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Conférence-débat: "Regards croisés sur le traité de Lisbonne"

Actualité 02.12.2010

Jeudi 2 décembre, Toute l’Europe, en partenariat avec la DILA (Direction de l'information légale et administrative), a organisé une conférence-débat devant 80 personnes autour du thème : "Regards croisés sur le Traité de Lisbonne : bilan et perspectives un an après sa mise en oeuvre" de 8h15 à 10h00. Etaient invités autour de ce thème Jean-Luc Sauron, Maître des requêtes au Conseil d'Etat et Vice-président du Mouvement Européen - France, Liêm Hoang-Ngoc, député européen (S&D) et Jean-Paul Gauzès, député européen (PPE). Cette conférence-débat était animée par Véronique Auger, Rédactrice en Chef Europe à la Rédaction France 3.

Les différents intervenants sont très vite tombés d'accord pour voir dans le traité de Lisbonne une avancée par rapport aux précédents textes européens. Jean-Luc Sauron parle ainsi "d'un bilan plus que positif, avec un Parlement européen qui s'est affirmé, on l'a vu avec l'accord Swift".

Cependant, les deux eurodéputés ont constaté actuellement un déséquilibre institutionnel au profit du Conseil européen. Liêm Hoang-Ngoc va plus loin dans sa critique, lui qui se présente comme "fédéraliste", en voyant "chez les Etats un comportement de marchands de tapis". Tous les intervenants se sont accordés également sur le manque d'ambition de José Manuel Barroso en tant que président de la Commission européenne. Les deux députés ont également critiqué le travail de certains commissaires (visant nommément M. Olli Rehn et M. Algirdas Semata) alors que "d'autres étaient très bons tel Michel Barnier" explique M. Gauzès.

Plus globalement, les intervenants ont regretté "le manque de leader" (Jean-Paul Gauzès) pour l'Union européenne. "Comme pour la Ve République, les institutions dépendent des hommes" explique Liêm Hoang-Ngoc. Jean-Luc Sauron juge de son côté que "David Cameron par son intransigeance risque de nous faire regretter Thatcher"... Jean-Paul Gauzès estime quant à lui que "Herman Van Rompuy pourrait bien être à l'image du pape Jean XXIII que tout le monde pensait être un pape de transition et qui s'est finalement révélé comme un grand dans sa fonction".

Avec un ancien économiste (Liêm Hoang-Ngoc) et un ancien banquier (Jean-Paul Gauzès), les sujets économiques ont abondamment été abordés mais de manière claire et engagée. Le député socialiste a mis en avant la difficulté de respecter le pacte de stabilité en période de récession économique et regrettait que "le débat sur les ressources propres de l'Union européenne soit bloqué aujourd'hui". Le député PPE s'est de son côté associé au regret des autres intervenants qu'on "n'avance pas sur la question d'un impôt européen" tout en se voulant rassurant quant à l'adoption du futur budget européen.

Jean-Luc Sauron a su rappeler aussi certaines réalités sur le budget européen: pour le moment, "l'intergouvernemental reste nécessaire tant que l'argent engagé est totalement national". Il ne voit la possibilité d'arriver à des fonds européens, que "si nous arrivons à résoudre nos problèmes de contrôles démocratiques par nos parlements nationaux. Le problème n'est pas européen, c'est un révélateur des des déficits démocratiques des Etats nationaux".

Voir la vidéo (04'43)





Liêm Hoang-Ngoc de son côté démontrait la différence de gestion des questions européennes au sein des partis socialistes français et allemands. Tandis que le SPD fait la réunion des dirigeants politiques le lundi-matin pour préparer la semaine politique, les socialistes français font leur réunion le mardi à 17h alors que leurs collègues eurodéputés sont en séance de travail à Bruxelles ou à Strasbourg...

Jean-Luc Sauron, Maître des requêtes au Conseil d'Etat, a su quant à lui expliquer avec clarté les raisons juridiques qui poussaient l'Allemagne à vouloir modifier un point technique du traité de Lisbonne. Il a aussi pointé que même avec une "procédure allégée", il faudrait quand même une ratification nationale dans chaque Etat. Ce sera "au niveau du libellé qui sera regardé avec soin" que se jouera pour les dirigeants des 27 pays le degré de faciliter pour faire passer cette révision du traité de Lisbonne dans leur pays. Le vice-président du Mouvement Européen - France y voit "une perte du sens européen, qui se faisait avant sur le droit alors qu'on joue maintenant avec".

Enfin, à propos de la nomination de Laurent Wauquiez, Jean-Paul Gauzès a remarqué "que grâce au remaniement, on a un ministre des affaires européennes pro-européen"... Véronique Auger, en bonne observatrice des questions européennes a su faire rappeler avec justesse que "ce ministère voyait sa direction changer tous les six mois".

 

 

En savoir plus :

Le site de Liêm Hoang Ngoc

Le site de Jean-Paul Gauzès

"Avenue de l'Europe" le site de l'émission de Véronique Auger

Présentation du traité de Lisbonne - Touteleurope.eu

Le site de la DILA