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Conseil européen : Macron et May proposent un plan d'action contre le terrorisme

Actualité 22.06.2017

Après plusieurs semaines marquées par les attaques terroristes dans différents pays d'Europe, Emmanuel Macron a présenté son plan d'action antiterroriste au Conseil européen les 22 et 23 juin. Une série de mesures élaborées avec Theresa May, Première ministre britannique, et comprenant notamment des propositions contre la radicalisation en ligne.

Emmanuel Macron, à son arrivée au Conseil européen le 22 juin

Trois jours après l’explosion à la gare centrale de Bruxelles le 20 juin, considérée comme une "attaque terroriste", la tension dans la capitale belge, qui accueillait le Conseil européen, était palpable.

C'est en effet dans un contexte marqué par de nombreuses attaques terroristes en Europe, en Belgique donc, mais aussi au Royaume-Uni et en France, que s'est tenue cette réunion des chefs d'Etat et de gouvernement. La première à laquelle participait le nouveau président français Emmanuel Macron, élu le 7 mai.

Et logiquement c'est le sujet que Donald Tusk, président du Conseil européen, a désigné comme étant l'un des plus importants du sommet. Le terrorisme "demeure une menace majeure" en Europe, a-t-il ainsi déclaré, pointant notamment la nécessité d’intensifier "la coopération avec le secteur des services en ligne" pour lutter contre la radicalisation.

Etant donné les attaques meurtrières de Manchester le 22 mai et de Londres le 3 juin, Donald Tusk a souligné dans sa lettre d’invitation adressée aux membres du Conseil européen que, malgré le fait que les mesures principales sont à prendre au niveau national, l’UE "peut aider à gagner ce combat".

Macron et May : un duo inattendu contre le terrorisme

Un avis que partage Emmanuel Macron. En arrivant devant le bâtiment du Conseil jeudi après-midi sous un soleil de plomb, le président français, enthousiaste et optimiste, a mis en avant une volonté qu’il reformulera maintes fois durant ces deux jours : celle de la promotion d'une "Europe qui protège".

En écho à cette nouvelle orientation, la Première ministre britannique, Theresa May, a également mis l’accent sur le terrorisme pendant son premier point presse. "Il faut que l’on se mobilise plus pour lutter contre la propagation des propos extrémistes en ligne, que nous ne leurs laissions pas de ‘safe space’ en ligne, afin de protéger nos citoyens", a-t-elle martelé.

Malgré les tensions autour du Brexit et la fermeté du président français alors que les négociations viennent de débuter, Theresa May et Emmanuel Macron ont affiché leur bonne entente dans ce domaine lors du Conseil, proposant même un plan d'action commun.

Le plan d’action franco-britannique bien reçu par le Conseil

Ce dernier, élaboré lors d'une rencontre bilatérale à Paris le 13 juin, décline plusieurs grandes priorités contre le terrorisme et la radicalisation en ligne. 

EU Internet Referral Unit

En juillet 2015, une nouvelle unité, l'EU Internet Referral Unit (EU IRU), a été créée pour signaler les contenus de nature terroriste aux entreprises du numérique, dans le cadre de la mission de prévention de l’UE. Composée de fonctionnaires et d'experts d'Europol, cette équipe vise ainsi à répondre au défi de la digitalisation de la communication et du recrutement des groupes terroristes en ligne. Un an plus tard, l’EU IRU a annoncé avoir émis 11 000 alertes dans huit langues.

Premièrement, M. Macron et Mme May soutiennent le principe d’une censure "a priori" de la propagande terroriste en demandant à Facebook, Twitter ou Google de développer des solutions techniques pour "automatiser la détection, la suspension ou le retrait de contenus". Deuxièmement, les dirigeants français et britanniques défendent la collecte et l’analyse des traces numériques laissées par des suspects. Enfin, l’accès aux données stockées aux Etats-Unis et la promotion de contre-discours sont également évoqués.

Une stratégie "longuement discutée" par les Vingt-Huit, a fait savoir Emmanuel Macron en conférence de presse, précisant que les conclusions adoptées sont "dans le droit fil" de celles du plan d'action franco-britannique.

Conscient d'être très attendu par ses homologues européens, visiblement ravis que sa rhétorique très pro-européenne l'ait emporté lors de l'élection présidentielle, le président français a donc pris les devants dans l'agenda anti-terroriste européen, suscitant l'approbation du Conseil. "Nous sommes prêts à adopter la législation appropriée", a ainsi conclu Donald Tusk.

"Nous allons lutter contre la propagation de la radicalisation en ligne, coordonner notre travail sur la prévention et la lutte contre l'extrémisme, contrecarrer le financement du terrorisme, faciliter des échanges d'informations rapides et ciblés entre les autorités chargées de l'application de la loi, y compris avec des partenaires fiables, et améliorer l'interopérabilité entre les bases de données", peut-on également lire dans les conclusions du sommet.

 

Article dirigé par Toute l'Europe et réalisé avec Open Diplomacy