le niveau des 4.000 points à la clôture et le cours de l'euro a cessé de se dégrader face au dollar.

Alors, sauvée la zone euro ? Rien de moins sûr. Car si ce plan pourrait aider la Grèce à s'en sortir, rien ne dit s'il pourra également venir au secours de l'Espagne ou du Portugal ...

L'Allemagne, grande gagnante ?

Angela Merkel aurait-elle cédé sur le dossier grec, elle qui s'y opposait si farouchement, menaçant même d'exclure le pays de la zone euro ?

A première vue, il est notable que l'Allemagne a sur faire preuve de souplesse en acceptant de négocier. Mais à le lecture de l'accord obtenu, l'influence de la première puissance économique d'Europe est évident.

Ainsi, l'accord précise que l'aide à la Grèce n'interviendra qu'en dernier recours, c'est-à-dire si Athènes a épuisé toutes les autres voies pour redresser son économie, dont les marchés eux-mêmes.

On retrouve ensuite toute l'orthodoxie budgétaire prônée par la chancelière allemande. Le texte explique en effet que "la situation actuelle démontre le besoin de renforcer et de compléter le cadre existant pour assurer la soutenabilité budgétaire dans la zone euro et de renforcer sa capacité à agir en temps de crise".

Par cet accord les Etats membres demandent ainsi à "disposer d’un cadre robuste pour la résolution des crises, respectant le principe de la responsabilité budgétaire de chaque Etat-membre".

Ils ont invité le président Van Rompuy à constituer un groupe de travail afin de présenter d'ici à la fin de l'année un rapport sur les moyens de renforcer "les instruments de prévention et de sanction" contre les Etats indisciplinés.

 

Source

Déclaration des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro [pdf] - Conseil européen - 25/03/10

L'Europe, la crise grecque et nous - Enquête de la Fondation pour l'innovation politique (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne) - 25/03/10

 

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